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UNESCO: les enfants migrants et réfugiés dans le monde pourraient remplir un demi- million de salles de classe
Le Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2019 de l’UNESCO, intitulé « Migration, déplacement et éducation : Bâtir des ponts, pas des murs », a été présenté officiellement à Kinshasa le 11 décembre 2018 en présence du nouveau Représentant résident de l’UNESCO en RDC, M. Jean Pierre Ilboudo, des Chefs d’agences du Système des Nations Unies et Missions diplomatiques, des ministères en charge de l’éducation, des acteurs de la société civile et des membres de la presse nationale.
Ce rapport montre que le nombre d’enfants migrants et réfugiés en âge d’aller à l’école dans le monde a augmenté de 26% depuis 2000 et pourrait aujourd’hui remplir un demi-million de salles de classe. Il met en lumière les réalisations et les lacunes des pays en ce qui concerne le droit des enfants migrants et réfugiés à bénéficier d’une éducation de qualité, un droit qui bénéficie à la fois aux apprenants et aux communautés dans lesquelles ils vivent. Le droit de ces enfants à une éducation de qualité, même s’il est de plus en plus reconnu en théorie, est remis en question quotidiennement dans les salles de classe et les cours d’école et carrément nié par certains gouvernements.
Au cours des deux années qui se sont écoulées depuis la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants adoptée en 2016, les réfugiés ont manqué 1,5 milliard de jours d’école.
Malgré tout, des progrès ont été accomplis dans l’intégration des réfugiés dans les systèmes éducatifs nationaux, comme c’est le cas dans huit des dix principaux pays d’accueil des réfugiés. Parmi les champions figurent des pays à faible revenu comme le Tchad, l’Éthiopie et l’Ouganda. Le Canada et l’Irlande se distinguent quant à eux dans la mise en œuvre de politiques d’éducation inclusive pour les immigrants.

Comme l’affirme la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, « Tout le monde est perdant lorsque les migrants et les réfugiés sont privés d’accès à l’éducation. L’éducation est la clé de l’inclusion et de la cohésion. Une plus grande diversité en classe, si elle constitue un défi pour les enseignants, peut favoriser le respect de la diversité et être l’occasion d’apprendre des autres. C’est le meilleur moyen de rendre les communautés plus fortes et plus résilientes. »
Réfugiés : La moitié des personnes déplacées de force dans le monde ont moins de 18 ans
Pourtant, dans de nombreux pays ils sont exclus du système éducatif national. Les enfants demandeurs d’asile en détention dans des pays comme l’Australie, la Hongrie, l’Indonésie, la Malaisie et le Mexique ont un accès limité à l’éducation, lorsqu’ils ne sont pas carrément privés d’accès à l’éducation.
Les réfugiés rohingyas au Bangladesh, les réfugiés burundais en République-Unie de Tanzanie, les réfugiés karens en Thaïlande et de nombreux réfugiés afghans au Pakistan ne peuvent recevoir une éducation que dans des écoles séparées, non formelles, communautaires ou privées, dont certaines ne sont pas certifiées.
Certains de ces pays d’accueil n’offrent pas aux apprenants réfugiés les cours de langue dont ils auraient besoin pour s’intégrer socialement et avoir des chances de trouver un emploi.
Le Rapport salue les investissements considérables consentis par des pays comme le Rwanda et la République islamique d’Iran pour faire en sorte que les réfugiés fréquentent l’école aux côtés des nationaux. La Turquie s’est engagée à inclure tous les réfugiés dans son système éducatif national d’ici 2020, tout comme sept pays d’Afrique de l’Est. L’Ouganda a déjà tenu ses engagements en la matière.
Pour la RDC, terre d’accueil, les statistiques dans le domaine restent un défi que nous nous devons tous de surmonter en vue d’avoir des évidences et des éléments fiables d’aide à la décision, pour les politiques, programmes et réformes idoines.
En termes d’impact sur le tissu économique, diverses sources documentaires et études soutiennent qu’en RDC, une grande proportion des ménages (jusqu’à 80 % dans les grandes villes) dépendrait de transferts de fonds, et qu’une grande partie de ces transferts s’effectuent par les circuits informels.

La majorité des fonds transférés sont utilisés pour subvenir aux besoins directs des bénéficiaires ; l’investissement dans des projets de développement communautaire ou économique est plus rare.
On notera encore l’importance des transferts directs de matériels, par exemple de véhicules et de différents biens qui forment la base d’activités économiques informelles.
Cependant, en raison du manque et/ou insuffisance d’études et de données fiables relatives au sujet ainsi que de l’importance du
secteur informel, il est difficile d’évaluer l’impact des transferts de fonds.
Les Recommandations du Rapport sont les suivantes:
1. Protéger le droit à l’éducation des migrants et des personnes déplacées
2. Inclure les migrants et les personnes déplacées dans le système éducatif national.
3. Allier compréhension et planification pour répondre aux besoins éducatifs des migrants et
des personnes déplacées.
4. Intégrer l’histoire des migrations et des déplacements dans les programmes afin de remettre en question les préjugés.
5. Préparer les enseignants des migrants et des réfugiés aux questions liées à la diversité et
aux difficultés économiques.
6. Mobiliser le potentiel des migrants et des personnes déplacées.
7. Répondre aux besoins éducatifs des migrants et des personnes déplacées en matière
d’aide humanitaire et d’aide au développement.
CONGOPROFOND. NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
