Provinces
Tshikapa : Le gouverneur Crispin Mukendi lance une formation pour rendre justice aux victimes de violences sexuelles et crimes de guerre
Ce vendredi 2 mai 2025, le gouverneur de province Crispin Mukendi Bukas a officiellement lancé les travaux de la formation des magistrats et avocats sur l’accès à la justice des victimes de violences sexuelles liées aux conflits, ainsi que des victimes de crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité.
La cérémonie s’est tenue dans la salle polyvalente La Rose, située dans la commune de Kanzala, dans la ville de Tshikapa, en présence de plusieurs autorités administratives, judiciaires et représentants d’organisations de défense des droits humains.
Prévue sur deux jours, du 2 au 3 mai, cette formation vise à renforcer les compétences des acteurs judiciaires pour une meilleure prise en charge des victimes, souvent confrontées à la solitude, au traumatisme et à une profonde stigmatisation. « L’accès à la justice pour les victimes est une lutte personnelle et sociale, qui les oblige souvent à affronter seules un grand traumatisme et une stigmatisation considérable », a déclaré le gouverneur Mukendi dans son discours.
Ces travaux se tiennent sous le haut patronage du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, par le biais du ministère des Droits humains. L’organisation est assurée par la direction générale du Fonds national des réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV).
Il convient de rappeler que la région du Kasaï a été durement éprouvée entre 2017 et 2019 par les exactions des milices Kamuina Nsapu, Bana Mura et Staff Mbembe, qui ont laissé derrière elles un lourd passif de violences sur les populations civiles.
Cette initiative vise à poser les bases d’une justice réparatrice plus accessible et à redonner espoir à celles et ceux qui, trop longtemps, ont souffert dans le silence.
Clémentus Lusamba Lua Mbombo/CONGOPROFOND.NET
Provinces
Beni : Six membres de la communauté pygmée, dont la star Nzanzu Mangesse, tués lors d’une attaque attribuée aux ADF à Ngadi
La ville de Beni, au Nord-Kivu, a de nouveau été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Au moins six civils issus de la communauté autochtone pygmée ont perdu la vie dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026 au quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori.
D’après plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants, les assaillants se sont introduits dans le quartier avant de s’en prendre à un campement occupé par des membres de cette communauté. « Les assaillants ont d’abord ciblé un campement des pygmées où ils ont exécuté les pygmées à l’arme blanche avant de poursuivre l’assaut dans d’autres parties de Ngadi », a relaté un jeune résident du quartier.
Après cette première attaque, les hommes armés auraient poursuivi leur incursion dans d’autres zones de Ngadi. Outre les six personnes tuées dont les corps ont été retrouvés et identifiés par la population locale, plusieurs civils auraient été enlevés et emmenés vers une destination inconnue, faisant craindre un bilan plus lourd dans les prochaines heures.
La population pleure également la disparition de Nzanzu Mangese, considéré comme l’une des personnalités les plus connues de la région. Son décès a provoqué une vive émotion parmi les habitants, qui dénoncent la persistance de l’insécurité dans cette partie du territoire de Beni.
Cette nouvelle attaque remet en évidence les défis sécuritaires auxquels restent confrontées les populations civiles, en particulier les communautés autochtones, malgré les opérations militaires menées contre les groupes armés actifs dans la région.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
