Education
Kasaï : l’intersyndicale des enseignants appelle au boycott de la rentrée scolaire 2025-2026
À la veille de la rentrée scolaire prévue ce lundi 1er septembre 2025 sur l’ensemble du territoire national, le président de l’intersyndicale des syndicats des enseignants de la province éducationnelle Kasaï 1, Sylvain Booto Bakita, a appelé les enseignants à boycotter la reprise des cours.
Dans une interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET ce samedi 30 août 2025, le syndicaliste a dénoncé les conditions salariales jugées précaires des enseignants et a exhorté ses collègues à ne pas céder à ce qu’il qualifie d’« intimidations » des autorités.
« Les autorités vont nous intimider, mais mes très chers collègues enseignants, soyons forts et ne cédons pas. Vous savez combien elles gagnent ? Et nous, nous n’avons qu’un petit salaire. Nous voulons montrer au gouvernement congolais que nous méritons aussi un bon salaire. Disons non à la rentrée scolaire tant que nos revendications n’auront pas été satisfaites. La grève est constitutionnelle », a déclaré Sylvain Booto Bakita.
Le président de l’intersyndicale a également fustigé l’oubli dont seraient victimes certains enseignants dans l’ordre de mission récemment signé par la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu.
« La ministre signe un ordre de mission en oubliant les gardiens de base. Ceux-ci disent à leur tour non à la rentrée scolaire. Les choses seront encore très difficiles », a-t-il martelé.
Installé récemment à la tête de l’intersyndicale par les leaders syndicaux de la province, Sylvain Booto Bakita a remplacé l’ancien président Faustin Mputu Kalala, qui avait dénoncé pour sa part des irrégularités dans la procédure de sa destitution.
Cette annonce intervient dans un climat tendu : alors que le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté assure que les cours reprendront normalement le 1er septembre, l’intersyndicale avait déjà lancé un moratoire au gouvernement, menaçant de boycotter la rentrée en cas de non-satisfaction de ses revendications.
Faustin Nkumbi / CONGOPROFOND.NET
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Concession de l’UNIKAN : La ministre O’Neige Nsele casse la cession à la CNSS et désavoue le gouverneur Kambulu
Le Gouvernement central s’est officiellement saisi du dossier controversé de la concession de l’Université de Kananga (UNIKAN), après la cession de 8 hectares de terrain à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), une décision qui suscite de vives réactions dans la province du Kasaï-Central.
Dans deux correspondances signées le mardi 19 mai 2026, la ministre nationale des Affaires foncières, O’Neige Nsele Mimpa, a dénoncé ce qu’elle qualifie de « cession illégale » d’une partie de la concession universitaire et a sévèrement recadré le gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu.
Selon la ministre, l’acte signé le 4 mai 2026 viole plusieurs dispositions de la législation foncière en vigueur en République démocratique du Congo. Elle reproche également au gouverneur provincial de s’être immiscé dans une procédure de mutation foncière impliquant deux entités autonomes, estimant que cette démarche ne relevait pas de ses compétences légales. « Son acte de cession est illégal », insiste la ministre dans ses correspondances adressées aux autorités concernées.
Face à cette situation, O’Neige Nsele Mimpa annonce avoir instruit les services compétents de son ministère afin de rétablir la concession de l’UNIKAN dans sa configuration initiale. Elle exige également la suspension des agents fonciers impliqués dans ce dossier, en attendant l’aboutissement des enquêtes administratives annoncées.
Cette prise de position du Gouvernement central pourrait relancer le débat sur la gestion du patrimoine foncier public et universitaire dans le Kasaï-Central, où plusieurs voix s’étaient déjà élevées pour dénoncer la réduction progressive des espaces réservés à l’Université de Kananga.
Le dossier reste suivi de près par la communauté universitaire ainsi que par plusieurs acteurs de la société civile, qui réclament davantage de transparence dans la gestion des concessions publiques.
Mike Tyson Mukendi
