Analyses et points de vue
Un bouleversement inquiétant de la protection sociale en RDC : La fusion de la santé publique et la prévoyance sociale est une erreur
La récente décision de fusionner le Ministère de la Santé Publique et de la Prévoyance Sociale en RD Congo soulève des inquiétudes majeures quant à l’avenir de la protection sociale dans le pays. Ce changement majeur implique un déplacement des responsabilités liées à la prévoyance sociale vers un ministère dont la vocation première n’est pas en adéquation avec un tel domaine.
Cette décision pourrait non seulement entraîner un désordre institutionnel mais également compromettre les avancées déjà réalisées en matière de sécurité sociale pour les travailleurs congolais. En ratifiant la Convention 102 de Genève de 1952 et en se dotant d’une législation nationale claire en matière de sécurité sociale, la RDC s’est engagée à garantir une protection sociale adéquate à ses citoyens.
Ce changement viole les textes juridiques nationaux. La fusion des ministères contredit ces engagements internationaux et nationaux, mettant en péril la cohérence du système de protection sociale. La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), pilier essentiel du système de protection sociale en RDC, repose sur un financement tripartite impliquant les travailleurs, les employeurs et l’État.
La difficulté de gestion de la CNSS serait évidente. La gestion de ces cotisations et des prestations associées relève de compétences liées à l’emploi et au travail, domaines qui sont désormais écartés du ministère en charge de la prévoyance sociale. Ce décalage risque de perturber la gouvernance de la CNSS et de compromettre son efficacité. Il y aura certainement perte de repères internationaux.
En se détachant du Ministère de l’Emploi et du Travail, la CNSS pourrait perdre ses repères et son influence sur la scène internationale, notamment au sein d’organisations telles que l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES). Cette situation fragiliserait la position de la RDC dans le domaine de la sécurité sociale à un niveau mondial.
La décision de fusionner le Ministère de la Santé Publique et de la Prévoyance Sociale en RDC est une erreur qui risque de compromettre la cohérence et l’efficacité du système de protection sociale dans le pays. Plutôt que de renforcer la sécurité sociale, cette mesure pourrait entraîner un recul significatif dans la protection des travailleurs congolais.
Il est impératif que les autorités reviennent sur cette décision et rétablissent un cadre institutionnel adéquat pour garantir une protection sociale efficace et pérenne. En proposant un retour à l’intitulé initial du Ministère de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale, ainsi qu’en encourageant la collaboration entre les ministères de la Santé Publique et de l’Emploi, le gouvernement pourrait rectifier le tir et préserver les avancées réalisées en matière de sécurité sociale en RDC.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Analyses et points de vue
RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)
Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.
Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.
En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.
CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.
Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.
Le Processus de Réinsertion
Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.
A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.
Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.
Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.
Suivi psychologique pour les violences
Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.
La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.
Zagor Mukoko Sanda
