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Analyses et points de vue

Urgence des réformes historiques pour sauver la RDC : lettre ouverte au président de la République, Félix Tshisekedi

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Excellence Monsieur le Président,

Permettez-moi de m’adresser à vous avec le respect dû à votre fonction, mais aussi avec la franchise que commande l’histoire en marche. La République Démocratique du Congo traverse un moment décisif. Les choix que vous poserez dans les trois années qui restent de votre mandat détermineront non seulement votre héritage politique, mais aussi le destin de notre nation pour les deux ou trois siècles à venir.

La RDC, ce « scandale géologique » théorisé par l’économiste belge Jules Cornet en 1892, a toujours été convoitée pour ses richesses. Pourtant, depuis l’indépendance, notre pays a été victime d’une malédiction : celle d’une élite politique trop souvent préoccupée par le partage des prébendes plutôt que par la construction d’un État fort. Vous avez, Monsieur le Président, l’opportunité unique de briser ce cycle.

Comme Nelson Mandela l’a fait en réconciliant l’Afrique du Sud post-apartheid, ou comme Lee Kuan Yew a transformé Singapour en une puissance économique en une génération, vous pouvez inscrire votre nom dans l’histoire. Mais pour cela, il faut une rupture. Vous pouvez dès aujourd’hui porter une grande réforme de la gouvernance pour éradiquer la corruption systémique.

La corruption en RDC n’est plus une maladie, c’est un cancer métastasé. Selon Transparency International, notre pays stagne parmi les derniers au classement mondial de la perception de la corruption (2023). Les récentes révélations choquantes de votre ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, sur les détournements massifs, doivent servir d’électrochoc.

Proposition :

Généralisation du numérique dans les finances publiques (comme le Rwanda l’a fait avec son système e-procurement, réduisant la corruption de 40%).
Création d’une Cour des comptes indépendante, dotée de pouvoirs judiciaires, comme en Afrique du Sud post-apartheid.
Sanctions exemplaires : Confiscation des biens mal acquis et peines incompressibles d’inéligilité à vie pour les hauts fonctionnaires convaincus de détournement.
Vous avez proposé un partenariat stratégique avec les États-Unis sur les minerais critiques. Mais pourquoi se limiter à l’extraction ? La RDC pourrait, en cinq ans, capter 500 milliards de dollars en développant une industrie locale de transformation, couplée à une économie numérique rien que dans le domaine de l’archivage des données et de la digitalisation des services. Le numérique pourrait être ce levier insoupçonné pour notre transformation économique.

Proposition :

Création d’un « Silicon Congo » à Lubumbashi ou Kinshasa, avec des exonérations fiscales pour les startups technologiques.
Blockchain pour la traçabilité des minerais (comme l’a fait la Sierra Leone avec le diamant).
Formation massive en codage et intelligence artificielle via des partenariats avec des géants comme Google et Microsoft.
Un pays sans éducation est un pays sans avenir. Le rapport de l’UNESCO (2022) montre que plus de 30% des enfants congolais ne terminent pas le cycle primaire. Pourtant, l’exemple de la Corée du Sud, ruinée en 1953 mais devenue un dragon économique grâce à l’investissement massif dans l’éducation, doit nous inspirer. L’école doit redevenir le pilier de la renaissance nationale.

Proposition :

Augmentation du budget de l’éducation à 25% (contre 10% aujourd’hui).
Revalorisation salariale des enseignants (comme en Finlande, où le métier est le plus respecté).
Gratuité effective de l’école primaire et secondaire, financée par une taxation des multinationales extractives.
Nos voisins ont instrumentalisé l’instabilité congolaise depuis 1996. La solution ? Une armée dissuasive, une armée forte pour une paix durable. La Chine, en 1949, a reconstruit son armée en trois ans. Aujourd’hui, elle est la deuxième puissance mondiale.

Proposition :

Recrutement massif : 1 million de militaires en trois ans, formés et équipés pour sécuriser nos frontières.
Collaboration avec des puissances militaires neutres (comme l’Inde ou le Brésil) pour éviter les dépendances néo-coloniales.
Lutte contre l’impunité : Tribunal militaire spécial pour les soldats impliqués dans des exactions.
Monsieur le Président,

Vous avez déjà donné à vos proches, à vos alliés, même à d’anciens adversaires. Mais aujourd’hui, c’est à la RDC qu’il faut tout donner. Si vous n’agissez pas, ceux qui vous flattent aujourd’hui seront demain les premiers à vous traîner dans la boue. C’est l’heure des choix historiques. L’histoire jugera. Sera-t-elle celle d’un dirigeant qui a saisi sa chance pour sortir la RDC de l’abîme, ou celle d’un autre dirigeant congolais qui a laissé passer le train du destin ?

Les négociations de Washington représentent un moment décisif pour la RDC, où se joue une dialectique subtile entre puissance et vulnérabilité. Si l’on n’y prend garde, l’histoire pourrait se répéter selon une logique hégélienne où le Rwanda, par la négociation, obtiendrait a posteriori ce que la guerre lui refusait a priori – une victoire sans combat, une domination sans résistance.

La RDC se doit donc d’incarner une rationalité stratégique : aligner non seulement des experts, mais une vision claire, une volonté politique qui transcende la simple réaction pour s’inscrire dans une téléologie souveraine. Au-delà du prisme médiatique occidental – où le récit se construit souvent dans l’ombre des intérêts géopolitiques –, on observe une inquiétante asymétrie des rapports de force.

L’étau qui semblait se resserrer autour de Kigali se relâche progressivement, comme si Washington, dans sa Realpolitik, privilégiait désormais le partenariat avec le Rwanda au détriment de la justice pour l’Est congolais. Le temps, ici, n’est pas neutre : il travaille contre la RDC. Chaque jour renforce l’idée d’une normalisation des relations américano-rwandaises, tandis que le drame congolais s’efface derrière le langage froid des alliances stratégiques.

Le Rwanda, par une habile diplomatie, semble avoir inversé le narratif, passant d’accusé à partenaire. Dans cette lutte pour la reconnaissance, la RDC ne peut se contenter d’une diplomatie passive. Il y a urgence à structurer un contre-discours, une offensive de lobbying et d’influence, sous peine de voir se cristalliser un ordre régional où la souveraineté congolaise serait sacrifiée sur l’autel des équilibres géopolitiques.

Le temps presse. La grandeur vous appelle. Napoléon Bonaparte disait : « Un leader est un marchand d’espérance ». La RDC a besoin de cette espérance.

Respectueusement,
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)

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Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.

Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.

En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.

CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.

Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.

Le Processus de Réinsertion

Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.

A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.

Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.

Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.

Suivi psychologique pour les violences

Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.

La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.

Zagor Mukoko Sanda

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