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Tribune: Quelle base de réflexion pour une couverture de santé universelle en RDC ? ( par Patrick Ndjadi, Consultant en Couverture Soins de Santé)

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Au regard de ce qui se passe dans d’autres pays, il est possible de penser à une assurance maladie universelle en République de démocratique du Congo. Cependant, la réflexion doit partir des réalités socio- économiques et politiques congolaises, ensuite jeter un coup d’œil sur ce qui se passe ailleurs et enfin définir un modèle congolais.

La couverture de santé universelle (CSU) est un des maillons de lutte contre l’appauvrissement de la population. Et en tant qu’une de branches de la protection sociale, c’est un droit universel, stabilisateur de l’économie. Par exemple, sans les mécanismes de garantie des revenus en période d’incapacité de travail, ainsi que de l’accès aux services de bases tels que la santé et l’éducation, la pauvreté en Belgique concernerait 42% de la population[1].

Et d’après L’OMS, « la couverture sanitaire universelle consiste à veiller à ce que l’ensemble de la population ait accès aux services préventifs, curatifs, de réadaptation et de promotion de la santé dont elle a besoin et à ce que ces services soient de qualité suffisante pour être efficaces, sans que leur coût n’entraîne des difficultés financières pour les usagers »[2]

Chaque pays a donc, le droit de s’en approprier et de développer un modèle capable de couvrir un maximum de la population.

Cependant, faire une copie conforme d’un modèle serait une erreur car les facteurs tels que le PIB, le budget national, la densité de la population, les coûts réels de soins de santé, réalités socio-politiques (Exemple de la rébellion en Colombie), superficie, taux de fécondité, etc… sont tellement différents d’un pays à un autre.

L’Obamacare, coûtera 1760 milliards USD sur 10 ans d’après le Congressionnal Budget Office soit 176 milliards par an pour couvrir 50 millions d’américains. Et dans le modèle cubain, 10% du PIB est la part affectée aux soins de santé dans le budget national ce qui correspond à +ou- 9 milliards USD pour 11.239.445 habitants.

Ces données pourraient laisser perplexe les politiques congolais, d’autant plus que le budget national congolais était 5,7 milliards USD en 2018 et que l’organisation mondiale de la santé recommande aux pays africains d’affecter 15% de leur budget national aux soins de santé. Il faudrait donc +ou – 750 millions USD pour avoir un système de santé de qualité sur une superficie de 2.345.410 km² et couvrir plus 90 millions des personnes.

Par contre, s’inspirer des modèles existants en vue de répondre au mieux aux besoins spécifiques locaux est une des pistes à creuser :

Prenons le cas de deux pays sud-américains qui peuvent se prévaloir de couvrir pour l’un 97% de la population et pour l’autre 100%. Il s’agit respectivement de la Colombie et de Cuba. Les deux modèles sont totalement opposés, le premier capitaliste et le deuxième communiste. Et chacun de ces deux pays a construit son système de couverture sanitaire universelle en fonction des réalités sociétales propres:

a) Comment la Colombie avait-elle procédé pour couvrir les populations dans les zones de conflits et les populations rurales ? Ce modèle de solution peut être appliqué à la RDC dans les territoires de l’est du Pays. Cette partie du pays est minée par les conflits armés et une partie de la population vit dans les zones rurales.

b) Comment le Cuba avec peu de moyens, sans l’aide de FMI, a pu se doter d’un système de couverture sanitaire universelle et d’une médecine de qualité ? La RDC peut s’en inspirer d’autant plus que le montant qui correspond au 15% du budget national et qui est destiné aux soins de santé, est relativement faible par rapport au nombre de la population à couvrir.

Nous sommes convaincus que cette méthodologie, nous permettra d’accoucher un modèle de couverture sanitaire typiquement congolais. Ce qui d’ailleurs fera l’objet de prochaines publications.

Patrick Ndjadi
Consultant en Couverture Soins de Santé
+32473672186(Belgique)
+243994469950(RDC)

[1] https://solidaritemondiale.be/La-protection-sociale-refait-surface-a-l-agenda-international.html
[2] https://www.cairn.info/revue-tiers-monde-2013-3-page-129.htm#


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Kin, Goma et L’shi accueillent le 14ème Congrès de l’Union des Architectes d’Afrique en fin juin 2025

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Plus de 1500 délégués, provenant de tous les coins du continent noir, sont attendus dans 3 villes de la RDC ( Kinshasa, Goma et Lubumbashi), vers la fin du mois de juin de l’année prochaine, afin de prendre part au 14ème Congrès de l’Union des Architectes de l’Afrique autour du thème :«la résilience des villes africaines dans les zones industrielles et sismiques ».

Le lancement officiel de la campagne de ce 14ème Congrès a bel et bien eu lieu ce jeudi 24 mai depuis l’hôtel Hilton de Kinshasa.

Une journée riche en programme qui a permis aux participants ainsi qu’aux journalistes présents de s’imprégner des contours de cette édition 2025 qui se déroulera sur 3 villes congolaises.

Ce congrès sera une occasion en or pour présenter le potentiel inestimable de la RDC au monde comme le souligne l’architecte Fiyou Ndondoboni, président de l’Ordre national des architectes ( ONA). « La tenue de ces rencontres dans mon pays constitue un événement diplomatique majeur, contribuant non seulement à son rayonnement international mais aussi s’intégrant harmonieusement dans les efforts menés par le Président de la république Félix Tshisekedi Tshilombo sur le plan diplomatique », a-t-il appuyé.

Le président de l’union des architectes d’Afrique, l’architecte Donatien Kasseyet-Kalume, est, quant à lui, revenu sur le constat amère de la situation de l’architecte congolais qui est souvent oublié, voire pas considéré. « La présidence se rend chaque année aux différentes Conférences des Parties
(COP) sans architecte ni urbaniste pour discuter de l’avenir de notre nation en termes d’Environnement et d’environnement bâti(…). Le Premier Ministre, chef du Gouvernement, n’a jamais convoqué les architectes congolais lors des consultations qu’il organise à l’échelle de la Nation. Le ministère de l’Urbanisme, notre ministère de tutelle, a signé récemment un contrat de construction de 100.000 cités intégrées à ériger sur le territoire national, avec un groupe kenyan, certes, mais pas congolais… Y avait-il un impératif ? Si notre ministre de tutelle ne croit pas en nous, qui le fera ?”, s’est-il interrogé.

Aux partenaires multilatéraux de la RDC, l’architecte a interrogé : ” Oserions-nous vous demander le rôle réservé à l’architecte congolais dans le cadre de l’exécution de vos programmes d’aide ou de partenariat ?”.

Enfin, à ses consœurs et confrères architectes congolais, Donatien Kasseyet-Kalume a adressé son interpellation : ” Sommes-nous suffisamment organisés, préparés, outillés pour prendre la charge de notre rôle de conseil ?».

Représentant du Premier ministre, le ministre de l’Aménagement du Territoire de la République Démocratique du Congo, a fait savoir son espoir de voir les questions architecturales qui gangrènent la société congolaise trouver les réponses nécessaires. « Je suis certain que ce congrès va poser les prémices et les fondamentaux pour l’édition 2025. Je souhaite également que cela soit une occasion d’échange avec les partenaires sur les questions essentielles comme les opérations minières et les projets de développement de nos pays africains…»

A noter que ce lancement officiel de plus d’un an en avance a été voulu pour préparer ensemble une célébration réussie de cet événement mais également l’occasion de lancer l’appel à contribution au niveau du continent sur les thématiques choisies pour une matérialisation tangible du concept de coopération Sud-Sud tant souhaitée.

Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET


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