Religion
18 octobre 2023 – 2024 : Il y a un an, le chef spirituel de “Bundu Dia Kongo” rejoignait ses ancêtres
Les Congolais, particulièrement ceux de la province du Kongo Central, se souviennent, ce vendredi 18 octobre, de Né Muanda Nsemi, le chef spirituel du mouvement politico-réligieux “Bundu Dia Kongo”, BDK en sigle.

Député honoraire dans la province maritime de la République Démocratique du Congo, Né Muanda Nsemi est décédé le mercredi 18 octobre 2023, soit une année en ce jour, au Centre Médical Nganda, à Kinshasa-Gombe après une réanimation sans succès.
Parti à l’âge de 77 ans, Muanda Nsemi incarne « l’esprit créateur » en kikongo et de son vrai nom Zacharie Badiengila, est une personnalité politique et auteur de la République démocratique du Congo, il était connu pour être le chef de file du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo.

Originaire de la province du Kongo Central et résidant à Kinshasa, il était chimiste de formation. Il se considère au début comme héritier spirituel de Simon Kimbangu, prédicateur et prophète du mouvement religieux kimbanguiste. Il se définit par la suite comme héritier politique de Joseph Kasa-Vubu, autonomiste et partisan de la résurrection Kongo du XVe siècle. Ses deux mentors sont issus comme lui de l’ex-Bas-Congo.

Carrière politique
Il crée son mouvement politique en 1969 mais officiellement en 1986 car étant une simple organisation culturelle à ses débuts. Il écrit plusieurs ouvrages notamment en kikongo dont l’un Mvutu kua PSV qui veut dire « réponse à la PSV » car accusé de traduire sans autorisation expresse les textes des enseignements de la PSV afin de les enseigner à ses adeptes. Ce n’est que dans les années 2000 lors des législatives de 2006 qu’il fait parler de lui en traitant Joseph Kabila de Rwandais qui veut accaparer la RDC, son mouvement s’agrandit ensuite pour faire face aux enjeux politiques, déclenchant ainsi les émeutes du Bas-Congo de février 2007.

Un autre affrontement se déclenche durant plusieurs jours devant sa résidence à Kinshasa qui se termine par son arrestation le 3 mars 2017 et son incarcération à la prison de Makala à Kinshasa, il s’évade ensuite grâce au soutien de ses miliciens qui vont ouvrir un feu au centre pénitencier de Makala.

Il disparaît ensuite pendant un long moment, se passant quelquefois pour mort, réapparaît en 2019 pendant le règne de Félix Tshisekedi espérant obtenir une amnistie par le canal de Joseph Olenghankoy, il s’attaque encore au nouveau président élu, l’accusant d’épouser une Rwandaise. Il va rouvrir une autre attaque cette fois-ci en mars 2020 mais également dans différentes villes de la province du Kongo central, et finit par être arrêté au mois d’avril et admis au centre neuro-psychopathologique de Kinshasa, certains députés vont plaider en sa faveur et sera enfin libéré après des longues négociations, reconnaissant Félix Tshisekedi, s’excusant auprès de la première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi.
Exaucé Kaya/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Nkamba, ville sainte : Dr Lohanga Konga Jospin monte au créneau et recadre le débat
La polémique autour du statut de Nkamba comme ville sainte continue d’alimenter les débats en République démocratique du Congo. À l’origine de cette controverse, une déclaration d’un prélat catholique congolais, récemment nommé au sein du gouvernement romain, remettant en question cette reconnaissance spirituelle.
Une sortie médiatique qui n’a pas laissé indifférents les milieux religieux, notamment ceux du kimbanguisme. Dans un échange accordé à la rédaction de Congoprofond.net, ce jeudi 16 avril, l’ambassadeur itinérant Dr Lohanga Konga Jospin, auprès du représentant légal de l’Église kimbanguiste, Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani, est monté au créneau pour apporter des éclaircissements qu’il qualifie de « nécessaires et urgents ».

Une controverse née d’une déclaration ecclésiastique
Tout part d’une prise de position publique d’un archevêque catholique congolais, ancien président de la CENCO, qui conteste le caractère sacré de Nkamba, berceau du kimbanguisme fondé par Simon Kimbangu.
Cette déclaration, rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux et dans les débats populaires, a suscité incompréhension et réactions, notamment au sein des fidèles kimbanguistes.
Saisissant « la balle au bond », selon ses propres termes, Dr Lohanga Konga Jospin a livré une réponse méthodique, s’appuyant à la fois sur les fondements doctrinaux du kimbanguisme, l’histoire spirituelle de Nkamba et la reconnaissance progressive de cette ville comme centre religieux majeur.
Avec une rhétorique maîtrisée, il rappelle que Nkamba n’est pas une construction symbolique récente, mais une réalité spirituelle enracinée dans la mission prophétique de Simon Kimbangu.
« La sainteté de Nkamba ne procède pas d’une validation humaine, mais d’une manifestation divine vécue et reconnue par des générations de croyants », soutient-il en substance.
Nkamba : un centre spirituel vivant
L’ambassadeur itinérant insiste sur le fait que Nkamba représente un lieu de pèlerinage international, un espace de communion spirituelle et un point de convergence de la foi africaine.
Selon lui, contester Nkamba revient non seulement à ignorer une réalité religieuse vécue, mais aussi à minimiser l’apport du kimbanguisme dans l’émancipation spirituelle et identitaire africaine.
Dans son intervention, Dr Lohanga Konga Jospin dénonce également ce qu’il considère comme une lecture partielle des faits religieux et une confusion entre reconnaissance institutionnelle et réalité spirituelle.
Il appelle ainsi à une approche plus rigoureuse et respectueuse des différentes confessions religieuses présentes en RDC.
Une défense du pluralisme religieux

Au-delà de la polémique, cette prise de parole s’inscrit dans une logique plus large : celle de la défense du pluralisme religieux et du respect mutuel entre Églises.
Pour Dr Lohanga Konga Jospin, il est essentiel que chaque confession soit reconnue dans sa spécificité et que les débats théologiques ne deviennent pas des instruments de division.
En intervenant avec précision et fermeté, l’ambassadeur itinérant s’impose comme une voix structurée dans ce débat sensible. Sa démarche vise à réaffirmer une conviction profonde : Nkamba, pour les fidèles kimbanguistes, est et demeure une ville sainte par essence, indépendamment des controverses.
Dans un contexte où foi, identité et reconnaissance institutionnelle s’entremêlent, cette polémique révèle surtout l’importance d’un dialogue interreligieux apaisé et fondé sur la connaissance mutuelle.
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
