À la Une
23 juin : face-à-face entre partisans de F. Tshisekedi et de JP Bemba à Kinshasa
Jean-Pierre Bemba rentre à Kinshasa le dimanche 23 juin 2019 à 10 heures et tiendra un meeting au terrain du Boulevard Triomphal. Le même jour est organisé le culte à la nation qui se tiendra au stade des Martyrs de la Pentecôte de 10 heures à 17 heures, c’est-à-dire, juste en face du terrain du boulevard triomphal.
« Le Chef de l’État Félix Tshisekedi lui-même a voulu que l’on tienne cette prière le 23 juin au stade de Martyrs », a annoncé le pasteur Jacques Kambala, coordonateur adjoint de ce culte, au cours de la conférence de presse tenu ce 19 juin à Kinshasa.
Le spot de ce rassemblement est diffusé répétitivement sur la chaîne de télévision nationale, RTNC. La présence de l’épouse du Chef de l’Etat est même garantie par les organisateurs à ce premier 23 juin d’une série de tous les 23 juin restant consacrées à la prière à la nation.
Donc, les Kinois sont mis devant une alternative ce 23 juin : aller à l’aéroport international de N’djili accueillir Bemba et suivre son discours devant le siège de son parti ou aller au stade prier pour la nation.
Évidemment, certains Kinois iront à l’aéroport et au terrain du Boulevard triomphal, tandis que d’autres seront au stade des Martyrs. Le 23 juin, il ne sera pas question seulement du retour de Jean-Pierre Bemba, mais aussi de la prière à la nation avec un panel d’artistes musiciens chrétiens, admirés par une ville où le christianisme est tant pratiqué.
Loin d’être un fait de hasard, l’astuce semble être trouvé à la présidence pour étouffer un concurrent politique dont le retour peut réveiller certaines sensations dans le chef des Kinois, dans un contexte où l’ancrage du pouvoir du nouveau président Félix Tshisekedi reste fragile.
La même stratégie a plutôt bien fonctionné lors du retour de Moïse Katumbi. A 10 heures, 11 heures jusqu’à 14 heures, c’était le retour du Charmain sur toutes les lèvres des Congolais et sur les réseaux sociaux. Un retour qui a été presque effacer par la nomination d’un premier ministre attendu depuis près de 5 mois.
Reste à voir si les Kinois, majoritairement chrétiens pratiquant, seront encore emballés par le culte chrétien du 23 juin lors du retour de Jean-Pierre Bemba, comme tous les Congolais ont été emballés par la nomination de Sylvestre Ilunga Ilukamba, un premier ministre tant attendu, le 20 mai, lors du retour de Moïse Katumbi.
TMB/ CONGOPROFOND.NET
À la Une
Concession de l’UNIKAN : La ministre O’Neige Nsele casse la cession à la CNSS et désavoue le gouverneur Kambulu
Le Gouvernement central s’est officiellement saisi du dossier controversé de la concession de l’Université de Kananga (UNIKAN), après la cession de 8 hectares de terrain à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), une décision qui suscite de vives réactions dans la province du Kasaï-Central.
Dans deux correspondances signées le mardi 19 mai 2026, la ministre nationale des Affaires foncières, O’Neige Nsele Mimpa, a dénoncé ce qu’elle qualifie de « cession illégale » d’une partie de la concession universitaire et a sévèrement recadré le gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu.
Selon la ministre, l’acte signé le 4 mai 2026 viole plusieurs dispositions de la législation foncière en vigueur en République démocratique du Congo. Elle reproche également au gouverneur provincial de s’être immiscé dans une procédure de mutation foncière impliquant deux entités autonomes, estimant que cette démarche ne relevait pas de ses compétences légales. « Son acte de cession est illégal », insiste la ministre dans ses correspondances adressées aux autorités concernées.
Face à cette situation, O’Neige Nsele Mimpa annonce avoir instruit les services compétents de son ministère afin de rétablir la concession de l’UNIKAN dans sa configuration initiale. Elle exige également la suspension des agents fonciers impliqués dans ce dossier, en attendant l’aboutissement des enquêtes administratives annoncées.
Cette prise de position du Gouvernement central pourrait relancer le débat sur la gestion du patrimoine foncier public et universitaire dans le Kasaï-Central, où plusieurs voix s’étaient déjà élevées pour dénoncer la réduction progressive des espaces réservés à l’Université de Kananga.
Le dossier reste suivi de près par la communauté universitaire ainsi que par plusieurs acteurs de la société civile, qui réclament davantage de transparence dans la gestion des concessions publiques.
Mike Tyson Mukendi
