Sécurité
L’armée congolaise a arrêté cinq traîtres qui coopéraient avec le M23
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont présenté ce vendredi 8 mars à la presse à Kinshasa, au siège des Renseignements militaires, cinq individus impliqués activement dans le recrutement et le ravitaillement des terroristes du M23 qui occupent des pans entiers du territoire congolais avec l’armée rwandaise.
Parmi eux, deux conseillers du gouverneur du Nord-Kivu, et un Député provincial élu de Walikale considéré comme le cerveau moteur, recrutant les agents. Sur cette liste se trouve le Sieur Muhonga Mafukulo Cyrile recruté par Hope, membre actif du M23/RDF résidant à Goma, conseiller et expert en Tourisme et environnement au gouvernorat du Nord-Kivu, conseillant les éléments du M23/RDF comme le démontrent certaines conversations interceptées.
M. Biamungu, du M23/RDF, prétend que son adhésion au M23 est liée à la frustration subie par sa communauté au sein des institutions. Après l’arrestation de l’honorable Hope, il a rédigé une correspondance datée du 17 février 2024 adressée au procureur général près la Cour d’Appel du Nord-Kivu/Goma avec copie à tous les échelons jusqu’au Commandant Suprême.
Dans cette lettre, il dénonce l’enlèvement de l’honorable Kibuya Sabini Hope, bien qu’il soit déjà au courant du motif de l’arrestation de Hope, avec qui ils sont membres actifs du M23/RDF. Le Sieur Ngoa Bulenda Germain est en contact permanent avec plusieurs cadres du M23, dont Bernard Biamungu, Simwera, Mwinda, Salomon Balingenge, Suba, Sieur Patient Magungu.
Ces derniers lui ont proposé le rôle de chef de la Chefferie Bashali pour convaincre les déplacés de guerre de retourner dans les zones conquises par le M23. M. Alio Ngera, député provincial élu de Walikale, a été recruté par Hope Kibuya Sabini. Il est sensibilisateur et recruteur du M23/RDF, comme en témoignent certaines preuves le jour de leur arrestation à l’Hôtel Virunga à Goma.
Le Sieur Imani Bahibika Gabriel, motard de profession et membre actif du M23, a été recruté par M. Hope. Il opère entre Goma et Rutshuru, transportant des militaires en défection et des équipements pour renforcer le M23/RDF. C’est un très bon début bien que le nombre de personnes arrêtées et présentées à la presse (5) est trop petit pour permettre de tirer une conclusion conséquente.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
