Analyses et points de vue
Un voyage au cœur de l’absurdité : Les accueils fastueux à l’aéroport de N’djili, symboles d’un gaspillage injustifiable
Dans un pays où les besoins fondamentaux crient famine et où les ressources sont souvent rares, un phénomène étrange et coûteux prend place à l’aéroport de N’djili, transformant un lieu de transit en théâtre de l’absurde. Ceux qui sont les plus difficiles à aimer, à aider et à transformer le destin de tout un peuple sont ceux qui en ont le plus besoin.
Des autorités congolaises, déconnectées des réalités de leur peuple, dépensent des sommes considérables pour accueillir leur retour de voyages, non pas avec des avancées tangibles pour le pays, mais avec des cortèges de jeunes désœuvrés. Les sages parlent parce qu’ils ont quelque chose à dire. Les autorités congolaises parlent parce qu’ils doivent dire quelque chose.
Ces jeunes, souvent en quête d’emploi et de perspectives d’avenir, se retrouvent malheureusement embrigadés dans des accueils fastueux, destinés à flatter l’ego des élites au détriment du bien-être général. L’ironie atteint des sommets lorsque ces mises en scène coûteuses, dépourvues de sens et de valeur ajoutée, sont immortalisées par des reportages médiatiques, eux aussi payés par les deniers publics.
Pendant ce temps, dans les régions reculées, des écoles primaires peinent à offrir une éducation de qualité, des petits commerces luttent pour subsister, et des villages, des villes et des territoires se battent pour chaque ressource. Le pays est déprimé. Il vit dans le passé. Il est anxieux. Aucun futur collectif n’est véritablement dessiné. Le pays est occupé, agressé et ne vit qu’au jour le jour.
L’écart entre ces réalités et le spectacle ostentatoire de N’djili révèle une fracture profonde, une injustice flagrante où l’argent du contribuable est détourné pour des frivolités au lieu de servir l’intérêt commun. Les autorités congolaises élèvent plus la voix pour dénoncer oubliant ce qu’ils font eux-mêmes au lieu de construire une politique nationale qui bénéficierait au peuple.
Il est grand temps de questionner ces pratiques, de demander des comptes à ceux qui gaspillent les maigres ressources du pays pour des vanités éphémères. Loin des honneurs artificiels, l’heure est à l’action responsable, à l’investissement judicieux, et à la construction d’un avenir où chaque citoyen, quel que soit son statut, peut espérer un Congo meilleur.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
