À la Une
« Visit Rwanda » renouvelé au PSG : Une gifle pour la RDC, un électrochoc pour relancer notre tourisme ? ( Par John Katumba, expert en tourisme)
Le renouvellement du partenariat entre le club parisien PSG et la marque Visit Rwanda suscite une profonde indignation parmi les Congolais. Pour l’expert en tourisme John Katumba, ce contrat n’est pas anodin : il illustre une hypocrisie internationale criante et pose une question cruciale pour la RDC, celle de l’absence totale de stratégie touristique face à ses voisins.

« Visit Rwanda, c’est la vitrine touristique du Rwanda Development Board, une entité qui collecte les recettes touristiques pour financer, entre autres, les invasions, massacres et viols perpétrés en RDC », dénonce-t-il. Il rappelle que le tourisme, à l’origine, est un secteur humanitaire, conçu pour soutenir les communautés locales et préserver les écosystèmes. « Le tourisme, c’est la paix, pas la guerre », insiste-t-il.
Silence des autorités congolaises : une erreur stratégique
Face à ce partenariat controversé, John Katumba regrette l’absence totale de réaction stratégique de la part des autorités congolaises. Il propose symboliquement que le Président de la République remette lui-même un maillot du PSG pour protester contre cette alliance « insultante pour les victimes congolaises ».
À ses yeux, la solution ne réside ni dans les pétitions, ni dans les lettres individuelles de la diaspora, mais dans une diplomatie touristique offensive. « Ce n’était pas le rôle des diplomates, encore moins de simples citoyens. Il fallait une action structurée, menée par le ministre du Tourisme, en lien avec les tours opérateurs français, européens, américains et asiatiques. Ce sont eux qui décident de la visibilité des destinations africaines. »

Un secteur touristique sacrifié par les calculs politiques
La RDC reste aujourd’hui un « pays potentiellement touristique », mais non fréquenté. La faute, selon Katumba, à une politisation excessive du ministère du Tourisme, confié à des figures sans expertise technique, dans le seul cadre du partage du pouvoir. « Les ministères sont devenus des agences événementielles. Aucun touriste ne vient via des circuits organisés. Aucun tour operator ne propose la RDC, faute de crédibilité. »
Un appel à réformer en profondeur : créer une véritable industrie touristique
Face à ce marasme, John Katumba propose une série de réformes concrètes :
- La nomination d’un expert confirmé à la tête du ministère du Tourisme.
- La création d’un Guichet Unique du Tourisme (GUT) à travers la Société Congolaise d’Ingénierie Touristique (SCIT), destinée à structurer l’offre touristique, accompagner les investisseurs, et piloter le lobbying international.
- La digitalisation du visa congolais, pour faciliter l’entrée des visiteurs.
- L’implantation de bureaux d’information touristique dans les grands aéroports internationaux (Europe, États-Unis, Chine, Japon…).
- Le développement de sites touristiques écologiques le long du fleuve Congo, à Moanda, dans les cataractes et autres zones à fort potentiel.
- La création de bases statistiques, de systèmes de classification hôtelière et d’une administration dédiée à la qualité de l’accueil touristique.
« Nous avons tué notre potentiel touristique à cause de nos intérêts politiques. Il est temps d’agir, de manière professionnelle, stratégique et déterminée », conclut John Katumba.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Joseph Kabila : « Il faut balayer le système actuel et renouveler la classe politique congolaise »
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a livré une rare prise de parole publique dans une déclaration rendue publique ce jeudi 11 juin. Au cœur de son message : une critique sévère de la gouvernance actuelle et un appel à une profonde transformation du paysage politique congolais.

Un plaidoyer pour un changement radical
Selon Joseph Kabila, la crise multidimensionnelle que traverse la RDC est avant tout le résultat d’un problème de gouvernance. L’ancien chef de l’État estime qu’un simple changement de dirigeants ne suffirait pas à redresser le pays.
« Il faut balayer ce système », affirme-t-il, plaidant pour une refonte de la classe politique congolaise afin de permettre l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants.
Une nouvelle classe politique pour la RDC
Pour l’ancien président, les mécanismes traditionnels de renouvellement politique n’ont pas produit les résultats escomptés. Il suggère ainsi d’explorer d’autres voies, notamment l’organisation de primaires, afin de favoriser une compétition politique plus ouverte et plus représentative.
Joseph Kabila considère que le système actuel ne permet pas d’apporter les changements profonds dont le pays a besoin et qu’une participation accrue des citoyens sera indispensable dans ce processus.
Le rôle central des citoyens
Au-delà des réformes institutionnelles, l’ancien président insiste sur la nécessité de renforcer le sens civique de la population. Selon lui, la transformation de la RDC ne pourra se réaliser que grâce à une implication active des Congolais dans la vie publique et dans la défense des valeurs démocratiques.
Il prévient toutefois qu’un tel chantier demandera du temps et ne pourra être mené à bien « ni en quelques semaines, ni en quelques mois ».
Une vision pour l’avenir du pays
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu en RDC. À travers ses déclarations, Joseph Kabila appelle à une réflexion de fond sur l’avenir du pays, estimant que les défis actuels nécessitent des réponses structurelles plutôt que des solutions ponctuelles.
L’ancien président défend ainsi l’idée d’un renouvellement du système politique et d’une mobilisation citoyenne capable d’accompagner les réformes qu’il juge indispensables pour la stabilité et le développement de la République démocratique du Congo.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
