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Unity Cup en Ituri : Une finale de football comme symbole vivant de l’unité retrouvée
Ce dimanche au stade de Kindia, le football a accompli ce que des années de discours, de politiques et de promesses n’ont pas su faire : rassembler dans une belle ambiance. Dans une atmosphère vibrante, hommes, femmes, jeunes et vieux ont convergé comme un seul corps, portés par la passion du ballon rond et un espoir commun : celui d’une Ituri unie.

C’était bien plus qu’un match de football. Ce 6 juillet 2025, les clameurs qui s’élevaient des gradins ne portaient pas seulement les noms de Salongo ou Mont Bleu. Elles chantaient l’espoir, la paix, la fraternité. Dans les tribunes, les Hema, Lendu, Bira, Bindi et d’autres communautés partageaient les mêmes sièges, les mêmes sourires, les mêmes émotions. À Kindia, on ne parlait qu’un seul langage : celui du football. Et peut-être, ce jour-là, celui de l’unité.
La finale de la Coupe de l’Unité, initiative des jeunes de Bunia regroupés sous le label Imperial Beach, a opposé le FC Salongo au FC Mont Bleu dans une rencontre pleine d’intensité, d’enjeux et de symboles. Dans un match à couper le souffle, c’est le FC Salongo qui l’a finalement emporté aux tirs au but (5-4), après un score de parité (1-1) au temps réglementaire.
Mais l’essentiel n’était pas sur le tableau d’affichage. Il était dans les accolades entre joueurs, dans les chants communs venus des tribunes, dans les larmes de joie du capitaine de Salongo, surnommé affectueusement « Ayew », pour qui cette victoire est bien plus qu’un trophée. « C’est une joie. Cela fait plus de dix ans que notre équipe n’avait rien gagné », glisse-t-il, la voix tremblante mais le regard rempli de fierté.
Le coup d’envoi, symboliquement donné par le chef de quartier adjoint, Christian Kakani, a ouvert la voie à une journée mémorable. « Voir ce stade rempli, c’est un signe fort de paix. Nous devons multiplier ce genre d’initiatives », a-t-il confié, ému par l’élan populaire.
Au total, 18 matchs ont été disputés dans cette première édition du tournoi, co-organisée par l’Entente rurale de football de l’Ituri (ERUFITURI) et la Ligue de football de la province orientale (LIFPO). Aucun incident majeur n’a été signalé. Une réussite saluée unanimement, portée par l’engagement du sponsor Imperial Beach, mais surtout par la volonté d’un peuple de se retrouver et faire la fête du football ensemble.
Pour Jaques Pelé, président urbain de la jeunesse de Bunia, ce tournoi est bien plus qu’un événement sportif : « La province a besoin de cette unité (…) Pour nous, c’est une vraie joie. »
À la fin de la compétition, des enveloppes ont été remises aux équipes selon leur parcours. Des ballons, des vareuses et des prix individuels ont aussi récompensé les talents qui se sont illustrés. Mais le plus grand des prix, c’est peut-être ce sentiment partagé d’avoir été témoins d’un moment rare : une Ituri en paix avec elle-même.
Le football, une fois de plus, a montré qu’il est bien plus qu’un jeu. Il est un lien, une lumière, un pont entre les cœurs. À Kindia, ce dimanche, l’unité n’était plus un rêve. Elle était debout, vivante, vibrante.
Verite Johnson/CONGOPROFOND.NET