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8 mars : OLPA mobilise les femmes des médias au leadership responsable
A la veille de la célébration de la journée internationale de la femme, le département Genre de l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), a organisé le 7 mars 2022, à son siège de Kasa-Vubu une journée de réflexion avec les femmes journalistes de la ville de Kinshasa. Sous la facilitation de Nancy Zombo, Cheffe du département Genre de l’OLPA, le thème de la rencontre a tourné autour du : « leadership féminin dans les médias ».
A cette occasion, Mme Chancelle Nsingi, Secrétaire exécutive intérimaire de l’OLPA, a axé sa communication sur la portée réelle de la journée de la femme et du message de l’ONU en 2022. Elle a donné l’historique de la journée internationale de la femme, son thème 2022, avant de se pencher sur la théâtralisation du 8 mars en RDC, et le fonctionnement du Département Genre de l’OLPA.
L’oratrice a indiqué que la journée des Femmes ou Journée Internationale pour les Droits des Femmes célébrée le 8 mars de chaque année, a été instituée dans le but de réfléchir sur les conditions des Femmes dans le monde et pour lutter contre les inégalités face aux hommes.
Les origines de cette journée s’inscrivent dans un contexte de lutte des femmes au début du XXe siècle pour acquérir des droits déjà accordés aux hommes (le droit de vote par exemple), de meilleures conditions de travail et l’égalité entre hommes et femmes. La première journée nationale des femmes eut lieu le 28 février 1909 aux États-Unis d’Amérique suite à une déclaration du parti socialiste américain.
Pour le thème international 2022, l’ONU appelle aussi à une forte mobilisation pour l’action climatique pour les femmes, par les femmes. Se basant sur les dernières données, l’ONU est d’avis qu’il y a un lien vital qui existe entre le genre, l’équité sociale et les changements climatiques. Les femmes et les filles subissent les plus forts impacts de la crise climatique, car celle-ci amplifie les inégalités existantes entre les sexes et met la vie et les moyens de subsistance des femmes en danger. Dans le monde entier, les femmes dépendent davantage des ressources naturelles, bien que l’accès à celles-ci soit moindre; par ailleurs, elles portent souvent une responsabilité disproportionnée dans l’obtention de la nourriture, de l’eau et du carburant.
Théâtralisation du 8 mars en RDC
« Au lieu de réfléchir sur la condition de la femme ou la jouissance de ses droits fondamentaux, 85% des femmes congolaises assimilent le 8 mars à une journée festive », s’est-elle étonnée révélant au passage que certaines d’entr’elles désertent les lieux de travail, d’autres telles les étudiantes font l’université buissonnière, les ménagères s’éclipsent momentanément des foyers pour s’amuser, les vendeuses de pagne, les couturiers et tenanciers des bars ou bistrots font de bonnes affaires, etc. Chose grave, le fameux pagne n’est plus cousu avec décence, mais il est plutôt sexy. Il est grand temps que les femmes des médias s’impliquent aussi dans la sensibilisation de la gent féminine sur l’essence même de cette journée.
Elle a conclu sa communication en expliquant brièvement les actions du département Genre de l’OLPA. Cette entité focalise ses activités sur le travail de la femme journaliste ou travaillant dans les organes de presse, principalement celle victime des violences dans le cadre de son travail. Un service des données sur les femmes journalistes de toute la république est bien coordonné et apporte le counseling.
Elle a rappelé que les femmes des médias ont bénéficié de l’aide d’urgence des partenaires extérieurs grâce au département Genre de l’OLPA. Ce département surveille également que les activités organisées par le département d’Etudes et planification tiennent compte de la parité homme-femme. Depuis cinq ans, le département Genre de l’OLPA célèbre à sa manière la journée internationale des femmes en privilégiant le renforcement des capacités.
Etat de lieux du leadership féminin dans les médias en RDC
Abordant la question du leadership féminin dans les médias congolais, Mme Pauline Bukasa, rapporteur adjointe de la Commission de discipline et d’éthique de l’UNPC (Union Nationale de la Presse du Congo), a déclaré que très peu de femmes sont leaders dans le secteur de la presse en République démocratique du Congo.
S’appuyant sur une étude réalisée en 2019 par l’Union congolaise des femmes des médias (UCOFEM), les femmes représentent près de 30% des professionnels des médias dans notre pays. Ce qui est nettement insignifiant par rapport à leurs collègues masculins. De nos jours, il est rare de voir la direction des informations, de publication ou la rédaction en chef d’un média être confiée à une femme, quel que soit son niveau de formation. Au lieu de diriger de grandes enquêtes politiques ou économiques, beaucoup de journalistes qualifiées se voient systématiquement reléguées aux rubriques de divertissement ou à la production de publi-reportages. Pour soutenir les revenus de leurs rédactions, elles sont souvent chargées de rédiger des contenus purement commerciaux, qu’il s’agisse de lancer une nouvelle marque de vêtements, de couvrir une grande soirée de gala, ou de promouvoir un bonus casino sans depot exclusif. Ce confinement thématique freine considérablement leur ascension vers les véritables postes de leadership.
Les participantes ont, à leur tour, formulé des recommandations suivantes :
A l’organisation OLPA, de pouvoir effectuer des descentes sur terrain pour s’imprégner de la réalité dans les rédactions, mener des plaidoyers auprès des responsables des médias pour l’accès des femmes à des postes de responsabilité. Aux femmes journalistes, de s’armer du courage pour dénoncer l’injustice, le harcèlement, d’être plus compétitive et d’éviter le comportement qui frise la légèreté.
Dpt Information Publique
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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades
La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.
Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).
Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet
Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.
Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.
« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.
Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.
Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.
« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.
Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.
Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.
« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.
Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.
Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.
« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.
Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.
« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.
Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
