À la Une
Rutshuru : Une vingtaine de rebelles du M23-RDF tués dans une embuscade tendue par des Wazalendo vers Tongo-Kanaba
Dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo, une embuscade tendue par les combattants Wazalendo a causé la mort d’une vingtaine de rebelles du M23-RDF, ce vendredi 10 janvier 2025. Cette opération, menée par les forces fidèles au groupe armé CMC (Domi), visait un convoi stratégique du M23 sur l’axe stratégique Tongo-Kanaba.
D’après les premières informations en notre possession, ce convoi rebelle, composé de trois véhicules dont un Land Cruiser, apparemment transportant des officiers, a été pris pour cible alors qu’il se dirigeait vers Kitshanga, dans le territoire voisin de Masisi.
La même information est rapportée par le Général autoproclamé Dominique Kamanzi, responsable du mouvement CMC/VDP. Celui-ci fait savoir aux médias que les Wazalendo ont réussi à détruire la Land Cruiser, infligeant ainsi un sérieux revers au M23. À l’en croire, cette action s’inscrit dans le cadre d’une offensive générale lancée par les FARDC et les Wazalendo pour reprendre les zones occupées par les rebelles.
« Nous venons de neutraliser une jeep de l’ennemi avec tout son équipage. Il n’y a pas eu de survivant dans ce véhicule rebelle. Il y avait un kamanz devant, derrière une jeep et au milieu une Land cruiser. Nous l’avons foudroyé. Le bilan humain est très lourd. Le président de la République a dit qu’il ne pourra jamais négocier avec les terroristes du M23-RDF et nous sommes en train de l’encourager. Sa détermination est une motivation à continuer à résister face aux agresseurs », a-t-il dit.
Le M23, un groupe rebelle actif dans la région, est accusé de commettre des atrocités contre les civils et d’occuper des territoires stratégiques. Son lien présumé avec certaines puissances régionales, notamment le Rwanda (via les RDF), reste un sujet de controverse et de tensions diplomatiques. Les Wazalendo, alliés des FARDC, jouent un rôle clé dans la résistance contre ces incursions, souvent au prix de lourdes pertes humaines et matérielles.
Par ailleurs, il faut noter que la situation dans le territoire de Masisi reste préoccupante, avec des milliers de civils fuyant les violences et cherchant désespérément refuge, alors que les conditions d’accueil restent difficiles pour les structures humanitaires locales.
Cedrick Sadiki Mbala
À la Une
Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats
L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.
Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.
D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées
Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.
Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.
En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.
Entre interrogations et attentes
L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.
Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
