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Liberté de la Presse 2023 : 0 journaliste tué, 3 détenus, RSF classe la RDC 124è/180

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Le pluralisme des médias est réel dans le pays, mais au Nord-Kivu, le secteur est fortement affecté par le conflit entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle loi sur la presse a été votée par l’Assemblée nationale, à quelques mois des élections générales. 

Paysage médiatique

Premier pays d’Afrique subsaharienne par sa superficie, la République démocratique du Congo (RDC) compte plus de 7 000 journalistes professionnels, 540 journaux, dont une quinzaine seulement paraissent régulièrement, 177 chaînes de télévision, plus de 4 000 stations de radio et 36 médias en ligne. Seules la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), la radio des Nations unies Okapi et Top Congo disposent d’une couverture nationale. La presse écrite est quasiment inexistante en dehors de la capitale Kinshasa. Les sites d’information comme actualité.cd et 7sur7.cd sont en plein développement.

Contexte politique

Le paysage médiatique congolais est marqué par la forte présence de politiciens qui possèdent ou lancent des médias pour en faire des instruments d’influence et de pouvoir. La radiotélévision nationale est encore un média d’État qui manque d’indépendance. Il est très fréquent que les autorités locales, les miliciens, les groupes religieux et les hommes politiques exercent des pressions sur les journalistes et les médias présents dans leur province.

Cadre légal

La loi sur la presse de 1996 a été révisée en avril 2023 sur la base des recommandations des états généraux de la presse, qui plaidaient pour un cadre légal plus moderne et plus protecteur pour les journalistes et les médias. La nouvelle loi durcit les conditions d’accès à la profession de journaliste. Elle ne consacre pas expressément la fin des peines privatives de liberté pour les délits de presse, mais instaure la clause de la mauvaise foi dans la publication de fausses informations ou d’allégations qui auront troublé l’ordre public. En outre, elle garantit aux journalistes l’accès aux sources d’information d’intérêt public non couvertes par le secret, la sûreté de l’État ou la défense nationale.

Contexte économique

Les journalistes et médias congolais vivent dans une très grande précarité. Les contrats de travail sont rares et la pratique du “coupage”, qui consiste à obtenir une rémunération en échange de la couverture d’un événement ou de la diffusion d’une information, est très répandue. L’aide à la presse prévue par la loi n’a jamais été distribuée de manière transparente. Très peu de médias sont viables et indépendants, et la plupart sont soumis à l’influence de leurs promoteurs.

Contexte socioculturel

Certains journalistes sont pris à partie sur la base de leur appartenance ethnique ou communautaire, et sont exposés à des mesures de représailles en raison de leur travail, notamment dans l’est du pays, où de nombreux groupes armés sont présents. Le conflit au Nord-Kivu est devenu un tabou dans la presse, prise entre les violences des rebelles du M23 et les ripostes de l’armée républicaine de la RDC. En 2021, des émissions et radios ont été suspendues pour “incitation au tribalisme et à la violence”. L’autocensure est une pratique courante pour de nombreux journalistes. Le traitement des grands dossiers de corruption et de certains contrats miniers, notamment, leur pose problème.

Sécurité

Arrestations, agressions, menaces, exécutions, médias suspendus, pillés ou saccagés… Médias et journalistes font face à un véritable problème de sécurité. Ils sont menacés par une vague de pressions et de représailles depuis début 2023 malgré le cessez-le-feu au Nord-Kivu. Certains médias sont sommés par le M23 de réajuster leur ligne éditoriale. La démobilisation des forces armées par voie de presse en temps de guerre est passible de la peine de mort. Les forces de sécurité sont impliquées dans nombre d’exactions et bénéficient d’une impunité totale.

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Joseph Kabila : « Il faut balayer le système actuel et renouveler la classe politique congolaise »

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L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a livré une rare prise de parole publique dans une déclaration rendue publique ce jeudi 11 juin. Au cœur de son message : une critique sévère de la gouvernance actuelle et un appel à une profonde transformation du paysage politique congolais.

Un plaidoyer pour un changement radical

Selon Joseph Kabila, la crise multidimensionnelle que traverse la RDC est avant tout le résultat d’un problème de gouvernance. L’ancien chef de l’État estime qu’un simple changement de dirigeants ne suffirait pas à redresser le pays.

« Il faut balayer ce système », affirme-t-il, plaidant pour une refonte de la classe politique congolaise afin de permettre l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants.

Une nouvelle classe politique pour la RDC

Pour l’ancien président, les mécanismes traditionnels de renouvellement politique n’ont pas produit les résultats escomptés. Il suggère ainsi d’explorer d’autres voies, notamment l’organisation de primaires, afin de favoriser une compétition politique plus ouverte et plus représentative.

Joseph Kabila considère que le système actuel ne permet pas d’apporter les changements profonds dont le pays a besoin et qu’une participation accrue des citoyens sera indispensable dans ce processus.

Le rôle central des citoyens

Au-delà des réformes institutionnelles, l’ancien président insiste sur la nécessité de renforcer le sens civique de la population. Selon lui, la transformation de la RDC ne pourra se réaliser que grâce à une implication active des Congolais dans la vie publique et dans la défense des valeurs démocratiques.

Il prévient toutefois qu’un tel chantier demandera du temps et ne pourra être mené à bien « ni en quelques semaines, ni en quelques mois ».

Une vision pour l’avenir du pays

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu en RDC. À travers ses déclarations, Joseph Kabila appelle à une réflexion de fond sur l’avenir du pays, estimant que les défis actuels nécessitent des réponses structurelles plutôt que des solutions ponctuelles.

L’ancien président défend ainsi l’idée d’un renouvellement du système politique et d’une mobilisation citoyenne capable d’accompagner les réformes qu’il juge indispensables pour la stabilité et le développement de la République démocratique du Congo.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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