Diplomatie
5ème réunion de coordination semestrielle de l’UA : La promotion du développement durable et l’unité continentale dans l’agenda de Nairobi
Les activités de la 5e réunion de coordination semestrielle de l’Union Africaine se sont poursuivies, le 14 juillet dernier, à Nairobi. Trois intervenants ont pris la parole lors de conférences de presse pour discuter de divers sujets d’importance. Voici un résumé des points abordés par chacun d’entre eux.
Le Dr Abou-Zeid Amani, Commissaire de l’UA pour l’Infrastructure et l’Énergie, a tenu une conférence de presse portant sur des questions d’actualité telles que la sécurité alimentaire en Afrique et le Sommet africain sur le climat. Il a souligné la nécessité de redoubler d’efforts pour faire face à la crise alimentaire mondiale, qui a atteint des proportions sans précédent avec environ 278 millions de personnes en Afrique, soit 20,2 % de la population, souffrant de sous-alimentation.
Le Commissaire a également mis en évidence les avantages du Sommet africain sur le climat, une plateforme permettant de discuter de la réduction des catastrophes en Afrique. Il a insisté sur le besoin de trouver des solutions afin d’éviter de nouvelles tragédies comme le cyclone Idai qui a détruit 90 % de la ville de Beira ou les glissements de terrain qui ont entraîné des pertes humaines et économiques à Freetown en 2017.
Quant à Samate Cessouma Minata, Commissaire du HHS (Affaires sociales), elle a tenu un point de presse abordant plusieurs sujets, notamment le protocole sur la libre circulation des personnes, la migration et la mobilité. Elle a souligné que l’intégration, consacrée par la charte de l’ancienne Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et considérée comme un préalable pour la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), était essentielle. À ce jour, seuls quatre États membres ont ratifié le protocole, alors que quinze ratifications sont nécessaires sur un total de 55 États membres. La Commissaire a mis l’accent sur les questions de sécurité et a souligné les avantages de la libre circulation des personnes, qui favorisera le commerce intra-africain.
L’Ambassadeur Albert Muchanga, Commissaire de l’UA pour le Développement économique, le Commerce, le Tourisme, l’Industrie et les Minéraux, a présenté un rapport d’évaluation. Il a abordé le niveau de préparation de l’Afrique en vue d’une Union douanière africaine et d’un marché commun. Il a souligné que l’intégration africaine était une aspiration des Pères fondateurs de l’OUA, qui est aujourd’hui l’Union Africaine. L’Ambassadeur a exhorté les dirigeants africains à revenir aux fondements de cette aspiration et à travailler ensemble pour atteindre ces objectifs.
Ces différentes interventions mettent en évidence les défis et les aspirations de l’Union Africaine dans plusieurs domaines cruciaux. Les représentants de l’UA ont souligné la nécessité de renforcer la sécurité alimentaire, de réduire les catastrophes naturelles, de promouvoir l’intégration régionale et de stimuler le commerce intra-africain. L’accent mis sur ces questions clés témoigne de l’engagement de l’Union Africaine à promouvoir le développement durable et l’unité continentale.
Claudine N. I., @infoclaudia85
Actualité
A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
