Politique
Crise à l’Est : Le Dr Mukwege et des scientifiques alertent et mettent en garde Tshisekedi contre un bradage de la RDC
Dans une lettre ouverte adressée au président Félix Tshisekedi, une quarantaine de scientifiques, parmi lesquels le Dr Denis Mukwege, tirent la sonnette d’alarme face à l’image préoccupante que renvoient les actuelles négociations sur la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Composé de militants des droits humains, d’intellectuels et de personnalités issues de la société civile, ce collectif dénonce une situation d’occupation pure et simple d’une partie du territoire national par l’armée rwandaise et les rebelles du M23-AFC.
« Notre pays est amputé. Des millions de nos compatriotes vivent sous la menace, dans l’angoisse de la famine et de la violence armée », écrivent-ils dans cette lettre au ton grave.
Les signataires expriment une vive méfiance à l’égard de la Déclaration de principes récemment signée à Washington entre Kinshasa et Kigali. Ils redoutent qu’au nom de la paix, les ressources naturelles de la RDC ne soient cédées dans des accords opaques, sans débat public ni approbation parlementaire.
Un avertissement contre la marginalisation du peuple
Ces scientifiques appellent à des consultations nationales inclusives, insistant sur l’intégration impérative de la justice transitionnelle dans tout processus de négociation. Pour eux, l’enjeu n’est pas seulement sécuritaire : il est aussi éthique et institutionnel.
Ils exhortent le chef de l’État à ne pas sacrifier la souveraineté du pays sur l’autel d’une intégration régionale dictée par des intérêts étrangers.
Et pour marteler leur message, ils s’appuient sur les mots forts du pape François, lors de sa visite en RDC :
« Retirez vos mains de l’Afrique. Elle n’est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser. »
Ce cri d’alarme résonne comme un appel à la lucidité et à la résistance, alors que l’Est du pays continue d’être ravagé par une guerre aux causes multiples, mais aux conséquences dramatiques pour les populations civiles.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
Politique
« Que les parents gardent les enfants à la maison » : L’opposition annonce une journée morte contre « révision ou changement » de la constitution, Andy Bemba appelle à l’unité face à la marche du 3 juin
« Que les Parents gardent les enfants à la maison » : L’opposition annonce une journée morte contre « Révision ou changement » de la constitution, Andy Bemba appelle à l’unité face à la marche du 3 juin
À deux jours de la marche annoncée par l’opposition pour barrer la route à la révision ou changement de la constitution, Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée(NP), a pris position ce lundi 1er juin 2026. Dans une déclaration ferme, il rappelle la priorité du moment : l’unité nationale.
« Je respecte le droit de chacun à exprimer ses opinions et à manifester pacifiquement. Cependant, dans le contexte actuel d’agression que traverse notre pays, je considère que la priorité nationale devrait être l’unité, la défense de notre souveraineté et le soutien à nos forces engagées pour protéger l’intégrité du territoire », a déclaré Andy Bemba.
Le président de Nouvelle Pensée estime que si les débats politiques sont légitimes, ils ne doivent pas faire perdre de vue l’essentiel. « Les débats politiques sont légitimes, mais ils ne devraient pas détourner notre attention de l’enjeu fondamental qui est la préservation de la nation. »
Cette sortie intervient alors que l’opposant Martin Fayulu Madidi a appelé à une journée morte ce mercredi 3 juin 2026. « Nous demandons aux parents d’élèves de garder les enfants à la maison et de n’aller eux-mêmes ni au travail ni au marché, pour prouver à Félix Tshisekedi que le peuple n’est pas d’accord avec son projet », a lancé le leader de l’ECiDé, afin de faire pression contre tout projet de révision ou de changement de la Constitution.
Face à cet appel, Andy Bemba plaide pour la continuité de la vie sociale : « Laissons le peuple et nos enfants vaquer librement à leurs activités quotidiennes. Ils sont notre avenir, l’avenir de cette nation. ».
La marche du 3 juin s’inscrit dans un climat politique tendu, marqué par la fracture entre partisans et opposants à la modification de la loi fondamentale congolaise. Pour NP, l’heure n’est pas à la division mais au sursaut patriotique.
Blaise ABITA ETAMBE
