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4 juin 1969 : Où sont nos étudiants Martyrs ? ( Tribune du prof. Yoka Lye Mudaba)

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Aujourd’hui, il y a 54 ans, les jeunes étudiants de l’Université de Lovanium, ISP Gombe, INBTP, IPN, INA et d’autres instituts supérieurs de Kinshasa, filles et garçons, se sont levés, 9 ans après l’indépendance, quatre ans après le coup d’état de 1965 et deux ans après l’instauration du parti unique. Ils ne réclamaient pas à manger. Ils réclamaient la liberté, l’africanisation et l’abolition de la dictature. Nombreux sont tombés. Les premiers à lutter contre la dictature. Ces combattants de la liberté ont été oubliés par l’histoire du Congo. Juste une pensée pour eux ce 4 juin.

 

… Il s’appelait Mwamba Symphorien. Beau gosse. Coqueluche des jeunes filles. Avec deux amours: sa fiancée et le théâtre. Acteur redoutable sur scène, célèbre à l’université catholique de Lovanium de Kinshasa parce qu’il a explosé dans MONTSERRAT d’Emmanuel Roblès dans un rôle de rebelle intransigeant. Ou dans celui d’ANTIGONE de Sophocle qui voit la frêle fille affronter son oncle le roi Créon qui refuse l’enterrement du frère rebelle Polynice. Immense acteur de théâtre mais aussi étudiant engagé puisque maire élu de son home, et toujours aux avant-postes des revendications.

Le 4 juin 1969, suite aux échecs des négociations avec le gouvernement du Parti-Etat pour l’indépendance académique de l’université par rapport aux traditions coloniales, les étudiants descendent dans les rues des quartiers (Ngaba, Mombele, Makala, Yolo, Matonge…) afin de gagner le centre-ville au Quartier Général des affaires. Près de 5000 étudiants en colère, dont la moitié ne connaît ni les tenants ni les aboutissants détaillés des revendications…

La colonne fébrile, la houle turbulente, s’ebranle et dévale à travers les quartiers avec des chants et des slogans hostiles au régime. Du jamais vu !

… Je suis dans la marche à côté de mon ami, de mon « maire », et surtout de mon voisin de chambre Mwamba. Comme toujours Mwamba se trouve parmi les meneurs; et derrière lui, nous scandons à tue-tête les slogans tonitruants qu’il entonne. Le peuple à travers les quartiers populaires est partagé entre la perplexité et la sympathie; il nous acclame sans trop bien comprendre où ces étudiants étourdis veulent en venir. Ces acclamations nous dopent: nous marchons et nous crions plus fort que jamais.

Rond-Point Victoire. Premiers coups de feu des soldats armés de pied en cap. Tirs du gaz lacrymogène. « Mayi! Mayi! », vocifèrent les marcheurs protestataires, en triomphe parce que convaincus qu’ils sont invincibles, on ne sait comment ni pourquoi. Plus les protestataires renvoient coup pour coup des brindilles enfumées du gaz toxique vers les soldats tireurs, qui reculent. Ces derniers paniquent et tirent à balles réelles. Personne d’entre nous ne sait ce que c’est que « balles réelles « , sauf lorsque nous qui étions derrière les rangs, voyons tomber des blessés et des morts « réels », des premières lignes du front, pour ainsi dire. Dont mon ami Mwamba qu’à la volée nous reconnaissons puisque c’est sauve-qui-peut ! Nous abandonnons nos blessés et nos morts…Et nous nous engouffrons en désordre dans les parcelles environnantes. En pleurs. Désillusionnés.

…Nous apprendrons plus tard à la Télévision du Parti-Etat que « des jeunes membres de la « Cinquième Colonne « , « cancres couards » devant les épreuves de la session des examens, se sont armés de cocktails-Molotov et se sont drogués par le Livre Rouge de Mao Tse Toung pour créer le désordre et la guérilla urbaine… »

Pour beaucoup d’entre nous, les marcheurs-protestataires, c’est la première fois que nous entendions des vocables comme « cancres », « cocktails-Molotov », »Cinquième Colonne  » ou « guérilla urbaine « ...

Entre-temps, voilà 54 ans que nous sommes en deuil, que les familles sont en deuil . Que les universités sont en deuil. Vous avez dit « Universités ? comme dans le spectacle d’ANTIGONE, le deuil des universités se transforme en malédictions. Malédictions au pluriel…

YOKA lye Mudaba

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

Actualité

Butembo : 129 sages-femmes prêtent serment pour renforcer la lutte contre la mortalité maternelle

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129 sages-femmes ont officiellement prêté serment ce dimanche 17 mai 2026 à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, marquant ainsi une étape importante dans leur intégration au sein de l’Ordre national des sages-femmes.

La cérémonie solennelle s’est déroulée dans la salle Eden River, en présence des autorités administratives, des responsables de l’Ordre national ainsi que des familles des lauréats.

Représentant le maire de Butembo, M. Gilbert Bwambale Mughanirya, chef de division unique à la mairie, a salué l’engagement des nouveaux assermentés et leur a assuré de l’accompagnement des autorités locales dans l’exercice de leur métier.

« En m’adressant aux heureux assermentés du jour, le maire, à travers ma modeste personne, vous félicite et vous souhaite une fructueuse carrière en vous promettant toute sa collaboration dans l’exercice de votre noble métier », a-t-il déclaré.

Il a également rappelé que l’adhésion à cette profession implique le respect strict des exigences éthiques et professionnelles liées à la santé maternelle et infantile.

Un serment pour servir avec éthique et responsabilité

Avant leur admission officielle, les 129 candidats retenus ont prêté le serment des sages-femmes, s’engageant à respecter les principes de déontologie, d’éthique professionnelle et de protection de la vie des mères et des nouveau-nés.

Le président du Conseil national de l’Ordre des sages-femmes, M. Ambroka Kabeya, qui a reçu leur serment, a indiqué que cette étape constitue une condition essentielle pour leur inscription au tableau de l’Ordre.

« La formation de remédiation a reçu 133 candidats, parmi lesquels 129 ont validé le test et viennent de prêter serment », a-t-il expliqué.

Selon lui, cette nouvelle vague de professionnelles vient renforcer le système de santé dans une région confrontée à de nombreux défis sanitaires.

Réduire le taux élevé de mortalité maternelle

Le président national de l’Ordre des sages-femmes a insisté sur la nécessité pour les nouvelles recrues d’exercer leur métier dans le strict respect des normes professionnelles afin de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle pendant l’accouchement.

« Aujourd’hui, en ville de Butembo, nous venons de mettre sur le marché 129 sages-femmes éligibles à s’inscrire au tableau de l’Ordre. Nous leur demandons d’exercer leur travail en respectant l’éthique et la déontologie pour renverser la tendance du taux élevé de mortalité maternelle », a-t-il souligné.

Des lauréats reconnaissants envers les autorités

Les lauréats ont exprimé leur gratitude envers les autorités administratives et les responsables de l’Ordre national des sages-femmes, particulièrement envers leur président national qui a effectué le déplacement à Butembo pour superviser personnellement le processus.

Créé par la loi n°23/051 du 30 novembre 2023, l’Ordre national des sages-femmes encadre désormais l’exercice de cette profession en République démocratique du Congo. Conformément à cette loi, nul ne peut exercer comme sage-femme sans avoir prêté serment et être inscrit au tableau officiel de l’Ordre.

Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET

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