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20 ans de DRC Mining Week : Entre défis énergétiques, souveraineté minière et ambition nationale
Le chapiteau principal du Pullman Grand Karavia a vibré ce mercredi 11 juin 2025, au rythme du lancement officiel de la 20ᵉ édition de la DRC Mining Week, événement-phare du secteur extractif congolais.
Organisé sous le thème « 20 ans de transformation de l’exploitation minière en RDC : investir dans les infrastructures et la sécurité énergétique », ce rendez-vous marque deux décennies d’évolution et de résilience d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.
La journée a démarré dès 7h30 avec une session matinale exclusive dans la salle Bukavu, consacrée à un panel de Chairmans des plus grandes sociétés minières opérant en RDC.
Dans un cadre de networking professionnel, ces dirigeants ont présenté les réalisations, défis et perspectives de leurs entreprises, dressant un panorama représentatif de l’état actuel du secteur.
Par la suite, la deuxième activité – le Focus 2 – a permis d’aborder en profondeur les défis liés au déficit énergétique, avec des échanges techniques entre experts, entreprises et décideurs. Cette problématique s’inscrit au cœur du développement des infrastructures minières et du besoin croissant en énergie des districts miniers, comme l’a rappelé l’un des intervenants : « Chaque minute sans mégawatt de plus, c’est une perte pour le pays et pour les sociétés minières. »
Vers la mi-journée, s’est tenu un déjeuner exclusif organisé par l’ambassade des États-Unis, dans le cadre d’un Business Forum entre le gouvernement congolais et des États américains, visant à renforcer les partenariats économiques et technologiques dans le secteur extractif.
C’est dans l’après-midi qu’a eu lieu la séquence officielle de lancement, introduite par un mot de bienvenue du directeur de l’événement pour Vuka Group, organisateur de la DRC Mining Week. Se sont ensuite succédé plusieurs allocutions clés, notamment celle du conseiller principal en charge des dossiers spéciaux de TFM (Tenke Fungurume Mining), qui a livré un état des lieux du secteur minier congolais en 2025.
Le représentant du gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, a salué l’impact de l’événement sur la province, tandis que la directrice générale de Standard Bank, principal sponsor de l’édition, a mis en avant l’importance d’un financement responsable et durable dans l’industrie minière.
Le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) est également intervenu, plaidant pour un meilleur climat des affaires et une plus grande implication des entreprises locales dans la chaîne de valeur minière.
L’un des moments forts de l’après-midi a été la participation d’intervenants internationaux, dont le directeur non exécutif d’Ensine Mining Experts, le PDG de Minerals Council et l’envoyé spécial du secrétaire général des États-Unis pour les Grands Lacs, apportant une dimension géopolitique à l’événement.
La cérémonie a culminé avec le discours d’ouverture prononcé par le ministre des Mines, M. Kizito Pakabomba Kapinga Mulume, qui a officiellement lancé la 20ᵉ édition de la DRC Mining Week. Dans une intervention visionnaire, il a salué les progrès réalisés depuis deux décennies, tout en insistant sur la nécessité de transformer localement les ressources, de diversifier les filières minières, d’améliorer la gouvernance, et de relier les revenus miniers aux autres secteurs économiques.
« Notre devoir historique est de faire du secteur minier un moteur de justice économique, un pilier de souveraineté et un levier de transformation nationale », a-t-il martelé devant un parterre d’acteurs nationaux et internationaux du secteur.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net
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Exploitation minière dans le Haut-Uélé : des allégations visent le Directeur général de la GEMIUELE ; les personnes mises en cause disposent du droit de fournir leurs moyens de défense
Ce travail journalistique a été mené en collaboration avec des lanceurs d’alerte, des chercheurs, des artisans spoliés et des médias, avec tout le sérieux et la rigueur nécessaires. Il n’a pas pour objectif de nuire à qui que ce soit, mais de servir un seul impératif : l’établissement de la vérité sur la gestion des ressources minières dans la province du Haut-Uélé.
C’est précisément dans cet esprit d’équité et de responsabilité que nous laissons un délai de 72 heures aux personnes concernées — au premier rang desquelles le Directeur général de la GEMIUELE, Hassan LOBIA, et le président du Conseil d’administration, l’honorable Bismick BOELE — pour nous fournir leurs moyens ou éléments de défense. Leurs réponses seront intégralement publiées et soumises à l’appréciation du public. Ce que notre enquête a établi jusqu’ici est sans équivoque.
Une exploitation minière non conforme au Code minier congolais a bel et bien été conduite sur les quatre sites de NDANDA, TORA, SUAKA et MADAMBA, dans les territoires de Watsa, Faradje et Dungu. Nos vérifications de terrain confirment que ces opérations ont été coordonnées par le Directeur général de la GEMIUELE, qui aurait déployé des équipes techniques comprenant des sujets étrangers sans validation du Conseil d’administration, sans autorisation préalable des autorités compétentes et sans information des députés provinciaux.
Un obstacle majeur entrave cependant l’établissement complet des faits : les rapports journaliers de ces activités demeurent inaccessibles. Plusieurs superviseurs détenteurs de ces documents — dont les noms ont été recueillis et recoupés : le Dr Isaac et Aristote MASTAKI à NDANDA, Isaac OKADANE, neveu du Directeur général, et Eric LOBIA à TORA, Frédéric MADANGI à MADAMBA, ainsi qu’Exaucé Boby, superviseur en chef à Libombi — ont opposé un refus à notre équipe.
La raison invoquée est la suivante : selon les dires mêmes du Directeur général de la GEMIUELE, ces opérations seraient menées sur instruction du gouverneur de province Jean Bakomito Gambu. Actuellement, sur les quatre sites auparavant exploités, seuls deux sont restés opérationnels. Les deux autres ont été fermés sous la pression du procureur près le tribunal de paix de Dungu, qui est intervenu pour suspendre le site de NDANDA, dans la zone d’Awe Sepela.
Mais aussi celui de MADAMBA, où des activités d’exploitation présumées en zone protégée ont conduit à l’interpellation de deux individus, dont le superviseur en chef Exaucé Boby. Seuls demeurent actifs à ce jour le site de SUAKA, sous la supervision d’un militant de l’ARDC, et celui de TORA, où Isaac OKADANE et Eric LOBIA poursuivraient leurs opérations. Ces interventions judiciaires confirment la gravité des faits et renforcent l’urgence d’une enquête globale.
C’est pourquoi, au terme du délai de 72 heures et conformément à notre devoir d’information, l’ensemble des éléments médiatiques en notre possession sera formellement transmis aux ministres de tutelle concernés : le ministre des Mines Louis Watum Kabamba, le ministre d’État de la Justice et Garde des Sceaux Guillaume Ngefa Atondoko et le Vice-Premier ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani. Notre équipe poursuit son enquête et publiera les développements à venir.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
