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Tribune : Leçon rapide du Droit canon à Augustin Kabuya, membre du présidium de l’Union Sacrée et SG de l’UDPS ( Par Tony Cassius Bolamba, consultant international)
Paris, le 28 Juin 2023
Pour créer un Cardinal, le Saint-Père n’a pas besoin de l’aval du Président du pays dont est originaire le récipiendaire au Cardinalat. Pour la RDC, le 06 Février 2018, le Pape François nommait Monseigneur Fridolin Ambongo coadjuteur de l’Archidiocèse de Kinshasa.
Qu’est-ce qu’un coadjuteur ecclésiastique? Un coadjuteur ecclésiastique veut simplement dire adjoint à un prélat.
Le Cardinal Laurent Monsengwo avait 75 ans, l’âge du départ à la retraite d’un Évêque. Ainsi, le Saint-Père le Pape François avait nommé Monseigneur Fridolin Ambongo Besungu coadjuteur pour succéder au Cardinal Laurent Monsengwo à son décès ou à sa démission.
Le 11 Mars 2018, Monseigneur Fridolin a été présenté comme coadjuteur et devient Archevêque de Kinshasa le 25 Novembre 2018 quand le Saint-Père accepte la démission du Cardinal Laurent.
Mgr Fridolin a été céé Cardinal le 05 Octobre 2019 par le Pape François et porte le titre cardinalice de Cardinal-prêtre de San Gabriele, Arcangelo all’Acqua Traversa.
N’ayant pas atteint 80 ans, dans le droit canon, le Cardinal Fridolin Ambongo peut être parmi les Cardinaux électeurs qui vont élire le prochain Pape entre 15 à 20 jours après la mort ou la démission du Pape François.
Pour élire un Pape, les Cardinaux électeurs se réunissent pendant plusieurs jours pour s’enfermer dans la chapelle Sixtine jusqu’à s’être mis d’accord sur un nom.
Le Saint-Père est élu par un conclave qui réunit un collège électoral de 115 Cardinaux au maximum de moins de 80 ans.
Officiellement, n’importe quel homme baptisé vivant en règle avec l’Eglise peut prétendre au pontificat.
Pour information, à 49 ans, le Cardinal Giorgio Marengo est le plus jeune Cardinal de la Sainte Eglise cardinal le plus jeune au monde, il est le Préfet apostolique d’Oulan-Bator en Mongolie. Né le 18 février 1919, le Cardinal colombien José de Jesús de Pimiento Rodriguez est le plus vieux Cardinal de la Sainte Église Catholique.
Malheureusement Papa Monseigneur Mulumba n’est plus mais je compte sur son ancien collègue, aujourd’hui politicien d’Ensemble pour la République pour éclairer la jeunesse…
Heureusement que le Pape Jean-Paul II n’avait pas besoin de l’aval du Maréchal Mobutu pour faire de Monseigneur Emery Kabongo son Secrétaire de 1982-1987.
Cultivons-nous vivants !
M. Tony Cassius Bolamba
Consultant international
Gouverneur honoraire
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Kabila dans le viseur de Washington : Sanctions, accusations et isolement accru
Les États-Unis ont franchi un cap décisif le 30 avril en inscrivant l’ancien président congolais Joseph Kabila sur la liste des sanctions de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), dans le cadre du programme DRCONGO.
Washington évoque des liens présumés avec des groupes armés actifs dans l’est de la RDC, notamment le Mouvement du 23 mars et l’Alliance Fleuve Congo (AFC).

Le cadre juridique des sanctions
Cette mesure s’appuie sur l’Executive Order 13413, modifié par l’Executive Order 13671, des instruments juridiques permettant aux autorités américaines de cibler les acteurs accusés de déstabiliser la République démocratique du Congo.
Concrètement, cette désignation entraîne le gel immédiat de tous les avoirs de Joseph Kabila relevant de la juridiction américaine.
Un isolement financier et diplomatique renforcé
Au-delà du gel des avoirs, ces sanctions interdisent toute transaction entre l’ancien chef de l’État et des citoyens ou entreprises des États-Unis.
Une décision qui accentue son isolement sur les plans financier et diplomatique, limitant fortement ses marges de manœuvre à l’international.
Des accusations précises du Trésor américain
Selon le Trésor américain, via l’OFAC, plusieurs griefs sont retenus contre l’ancien président :
Un soutien présumé au M23 et à l’AFC, notamment sur les plans financier et logistique
Une volonté de déstabilisation des institutions congolaises à travers ces mouvements
Des tentatives d’influence sur la situation sécuritaire dans l’est du pays
L’encouragement supposé de défections au sein des FARDC au profit des groupes rebelles
Des initiatives avortées d’attaques contre les forces armées congolaises depuis l’étranger
Une stratégie politique visant à favoriser un candidat opposé au pouvoir en place
Sur cette base, l’OFAC estime que Joseph Kabila aurait « matériellement assisté, parrainé ou fourni un soutien » à ces organisations.
Un contexte national déjà explosif
Ces sanctions interviennent dans un climat particulièrement tendu en RDC. À Kinshasa, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a été suspendu et ses biens saisis.
Par ailleurs, la Haute Cour militaire a condamné l’ancien président à mort par contumace en octobre 2025 pour trahison, crimes de guerre et participation à un mouvement insurrectionnel.
Une pression internationale et interne convergente
Avec cette décision, Washington renforce la pression déjà exercée par les autorités congolaises. Entre poursuites judiciaires nationales et sanctions internationales, l’ancien président se retrouve désormais au cœur d’un dispositif de sanctions et d’accusations sans précédent, redéfinissant les équilibres politiques autour de son influence.
Exaucé Kaya/CONGOPROFOND.NET
