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Analyses et points de vue

Zimbabwe Gold : Une révolution monétaire ou un mirage éphémère ?

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En mai 2023, le Zimbabwe a lancé une initiative audacieuse en introduisant une nouvelle monnaie, le Zimbabwe Gold, adossée à ses réserves d’or. Cette décision vise à contrer des décennies d’hyperinflation et à restaurer la confiance des citoyens dans le système monétaire. Mais cette approche innovante soulève des questions cruciales.

Le Zimbabwe Gold peut-il véritablement stabiliser l’économie ou n’est-il qu’un pansement sur une plaie béante ? Le Zimbabwe est tristement célèbre pour l’une des pires hyperinflations de l’histoire, culminant en 2008 avec des taux qui ont atteint des billions de pourcents. Suite à cette débâcle, le pays a abandonné sa monnaie nationale au profit du dollar américain et d’autres devises étrangères.

Cependant, la dollarisation a également ses limites, créant une dépendance vis-à-vis des devises étrangères et une perte de souveraineté monétaire. Le Zimbabwe Gold est une monnaie qui se présente sous forme de pièces d’or et de billets, garantis par les réserves d’or du pays. Le gouvernement affirme que cette nouvelle monnaie permettra de stabiliser les prix et de restaurer la confiance des citoyens.

En théorie, l’adossement à l’or pourrait offrir une protection contre l’inflation, car la valeur de l’or tend à rester relativement stable sur le long terme. Bien que le Zimbabwe Gold puisse sembler être une solution séduisante, plusieurs défis subsistent :

Confiance du public : La clé de toute monnaie, qu’elle soit adossée à de l’or ou non, réside dans la confiance qu’en ont ses utilisateurs. Après des décennies de politiques monétaires chaotiques, la population zimbabwéenne est sceptique. Les citoyens doivent être convaincus que le Zimbabwe Gold est une alternative viable et stable.
Réserves d’or insuffisantes : Pour que le Zimbabwe Gold fonctionne, le pays doit disposer de réserves d’or suffisantes pour soutenir l’émission de la monnaie. Si les réserves sont jugées insuffisantes, cela pourrait entraîner un manque de confiance et une nouvelle crise monétaire.
Défis économiques structurels : Même si la nouvelle monnaie réussit à stabiliser temporairement l’économie, le Zimbabwe fait face à des défis structurels profonds, notamment une corruption endémique, une mauvaise gestion économique et une dépendance excessive à l’égard de l’aide internationale. Sans réformes fondamentales, le Zimbabwe Gold pourrait n’être qu’un répit temporaire.
L’initiative du Zimbabwe pourrait également avoir des ramifications internationales. L’idée que des pays peuvent émettre des monnaies adossées à des ressources tangibles pourrait inspirer d’autres nations confrontées à des crises économiques similaires. Cependant, cela pourrait également susciter des inquiétudes quant à la stabilité des monnaies fiduciaires et à l’impact sur les marchés de l’or.

Le Zimbabwe Gold représente un pari audacieux sur le potentiel de l’or comme stabilisateur économique. Bien que l’idée d’une monnaie adossée à des réserves d’or soit séduisante, la réalité économique du Zimbabwe est complexe et nécessite des réformes profondes pour éviter une nouvelle débâcle monétaire. Seul le temps dira si le Zimbabwe Gold sera un véritable catalyseur de changement.

Ou le Zimbabwe Gold serait-il un énième mirage dans l’histoire économique tumultueuse du pays ? L’or ne brille que dans la main de celui qui sait le manier. Car l’importance d’endosser la gestion des ressources, en particulier une monnaie soutenue par l’or, ne peut réussir que si cette dernière est dans un écosystème pour en tirer le meilleur parti.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

Protection de l’enfant et de la femme contre les violences sexuelles en RDC (par Zagor Mukoko)

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Les violences sexuelles sont très répandues, systématiquement et culturellement ancrées en République Démocratique du Congo. Les plus répandues sont les viols, les violences conjugales, les mariages forcés et précoces. 

Selon l’Enquête démographique et de Santé-2023 de UNFPA, en République Démocratique du Congo 45% des femmes de 15-49 ans ont subi des actes de violences physique ou sexuelle.

Parmi ces femmes, 68% n’ont jamais recherché d’aide et n’en ont jamais parlé à quelqu’un. Cette même étude démontre un taux de mariage précoce préoccupant : 18 % des femmes de 25-49 ans sont en union avant l’âge de 15 ans et 53 % sont en union avant 18 ans. Cette même enquête a aussi montré que 89% des femmes de 15-49 ans et 73% des filles de 0-14 ans sont excisées.

De plus, la crise actuelle à l’Est du pays, les violences sexuelles en occurrence, les viols, sont utilisées comme une arme de guerre. D’après les enquêtes, les femmes déplacées qui ont trouvé refuge dans des camps de fortune autour des zones d’exploitation minière subissent aussi de nombreuses violences : viols, harcèlements sexuels, mariages forcés, prostitution.

Selon les mêmes enquêtes, 13,9% des personnes en situation de vulnérabilité enquêtées ont déclaré avoir subi des violences et abus. Les plus fortes proportions de ces cas de violence sont notées dans les Zones d’exploitation minières (22%) et en Ituri (18,3%).

Le Cercle d’étude pour la protection de l’enfant et la famille, en sigle CEPEF ,est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs universitaires , les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.

Le CEPEF agit dans la proximité de la population pour protéger les droits de l’enfant et prévenir les violences sexuelles et celles basées sur le genre.

En tant que groupe de réflexion, le CEPEF offre non seulement une voix collective et amplifiée pour défendre les questions de protection de l’enfant et de la famille en RDC et dans le monde, selon les valeurs universelles , des Opportunités de réseautage, de connexion, et d’échange au sein d’un réseau de Protection de l’enfant en situation d’Urgence qui comprend des ONG internationales, régionales et nationales, des agences de l’ONU, des gouvernements ainsi que d’autres acteurs humanitaires mais aussi une promotion des liens entre les membres du CEPEF sur le terrain et les organismes régionaux et mondiaux chargés de l’élaboration des politiques, information et analyse des derniers développements liés à la coordination.

Afin de réduire les effets dévastateurs du VBG dans les communautés congolaises les plus à risque, le CEPEF vise à prévenir les VBG sur les femmes et particulièrement les jeunes avec une attention soutenue portée aux personnes en situation de vulnérabilité.

Il s’articule autour d’une réponse holistique qui appuie l’engagement des acteurs sociaux de première ligne et des structures de prise en charge ; et renforce la résilience des femmes et des filles, potentiellement victimes, une participation accrue et inclusive de ces dernières à toutes les étapes de traitement de la problématique dans un environnement protecteur.

Le CEPEF est appelé à collabore avec tous les acteurs qui interviennent en République Démocratique du Congo en matière de protection et de lutte contre les VBG. Le CEPEF intervient en complémentarité des activités développées, notamment en termes de renforcement des capacités et de promotion de l’inclusion des femmes et filles survivantes de VBG et déplacées de guerre.

De plus, le CEPEF favorise une synergie d’intervention entre tous les acteurs présents à travers les cadres de concertation inclusifs.

Ancré au sein des communautés surtout parmi les acteurs qu’il appuie, le CEPEF vise un impact à long terme par le biais du renforcement durable des capacités des acteurs locaux (volontaires, prestataires de soin…), l’amélioration de la capacité d’accueil des structures de santé communautaire et de la qualité de la prise en charge des survivantes de VBG, et le renforcement de la résilience socioéconomique des bénéficiaires.

Le CEPEF dispose également d’un ancrage institutionnel à travers le renforcement de capacités des élus locaux et la mise sur pied de cadres de concertations inclusifs qui regroupent les autorités des entités décentralisées, les acteurs de santé et les associations. Cela permettra de garantir la pertinence, l’efficacité et la durabilité des actions sur le terrain.

Zagor Mukoko Sanda

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