Sports
Tshikapa – Foot : reçues par Denise Muluka, les légendes Lualua et Matumuna insistent sur la nécessité d’encadrer les jeunes talents
Lomana Lualua Tresor et Matumuna Zola Room, tous, légendes du football congolais, séjournent à Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï depuis jeudi 31 octobre 2024, pour une mission de détection des jeunes talents.
Ce vendredi 1er novembre, ces deux légendes ont été reçues par Denise Muluka Muhandji, Ministre provinciale honoraire en charge des sports au Kasaï et présidente de l’Association Sportive Bakolomboka de Tshikapa.
Auprès de Denise Muluka, ils ont déploré la régression du football congolais ces dernières années qui n’est pas selon eux, à la hauteur suite au manque d’encadrement de jeunes talents.
« Depuis un temps, notre foot a régressé, aujourd’hui dans l’équipe nationale des Léopards nous n’avons plus des joueurs locaux comme à notre époque. C’est inconcevable, nous allons redorer l’espoir à notre football en recrutant les jeunes talents qui seront comme nous demain », a déclaré Trésor Lualua, président des légendes du football congolais.
Très heureuse d’avoir reçu ces figures emblématiques du football congolais, Denise Muluka a exprimé sa volonté de voir les jeunes de Tshikapa être retenus à travers le tournoi de détection qui sera organisé.
« La province du Kasaï a de jeunes talents. J’espère qu’à travers ce tournoi, nous aurons de Lualua et Room de demain, nous aimerions voir ces jeunes locaux jouer à l’international pour redorer la bonne imagine du football congolais », a dit Denise Muluka.
Signalons que Lomana Lualua et Matumuna Zola Room sont à Tshikapa dans l’objectif de procéder à la détection de jeunes talents. Ceux qui seront sélectionnés vont bénéficier d’un encadrement sportif.
Willy Theway Kambulu/ CONGOPROFOND.NET
Actualité
MMA en RDC : Des champions sans soutien à la veille d’un rendez-vous continental
À l’approche du championnat IMMAF Africa prévu en Angola, la situation de la Team RDC de MMA amateur suscite inquiétude et indignation. Dans une interview sans détour, le manager et acteur sportif congolais Didon Kibuka dénonce l’absence de soutien dont sont victimes les athlètes appelés à représenter le pays.
« On défend le drapeau, mais on nous laisse seuls », résume-t-il, exprimant frustration et tristesse face à une réalité qui, selon lui, se répète année après année. Malgré leur engagement et leurs performances, les combattants congolais doivent encore se débrouiller par leurs propres moyens pour participer à cette compétition continentale.

Un exploit continental resté sans suite
Pourtant, les résultats récents plaident largement en faveur de ces athlètes. Lors de la précédente édition de l’IMMAF Africa, la RDC avait réalisé une performance remarquable en décrochant 10 médailles : 6 en or, 2 en argent et 2 en bronze.
Cette moisson avait hissé le pays parmi les meilleures nations africaines de MMA amateur, confirmant le potentiel et la détermination des combattants congolais. « C’était un exploit », rappelle Didon Kibuka, insistant sur le fait que ces résultats ont été obtenus malgré des moyens limités.
Des promesses non tenues après les honneurs

À leur retour au pays, les athlètes avaient été reçus par les autorités, suscitant espoir et reconnaissance. Des promesses de soutien avaient notamment été évoquées en vue de leur participation au championnat du monde.
Mais selon Kibuka, ces engagements n’ont jamais été concrétisés. Faute de financement, la Team RDC avait été contrainte de renoncer à cette échéance internationale majeure, illustrant un décalage persistant entre les discours officiels et les actes.
Des athlètes contraints de tout financer eux-mêmes

À quelques jours de l’édition angolaise, la situation reste préoccupante. Les combattants amateurs doivent assumer eux-mêmes l’ensemble des frais liés à leur participation : licences, billets d’avion, hébergement, restauration et frais d’inscription.
Une réalité difficile pour ces sportifs non professionnels, souvent sans revenus fixes. « On leur demande de porter seuls tout le poids financier de la représentation nationale », déplore Kibuka, soulignant le sacrifice consenti par ces jeunes athlètes pour défendre les couleurs du pays.
Un appel urgent à la responsabilité collective

Face à cette situation, Didon Kibuka interpelle à la fois les autorités publiques et les partenaires privés. Il appelle à une prise de conscience sur le rôle de ces athlètes, qu’il considère comme de véritables ambassadeurs de la RDC.
Il dénonce également le contraste avec d’autres disciplines mieux soutenues, estimant que les combattants de MMA méritent un minimum de considération au regard des risques qu’ils prennent et des résultats qu’ils obtiennent.
Son message se veut clair : soutenir ces jeunes, c’est investir dans l’image et l’avenir sportif du pays. « Ils ne demandent pas des privilèges, mais simplement de ne plus être seuls », insiste-t-il.
À travers cet appel, c’est toute la question de la valorisation du sport en RDC qui est posée. Alors que le MMA connaît une croissance rapide sur le continent, le pays risque de manquer une opportunité stratégique pour sa jeunesse si rien n’est fait.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
