Actualité
Clôture du Colloque international sur la reconnaissance des génocides en RDC :Un moment fort marqué par le vernissage du livre des génocides
La dernière journée du Colloque international sur la reconnaissance des génocides en RDC a été marquée par un moment de haute portée symbolique : le vernissage officiel du Livre des génocides, un ouvrage collectif qui ambitionne de faire date dans l’histoire mémorielle congolaise.
Cette cérémonie de clôture s’est tenue sous le chapiteau de l’hôtel Pullman, en présence de plusieurs personnalités du monde politique, universitaire et associatif. Organisé par le CIAVAR (Centre International pour l’Appui aux Victimes et à l’Accès à la Réparation) en collaboration avec l’État congolais et ses partenaires, ce colloque a réuni pendant trois jours des experts nationaux et internationaux engagés dans la reconnaissance des crimes de masse subis par les Congolais.
Le Livre des génocides constitue une synthèse historique, juridique et humaine, rassemblant témoignages de survivants, archives, cartes, récits illustrés, analyses scientifiques et réflexions en droit international.
Il est le fruit du travail d’un comité pluridisciplinaire composé notamment de :
- Dr Grégoire Kiro, historien,
- Pr José Mbela, juriste internationaliste,
- Dr Mireille Lumumba, sociologue,
- Me Alain Kayombo, avocat des victimes,
- Lucie Toko, spécialiste en genre et violences sexuelles,
- ainsi que plusieurs collaborateurs du CIAVAR.
Ce collectif d’intellectuels congolais et africains a œuvré pour documenter les violences extrêmes subies par les populations civiles dans l’Est du pays, mais aussi ailleurs en RDC, dans une perspective de reconnaissance et de réparation.
L’ouvrage est accompagné d’illustrations poignantes, fruit du travail d’artistes congolais qui ont interprété les récits de massacres, de déplacements forcés, de violences sexuelles et de génocides oubliés. Ces images, exposées à l’occasion du vernissage, ont suscité une vive émotion dans l’assemblée, rappelant la force du témoignage visuel dans la construction de la mémoire collective.
Lors de la cérémonie de clôture, les représentants du gouvernement, du CIAVAR et des institutions partenaires ont unanimement salué la portée historique et pédagogique de cette œuvre. Ils ont réaffirmé l’urgence d’un devoir de mémoire, d’un plaidoyer international pour la reconnaissance et d’un mécanisme national de réparation efficace pour les victimes.
Avec ses six panels thématiques, deux grandes plénières et une exposition d’art engagée, le colloque se conclut sur un bilan positif. Mais au-delà des débats, c’est désormais à travers ce livre que la lutte pour la reconnaissance des génocides congolais s’enracine dans la durée.
Le Livre des génocides n’est pas qu’un ouvrage. C’est un cri, une preuve, un outil de combat, désormais à la disposition du peuple congolais, des chercheurs, des décideurs et des générations futures.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net