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Urgence humanitaire : 78.000 Congolais réfugiés en Ouganda lancent un appel à l’aide
Le vendredi 6 juin 2025, la ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, Nathalie-Aziza Munana, a reçu à Kinshasa une délégation de la diaspora congolaise en Ouganda, accompagnée des bourgmestres des communes de Kadutu, Ibanda et Bagira (Bukavu, Sud-Kivu).
🔹 78 000 personnes déplacées, regroupées en 24 000 ménages, vivent aujourd’hui en Ouganda dans des conditions de grande précarité.
🔹 Les autorités locales de Bukavu tirent la sonnette d’alarme et appellent à une mobilisation rapide face à l’urgence humanitaire.
Des mesures concrètes et immédiates sont indispensables pour venir en aide à ces compatriotes en détresse et préserver leur dignité.
Contexte géopolitique et causes du déplacement
Escalade du conflit M23 (Nord‑ et Sud‑Kivu) : depuis fin 2024 et début 2025, les rebelles du M23, soutenus au moins diplomatiquement par le Rwanda selon un rapport de l’ONU, ont repris Goma (28 janvier 2025) et Bukavu (16 février 2025), forçant des dizaines de milliers de civils à fuir .
Flux vers l’Ouganda : depuis mars 2025, plus de 85 000 personnes ont franchi la frontière vers l’Ouganda et le Burundi, dont près de 77 000 répertoriées en mars en Ouganda .
Conséquences sanitaires et sociales
– Eau, assainissement, santé : camps surpeuplés (Nakivale, Nyakabande), infrastructure insuffisante, recours à l’eau de marécages, hausse des maladies (paludisme, choléra, infections) .
– Protection des femmes et enfants : promiscuité et violence en hausse, soutien psychologique quasi inexistant .
– Services éducatifs et économiques : établissements surchargés, manque de fonds pour salaires et matériel, abandon scolaire probable.
Appel et réponses institutionnelles
Instructions présidentielles : le président Félix Tshisekedi a ordonné en mars 2025 le déblocage de fonds pour assister d’urgence les réfugiés au Burundi et en Ouganda .
Mobilisation diplomatique : la vice-ministre des Affaires étrangères a alerté le gouvernement, avec interventions attendues du HCR, ONU et Croix-Rouge .
Rôle de la ministre Munana : engagée depuis sa prise de fonction en mai 2024, elle plaide à l’union africaine et institutionnalise un plan de soutien humanitaire .
Ce qu’il faut faire
1. Augmenter immédiatement le financement : urgence de combler les lacunes de 68 M$ pour le HCR et les ONG.
2. Renforcer l’accès à l’eau et l’assainissement : forages, pompes, latrines, et approvisionnement suffisant.
3. Assurer des soins et la prévention sanitaire : cliniques mobiles, distributions de moustiquaires, centres de choléra.
4. Protéger les plus vulnérables : services de protection, école temporaire, soutien psychosocial.
5. Coordination régionale et humanitaire : RDC, Ouganda, ONU, Ong, diaspora, bailleurs, en interface pour un programme intégré.
Conclusion
Ce vendredi 6 juin, sous l’impulsion de la ministre Munana, le dialogue a relancé un plan d’action pluri-partenarial. Mais sans financement ambitieux et engagement renforcé, la dignité de 78 000 Congolais déplacés restera menacée. Il est urgent que les acteurs nationaux et internationaux se mobilisent, finançant et structurant une réponse globale et durable.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
