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Tribune: ne jamais le perdre de vue, Félix Tshisekedi ! (Sam Bokolombe Batuli, professeur de droit)

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L’alternance ne constituera véritablement une alternative que si Félix Tshisekedi témoigne, par les actes, d’une volonté ferme de s’acquitter de son obligation d’ingratitude vis-à-vis de Kabila aux fins de réaliser les aspirations réelles du peuple au changement.

En d’autres termes, l’attachement à leur deal, dont il a lui-même reconnu l’existence, et l’observance des engagements qui en découlent varient nécessairement en fonction inverse des intérêts du peuple. Car ils tendent à garantir, sous un paravent, la continuité d’un sinistre régime dont les derniers scrutins ont démontré le haut degré de rejet et d’exécration de la part des Congolais.

Kabila voulait partir en restant le maître du jeu. Sinon, à quoi aurait servi tant d’effort pour s’aménager une majorité aussi large ? En tout cas, pas pour s’ouvrir une porte de sortie définitive et tourner la page de sa néfaste gouvernance.

Il faut, avec méthode et finesse, donc sans précipitation et risque de casse, déjouer ce dessein et l’aider à s’en aller effectivement dans le respect de l’architecture juridique qui organise le fonctionnement des institutions dans notre pays. Dans le chef de Félix Tshisekedi, ce serait une perfidie salutaire pour le pays, mais dont il est, évidemment, difficile d’imaginer les effets étant donné que l’on ignore la teneur du deal.

En effet, si en termes d’indices de développement humain (IDH), en 18 ans de gouvernance, Kabila n’a pu réaliser grand-chose de substantiellement positif pour la Rd.-Congo, il y a des raisons de douter qu’en 5 ans d’une coalition-absorption et symbolique dominée par ses affidés, on puisse espérer une quelconque avancée. Le pays nous appartient tous, certes, mais autant le régime précédent n’a pas œuvrer pour la grandeur de son destin, autant l’actuel attelage majoritaire déjà hypothéqué par son leadership ne pourrait y parvenir.

Sam Bokolombe

Député national et professeur en droit Sam Bokolombe Batuli

Gourou de la majorité tant au Parlement qu’aux Assemblées provinciales, ce qui est un gage du statu quo, Kabila marquera encore pour longtemps de ses empreintes l’essentiel des leviers institutionnels du pays. Le challenge pour la présidence de Félix Tshisekedi doit consister dans l’intelligence de parvenir à ébrécher la nasse formelle qui l’enserre quant à ce.

Aussi, outre, les prérogatives constitutionnelles quasi-cosmétiques pour l’essentiel dont est attributaire le Président de la République, doit-il imaginer des mécanismes factuels qui lui permettent suffisamment de prégnance et d’impact sur la gestion quotidienne du pays. Il y a la magistrature d’influence certes, mais un peu plus. En effet, comme dit l’adage, l’ocre d’emprunt ne peut suffire à s’imprégner le dos. Il faut en avoir en provision propre.

L’alliance avec la majorité kabiliste est une nécessité stratégique, mais il n’en demeure pas moins qu’elle existe pour servir la cause de Kabila, ne cessera-t-on de le marteler. Ainsi, l’identification de Félix Tshisekedi à des forces manifestement conservatrices et réactionnaires semble être un piège politiquement suicidant. Venant de l’opposition, même au nom de la raison politique, l’on ne peut en effet se confondre, comme si de rien n’était, avec un système de prédation que l’on a combattu hier et auquel on a vocation impérative à en être l’alternative, à moins qu’il ne s’agisse du pouvoir pour le pouvoir.

Au demeurant, par le biais de la base de son parti, le peuple ne rate aucune occasion de le rappeler au Président de la République et de lui signifier le désaveu à l’endroit des noces que plus d’un juge absurdes. Ainsi donc, quoiqu’arrivé au pouvoir par l’échelle Kabila, Félix Tshisekedi est bien obligé de s’en délester pour rencontrer le destin du plus grand nombre de Congolais en ce compris celui de sa propre base.

Il va s’en dire que la majorité (FCC-CACH), dont se vantent Kabund et bien d’autres partisans de Félix Tshisekedi, est contre nature et illusoire à l’instar de l’amitié entre un pot de fer et un pot d’argile. Sauf à miser sur un élément imprévu qui en modifierait la dynamique demain, l’allié naturel du Président de la République demeure encore et, en toute logique, l’opposition incarnée aujourd’hui par les forces politiques de LAMUKA. Il n’y a certes pas d’amis ou d’ennemis éternels en politique, rien que des intérêts, mais il faut, raison garder, avoir en tête ce que veut le peuple. Et le peuple ne veut pas de Kabila, un partenaire de l’alternance qui n’en est pas un, car dépositaire du statu quo.

Ne jamais le perdre de vue au risque d’entrer dans l’histoire par une porte furtive comme celui qui aura anéanti les espoirs de ce peuple pour un changement authentique.

 

SBBY/CONGOPROFOND.NET

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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades

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La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.

Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).

Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet

Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.

Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.

« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.

Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.

Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.

« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.

Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.

Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.

« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.

Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.

Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.

« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.

Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.

« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.

Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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