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180.872 congolais enregistrés dans 8 postes frontaliers du Kasaï en provenance de l’Angola
Des vagues des Congolais en provenance de l’Angola traversent les postes frontaliers chaque jour. Ils sont dénombrés jusque ce vendredi 12 octobre à 180.872. Ce chiffre a été avancé par le gouverneur du Kasaï, Jean marc Manyanga depuis la cité de Kamako où il s’était rendu pour s’enquérir de la situation.
» Je déplore les conditions dans lesquelles nos frères et soeurs sont expulsés de l’Angola. J’ai mis en place 2 commissions de pilotage qui doivent travailler en collaboration avec le gouvernement central en vue de venir en aide aux expulsés… », a-t-il dit à la presse.
Faute des camps, ces compatriotes sont éparpillés pour certains dans des hangars, des églises et pour les plus chanceux dans des familles d’accueil.
» Nous sommes rentrés mains bredouilles parce que tous nos biens ont été ravis, nos maisons incendiées par les Angolais. Ils nous disent de rentrer chez vous ! Nous ne voulons plus des étrangers chez nous », a expliqué Christine Mawazo, une originaire du Katanga que CONGOPROFOND.CD a rencontrée.
Pendant ce temps, l’Organisation mondiale de migration (OIM) procède à la remise d’une nourriture froide aux enfants non accompagnés, veufs, veuves et femmes enceintes.
» Nous remettons juste une nourriture à ces expulsés faute de grands moyens », a expliqué Ruth NTUMBA .
Puis d’ajouter : » Nous avons un projet multi sectoriel que nous avons commencé depuis juin à Kamako. Donc cette situation nous a surprise. Voilà pourquoi nous remettons seulement ce repas. Mais il faut que les organismes d’aides humanitaires interviennent vite pour sauver des vies ».
Notons que Kamako est une cité située à plus ou moins 200 km du chef-lieu de la province du Kasaï.
CONGOPROFOND.NET
Santé
Santé maternelle : Le monde manque d’un million de sages-femmes, un défi majeur aussi pour la RDC
Plus de 3 000 sages-femmes, responsables politiques, chercheurs et acteurs du secteur de la santé issus de plus de 115 pays sont attendus à Lisbonne, au Portugal, à l’occasion du 34ᵉ Congrès triennal de la Confédération internationale des sages-femmes (ICM), qui s’ouvrira le 14 juin prochain. Au centre des débats, un constat préoccupant : le monde a besoin d’un million de sages-femmes supplémentaires pour répondre aux besoins croissants des femmes et des nouveau-nés.

Selon les dernières données relayées par l’ICM, 181 pays sont confrontés à une pénurie estimée à près de 980 000 sages-femmes. Ce déficit compromet l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, aux consultations prénatales, à l’assistance qualifiée lors de l’accouchement ainsi qu’au suivi postnatal.
Pour les spécialistes, investir dans la formation et le déploiement des sages-femmes constitue l’une des stratégies les plus efficaces pour réduire la mortalité maternelle et néonatale. Une couverture adéquate en personnel qualifié permettrait de prévenir des millions de décès chaque année, tout en consolidant les systèmes de santé de première ligne et en favorisant des soins davantage centrés sur les besoins des femmes et des familles.
Un appel mondial à l’action
Placée sous le thème « Le monde a besoin d’un million de sages-femmes supplémentaires », cette 34ᵉ édition du Congrès se veut un véritable appel à l’action lancé aux gouvernements et aux partenaires techniques et financiers. Les organisateurs plaident notamment pour un renforcement des investissements dans la formation, le recrutement, l’emploi et la reconnaissance professionnelle des sages-femmes.
Un enjeu crucial pour la RDC
Cette problématique résonne particulièrement en République démocratique du Congo, où les défis liés à la santé maternelle et néonatale restent considérables, notamment dans les zones rurales et les régions affectées par les crises humanitaires et sécuritaires. L’insuffisance de personnel qualifié, les difficultés d’accès aux structures sanitaires et les disparités territoriales continuent de limiter la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés, contribuant à des indicateurs de santé maternelle encore préoccupants.
Le Congrès de Lisbonne devrait ainsi offrir une plateforme d’échanges pour partager les expériences, promouvoir les bonnes pratiques et mobiliser les décideurs autour d’un objectif commun : faire des sages-femmes un pilier incontournable des systèmes de santé et un levier essentiel pour atteindre la couverture sanitaire universelle.
Bibiche Mbete/CONGOPROFOND.NET
