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Panneaux croisés sur le Genocost : trois jours d’échanges pour faire émerger la vérité

Trois jours d’échanges riches et intenses ont marqué le Colloque international sur la reconnaissance des génocides en RDC. Organisé au Pullman Hôtel de Kinshasa, l’événement a réuni juristes, historiens, économistes, survivants et chercheurs autour d’un objectif majeur : faire progresser la reconnaissance nationale et internationale du Genocost, concept forgé pour désigner les crimes de masse perpétrés contre les populations congolaises.

Six panels complémentaires ont structuré la réflexion collective :

Panel 1 – Cadres juridiques et terminologiques

Les débats ont permis de déconstruire la notion classique de génocide pour l’adapter au contexte congolais. L’émergence du terme Genocost a été analysée comme une tentative de rendre compte d’un génocide à la fois matériel, identitaire et économique. Les juristes se sont aussi penchés sur les difficultés de qualification des crimes commis depuis les années 1990.

Panel 2 – Approches historiques et économiques

Des regards croisés ont permis de situer les massacres en RDC dans une continuité historique, notamment à travers des comparaisons avec les génocides Herero et Nama. L’exploitation minière et la militarisation économique ont été pointées comme moteurs silencieux mais puissants des violences.

Panel 3 – Enjeux de reconnaissance internationale

Un débat intense sur les blocages normatifs, politiques et géopolitiques empêche une reconnaissance officielle. L’Union africaine et l’ONU ont été interpellées sur leur responsabilité face à la mémoire refoulée des populations congolaises.

Panel 4 – Pédagogie, prévention et nouvelles approches

Ce volet a mis en avant l’importance d’une éducation civique renouvelée, de l’usage des technologies (dont l’intelligence artificielle) dans la documentation des crimes, et d’une responsabilité économique partagée pour prévenir les récidives.

Panel 5 – Visibilisation des crimes oubliés

Les participants ont dénoncé le silence entourant certains massacres (Nyindu, Bahunde, Tshopo), et appelé à reconnaître les violences sexuelles comme arme génocidaire. Une attention particulière a été accordée à la résilience des communautés victimes.

Panel 6 – Élément intentionnel et preuves numériques

Une réflexion approfondie a porté sur la destruction du système éducatif congolais, les campagnes d’extermination ciblée contre des groupes ethniques spécifiques, et la manière dont les données numériques peuvent contribuer à établir la preuve de l’intention génocidaire.

Dorcas Mwavita/Congoprofond.net