À la Une
Violences en milieu scolaire : 6000 plaintes enregistrées, l’heure de briser le silence et de punir les auteurs !
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo vient d’enregistrer, pour la période allant du 26 mai 2021 au 29 mars 2022, et grâce au mécanisme de gestion des plaintes mis en ligne par le Ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique(EPST), plus de 6000 cas de violences basées sur la femme. Il s’agit, notamment, nous rapportent ces sources officielles, de 23 cas de viol des filles en milieu scolaire, précisément au primaire, avec comme conséquences, 2 cas de viol et 1 cas de mort. Ces éléments nous poussent à dire que les violences basées sur le genre et le viol existent bel et bien dans le milieu scolaire. Cependant, des langues se délient timidement pour les dénoncer et surtout beaucoup d’obstacles se présentent pour faire condamner ses auteurs
En effet, c’est grâce au mécanisme de gestion des plaintes, qui est une ligne verte pour l’enregistrement des dénonciations, que cette situation est révélée au grand jour.
Cette structure vient en appui au programme « Gratuité de l’enseignement primaire », lancé depuis l’année scolaire 2019 par le Président de la République, conformément à l’article 43 de la Constitution de la République Démocratique du Congo.
Face à la hausse considérable des effectifs des élèves dans les écoles (Au moins 3 millions d’enfants supplémentaires se sont inscrits à l’école primaire et secondaire), les violences basées sur le genre bat son plein dans les cours de récréation.
A l’École primaire 1 agréée catholique Motema Mpiko, située dans la Commune de Kasa-Vubu, l’écolière N.K.M.( 12 ans/5ème année), a brisé la loi du silence en rapportant à sa mère que bon nombre de ses collègues jurent de quitter l’école si, en cas de réussite, elles sont envoyées en 6ème année dans la classe de Monsieur B.K. ayant la réputation sulfureuse de faire des attouchements sexuels aux élèves !
« J’envisage porter plainte contre l’école EP 3 Lemba Nord car l’enseignant de ma fille se caractérise par la répétition d’insultes et de gestes obscènes. J’ai remarqué, à la maison, que ma fille a fini par adopter des comportements à connotation sexuelle. En menant ma petite enquête, j’ai découvert que c’est à l’école qu’elle a appris ce genre de choses… », a déclaré Mme P.Y.
Sévir pour servir d’exemple
La plupart des victimes, mineures de surcroît, ont une peur bleue de dénoncer. Bien qu’elles se confient à leurs amies, la peur des représailles est permanente et cela les empêchent d’aller plus loin dans la dénonciation.
Quant aux autorités scolaires, ils « surprotégent » les éventuels bourreaux pour ne pas salir l’image de leurs institutions. « Beaucoup de parents ignorent que leurs enfants sont de grands mythomanes. Ils vont raconter du n’importe quoi aux parents pour justifier leurs faiblesses à l’école. Si il y a des comportements pas très bien de la part d’un de nos enseignants, nous serons le premier à le savoir et nous n’hésiterons pas à le punir », a fait noter le directeur de l’E.P. Lemba Nord, refusant toutefois d’enclencher des investigations.
Me Justin Konyi, avocat près la cour d’appel, a expliqué à CONGOPROFOND.NET qu’il y a nécessité de renforcer la loi actuelle contre les violences sexuelles et surtout celle portant protection des enfants. » Les refus des cours et tribunaux de punir une catégorie des bourreaux, d’autres mineurs eux-mêmes en l’occurrence, c’est à cause de la faiblesse de la Loi… », a insisté cet avocat, rappelant que les auteurs d’un viol collectif sur une mineure élève à l’école Révérend Kim, située sur l’avenue de la Libération à Gombe, n’ont jamais été sanctionnés malgré le tollé général.
Du côté du Gouvernement congolais, des efforts entrepris pour lutter contre ce fléau. Mais ils demeurent encore inefficaces.
Il appartient toujours aux décideurs, en synergie avec les organismes de défense et de protection des droits de l’enfant, de renforcer des mesures et de veiller sur leur application, aussi d’étendre la couverture du mécanisme de gestion des plaintes sur toute l’étendue de la République, afin d’éradiquer ce fléau pour que l’école soit un endroit sûr pour nos enfants et non un terrain de théâtre de toutes formes de violences, car jusque-là, seules dix provinces administratives sont couvertes.
En somme, il faut rappeler qu’outre les attouchements sexuels, les intimidations, les viols, les insultes, les menaces, les moqueries, les humiliations, les chantages, les agressions physiques, les rackets, le rejet social, voire la mise à l’écart, sont aussi des gestes, comportements et attitudes négatifs récurrents en milieu scolaire. Beaucoup d’enfants en sont victimes. Très peu échappent à leurs conséquences fâcheuses qui commencent par des traumatismes et peuvent conduire jusqu’à la mort !
Dorcas Ntumba /Congoprofond.net
À la Une
Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
