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Justice

Une voleuse d’enfants congolais condamnée à 10 ans de prison ferme en Belgique

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Dix ans de prison ferme et une arrestation immédiate : le jugement rendu le 10 octobre par le tribunal correctionnel de Namur a stoppé net la course de Julienne Mpemba. La Namuroise, ancienne juriste au sein de la Fédération Wallonie Bruxelles, a en effet été reconnue coupable d’enlèvements de mineurs, de prise d’otages, d’escroquerie, de corruption et de faux et usage de faux dans le cadre d’adoptions internationales dont elle était la principale initiatrice.

Pour les familles belges comme pour les familles biologiques victimes du vol de leur enfant, le soulagement se mêle à l’émotion. Retour sur 8 ans d’un inqualifiable drame humain.

Des enfants traités comme de la marchandise « à monnayer au plus haut prix »

C’est en criant encore une fois son innocence que Julienne Mpemba a été arrêtée le jeudi dernier à l’issue de la lecture du jugement qui reconnaît sa responsabilité majeure dans l’adoption illégale d’enfants en provenance de Kinshasa.

Les mots utilisés dans le jugement sont sans équivoque : la Namuroise y est reconnue coupable d’avoir enlevé des enfants, de les avoir traités comme de la marchandise « à monnayer au plus haut prix« , et cela « en exploitant le profond désir de parentalité des parents adoptifs« .

Pour ces familles belges qui ont mené ces adoptions en respectant toutes les règles en vigueur, il s’agit évidemment d’une reconnaissance de leur immense souffrance.

Pour #Investigation, nous avions suivi Raphaëlle (nom d’emprunt) dans ce combat judiciaire : sa fille Anya faisait partie des onze enfants venus de Kinshasa et adoptés en Belgique en 2015.

Un an après son arrivée, le parquet fédéral lui annonçait que le dossier de sa fille et ceux de quatre autres enfants étaient des faux. Ces enfants n’étaient pas « adoptables », ils avaient des parents biologiques qui les cherchaient quelque part en RDC.

Ces dossiers falsifiés avaient un point en commun : l’orphelinat créé et géré par Julienne Mpemba à Kinshasa.

L’inébranlable aplomb

Pour notre enquête, nous avions évidemment multiplié les tentatives de contact avec celle qui n’était alors qu’inculpée dans ce dossier. C’était la seule inculpée car les poursuites pour non-assistance à personne en danger à l’encontre de responsables des adoptions internationales de la Fédération Wallonie-Bruxelles avaient été classées sans suite en 2022.

Julienne Mpemba ne donnera finalement pas suite à nos demandes. Nous la verrons donc pour la première fois lors de l’audience inaugurale de son procès devant le tribunal correctionnel de Namur. C’était le 7 juin dernier.

Ce jour-là, elle répondait avec moult détails aux questions du président du tribunal et cela sans la moindre empathie apparente. D’entrée de jeu, elle affiche un détachement certain pour le sort des enfants et de leurs parents.

Tout au long de sa prise de parole, Mme Mpemba se présentera comme une bienfaitrice acharnée uniquement soucieuse du sort des enfants abandonnés de Kinshasa.

Les autres audiences, Mme Mpemba les suivra par vidéoconférence car elle a dû retourner en RDC pour, selon ses avocats, récupérer des documents importants. Son passeport lui aurait alors été confisqué.

Il y a quelques semaines encore, la dame attendait son jugement en publiant des vidéos sur les réseaux sociaux. Elle s’affichait dans les rues de Kinshasa, entourée d’enfants qu’elle aurait récupérés de son « ancien » orphelinat.

Revenue et emprisonnée

Mais Julienne Mpemba était bien à Namur ce 10 octobre pour entendre le jugement du Tribunal correctionnel qui l’a donc condamnée à dix de prison. Juste après la lecture, estimant le risque de fuite trop important, le parquet a demandé et obtenu son arrestation immédiate.

Julienne Mpemba a annoncé son intention de faire appel

Très vite, la nouvelle est arrivée jusqu’au continent africain, déclenchant des cris de joie au sein des familles biologiques qui, depuis 9 ans, attendent une reconnaissance officielle de l’enlèvement de leur enfant. Des cris de soulagement qui en un instant, ont fait écho à ceux des familles adoptives.

À l’issue de ce volet pénal, ce sera au tribunal de la famille et de la jeunesse de statuer sur le sort de ces enfants devenus adolescents et qui osent espérer une suite teintée d’humanité. Il en faudra une bonne dose pour recoller les morceaux de leur destin brisé.

Me Vincent Lurquin, l’avocat de trois familles biologiques congolaises a par ailleurs décidé d’introduire une procédure au civil afin que des décisions soient rendues sur  » la responsabilité de toute la chaine belge d’adoption et du politique « .

Malika Atta/RTBF

Actualité

 » Brut  » : 2 policiers condamnés pour torture, la Cour sanctionne les exécutants

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Si Philémon Mambabua est reparti libre du prétoire de Ndolo, le verdict prononcé ce 4 juin 2026 n’a pas épargné les 2 policiers poursuivis. La Cour militaire, après avoir rappelé le déroulé des faits ( cette intrusion nocturne de Claudien Likulia, Christopher et Noah à une soirée pyjama non autorisée par le propriétaire des lieux ), a opéré une distinction nette entre le commandement et l’exécution. Là où le doute a profité au premier, les actes matériels atroces ont été imputés aux seconds. La Cour s’est appuyée sur les articles 48 bis et 48 ter de la loi du 9 juillet 2011 portant criminalisation de la torture, qui retiennent la qualité de l’agent, les faits matériels constitutifs de souffrances aiguës, l’élément intentionnel et l’élément moral. Les déclarations des victimes, corroborées par le témoignage décisif de Sakina ( qui a qualifié les agissements des policiers de « brut » ), ont fondé l’intime conviction des juges.

Contrairement à Philémon Mambabua, pour qui l’ordre de « maîtriser » n’a pu être requalifié en instruction de torturer, les deux agents ont été reconnus coupables d’avoir infligé des souffrances aux enfants Mushobekwa et à Noah. Le nombre de policiers impliqués, bien que flou dans certains récits, n’a pas effacé la matérialité des violences retenues par la Cour. Celle-ci a souligné que les traumatismes subis par les victimes, bien que leur récit ait pu être altéré par le choc, ne faisaient aucun doute. La Cour a donc déclaré l’infraction constituée dans le chef des 2 policiers, qui avaient la garde et l’autorité immédiate sur les enfants au moment des faits. Leur dénégation constante n’a pas résisté à la confrontation avec les éléments renseignants et les dépositions concordantes.

La sentence est tombée : 2 ans de servitude pénale, une amende de 500.000 francs congolais par condamné, et la confirmation de leur maintien en détention. Sur le plan civil, la Cour, après avoir constaté l’absence totale de pièces comptables justificatives déposées par les parties civiles, a statué en équité. Elle a ramené la demande initiale de 3,4 millions de dollars américains à une somme totale de 25.000 dollars, soit 5.000 dollars par partie civile. Une décision qui sanctionne les exécutants tout en rappelant avec force que la responsabilité pénale est individuelle.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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