Actualité
Un autre athlète congolais, Miguel Masaisai, interpellé et torturé au Rwanda pour le geste interdit !
Miguel Masaisai, jeune athlète congolais de 21 ans, a été précipité dans un cauchemar à son retour vers la République démocratique du Congo. Après sa brillante performance, remportant deux médailles d’or en triathlon et duathlon à Masaka, son voyage de retour s’est transformé en un épisode de torture et d’interrogation aux mains des autorités rwandaises.
Le récit de son calvaire commence alors qu’il quitte Kampala, la capitale de l’Ouganda, à bord d’un bus, dans la nuit du 19 au 20 février 2024. Après un trajet éreintant de près de 5 heures, le bus atteint Cyanika, le poste frontalier entre l’Ouganda et le Rwanda, vers minuit.

Là, Miguel est soumis à un interrogatoire inhabituellement par les agents des services de migration rwandais. Après avoir obtenu finalement son visa d’entrée, le bus poursuit son chemin et arrive à Gisenyi le matin du 20 février. Épuisé par le voyage, Miguel décide de se reposer pour la journée, prévoyant de traverser la frontière pour Goma le lendemain, le 21 février.
Le matin du 21 février, Miguel se présente au poste frontalier de la Petite Barrière pour traverser vers Goma. À sa grande surprise, alors qu’il est devant l’agent de migration rwandaise, ce dernier le met à l’écart. Miguel sera détenu durant des heures sans aucune explication dans une pièce adjacente.
Ce n’est que plus tard qu’il est enfin, confronté au chef de poste qui lui demande de décliner son identité et de lui remettre ses documents.
Le chef de poste ordonne alors à un de ses subordonnés de conduire Miguel dans un cachot. Miguel refuse : « Jamais de ma vie je n’ai fait la prison. […] Soit tu me tues, mais je n’entrerai pas dans ce cachot.»
Sur ce, le chef bondit densa chaise, attrape un bâton, et se met a violemment frapper l’infortuné. «Il était fou de rage. Il vociférait des mots en kinyarwanda et me frappait» relate Miguel qui porte sur lui des traces des coups.
«Plus tard dans la journée, il est 14h, un autre agent me montre une photo et également deux papiers duplicateurs avec un stylo. Il me demande si je reconnaissais la personne sur la photo. Je répondu « Oui, c’est moi ». Peux-tu me dire ce que signifie ce geste ?»

Miguel explique que le geste est un acte de solidarité envers ses compatriotes de l’est de la RDC, victimes de violences, et que de nombreuses fédérations sportives congolaises l’ont adopté.
Après cet interrogatoire, ses documents sont confisqués et on lui ordonne de revenir le mardi 27 février à Gisenyi.
Le mardi 27 février, Miguel se rend au poste frontalier de la Grande Barrière, où il est conduit au bureau du district. Il est ensuite emmené à Kigali dans un véhicule tout en subissant des menaces et des intimidations.
Arrivés à Kigali, Miguel est conduit dans une salle où les tortures et les interrogatoires continuent. Des individus haut placés notamment un hut gradé de la police rwandaise le confrontent, l’accusant d’être un ennemi pour avoir fait un geste symbolique dénonçant les violences dans l’est de la RDC.
Durant cet interrogatoire l’un d’eux dira : «Même si tu as fait ce geste en dehors du Rwanda, quiconque fait ce geste est pour nous un ennemi. Il représente une menace à éliminer.»
Après près de deux heures d’interrogatoire, une autorité au téléphone décide de le renvoyer à Gisenyi plutôt que de le retenir à Kigali.
Vers 19 heures, l’interrogatoire prend fin. Miguel est embarqué dans un grand bus avec seulement deux autres passagers dont il ignore l’identité. Il passera à nouveau nuit à Gisenyi chez un compatriote congolais. Le lendemain, il récupère ses documents au poste frontalier, mettant ainsi fin à plus de 72 heures de calvaire au Rwanda.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
