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TRIBUNE : Le peuple oublié d’un pays riche : jusqu’à quand ? Par Régis MBUYI NGUDIE KULONDI (Citoyen Congolais, Journaliste et Consultant en Communication)
Il y a des silences qui accusent plus que des cris. Et aujourd’hui, le silence de nos autorités face aux souffrances du peuple congolais devient assourdissant.
Oui, il faut applaudir nos victoires. Oui, il faut célébrer nos héros sportifs, ces jeunes qui portent haut les couleurs de la nation et redonnent espoir à un peuple fatigué. Mais une question dérange, une question s’impose, une question brûle : à quel prix et au détriment de qui ?
Dans un pays où des fonctionnaires cumulent des mois sans salaire, où des enseignants meurent dans l’anonymat après avoir consacré leur vie à former la nation, où des infirmiers travaillent sans matériel et sans reconnaissance, comment justifier des largesses spectaculaires offertes à ceux qui, pour la plupart, vivent déjà dans une relative aisance ?
Voitures de luxe. Parcelles. Primes mirobolantes. Pendant ce temps, les véritables héros du quotidien, ces hommes et ces femmes qui tiennent debout l’État dans l’ombre, meurent locataires, sans sécurité sociale, sans accès digne aux soins, avec des salaires qui insultent leur dignité.
*Quel message envoyons-nous ?*
Que vaut la sueur d’un enseignant face à un but marqué ? Que vaut la vie d’un médecin face à un trophée soulevé ? Que vaut la fidélité d’un fonctionnaire face à une victoire sportive ?
La réponse semble tristement évidente : pas grand-chose. Et comme si cela ne suffisait pas, le pays donne parfois l’impression d’un paradoxe cruel. On ouvre les bras à des réfugiés chassés d’ailleurs, et cela peut être un acte d’humanité, voire de devoir moral, mais dans le même temps, des Congolais dorment à la belle étoile. Déguerpis sans solution. Victimes d’inondations abandonnées à elles-mêmes. Déplacés de guerre oubliés dans leur propre patrie.
*Sommes-nous devenus étrangers sur notre propre terre ?*
Un pays sans électricité stable.
Un pays sans accès garanti à l’eau potable. Un pays où l’insécurité ronge le quotidien. Un pays où le chômage écrase la jeunesse. Un pays où les primes des fonctionnaires disparaissent dans des circuits opaques. Et pourtant, ce pays est riche. Riche de ses terres. Riche de ses ressources. Riche de son peuple. Mais cette richesse ne profite pas à ceux qui la portent à bout de bras.

*Alors, une autre question s’impose : nos dirigeants se soucient-ils réellement du peuple ?*
Pas dans les discours. Pas dans les promesses. Mais dans les actes concrets, visibles, mesurables. Car gouverner, ce n’est pas seulement célébrer l’exceptionnel. Gouverner, c’est d’abord garantir le minimum vital au plus grand nombre. Gouverner, c’est payer dignement ses fonctionnaires avant d’offrir des privilèges.
Gouverner, c’est loger ses citoyens avant d’accueillir sans plan. Gouverner, c’est protéger la vie avant de financer le spectacle.
Le drame du Congo n’est pas le manque de ressources. Le drame du Congo, c’est le renversement des priorités.
Et pendant que les priorités se brouillent, le peuple souffre. Il souffre en silence. Il souffre dans l’indifférence. Il souffre sur une terre où il verse pourtant son sang, jour après jour, souvent de manière injuste.
*Jusqu’à quand ?*
Jusqu’à quand le Congolais acceptera-t-il de vivre pauvre sur une terre riche ? Jusqu’à quand regardera-t-il ses enfants grandir dans le manque pendant que d’autres célèbrent dans l’abondance ? Jusqu’à quand l’État oubliera-t-il ceux qui le font tenir debout ?
Il est temps de réapprendre le sens des priorités. Il est temps de remettre l’humain au centre. Il est temps de rendre justice au peuple congolais.
Parce qu’un pays ne se construit pas seulement avec des victoires visibles, mais avec la dignité invisible de ceux qui le servent chaque jour.
*Et cette dignité, aujourd’hui, est en train d’être sacrifiée.*
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Lubumbashi : 5 présumés criminels interpellés, dont 2 femmes
La Police nationale congolaise (PNC) du Haut-Katanga a présenté, lundi 8 juin, 5 présumés criminels, dont 2 femmes, arrêtés par le Groupe de recherche et d’investigation criminelle (GRIC) à Lubumbashi.
Les suspects ont été présentés au commissaire provincial adjoint chargé de la police administrative, le colonel Bale Agwaki John, à l’occasion de la parade hebdomadaire de la police.
Selon le commandant du GRIC, le colonel Simplice Tshikala, ces personnes seraient impliquées dans un réseau de détention et de vente illégale d’armes et de munitions.
« Depuis un moment, nous avons appris qu’il y a des bandes organisées qui se ravitaillent à travers nos camps militaires en armes et en munitions. Nous avons déployé nos sources et nous avons arrêté Etomale Mbat, un voleur à main armée extrêmement dangereux. Sur lui, nous avons trouvé 1 300 munitions, un revolver ainsi que deux chargeurs garnis », a déclaré le colonel Tshikala.
La police affirme également avoir arrêté deux autres suspects qui tentaient de vendre des armes à feu. Après leur interpellation, ces derniers auraient conduit les enquêteurs dans une maison où étaient dissimulées d’importantes quantités de munitions.
Au total, plus de 2 850 munitions de calibre 7,62 mm, plusieurs chargeurs garnis destinés aux fusils AK-47 ainsi qu’un revolver de calibre 9 mm ont été saisis.
Par ailleurs, deux policiers accusés d’avoir extorqué 1 820 dollars américains à des habitants du quartier Bel-Air 2, dans la commune de Kampemba, ont également été présentés à l’autorité policière provinciale.
« Ce sont des personnes capables de déstabiliser la paix et la tranquillité publiques », a insisté le commandant du GRIC, précisant que les enquêtes se poursuivent afin d’identifier l’origine de ces effets militaires et les réseaux impliqués.
Le colonel Bale Agwaki John a, de son côté, salué le professionnalisme des éléments du GRIC dans la lutte contre la criminalité et appelé les unités de police à renforcer les opérations de sécurisation de la population et de ses biens.
Les suspects civils ainsi que les 2 policiers ont été transférés devant les juridictions compétentes pour la suite de la procédure.
Patient M.MBY/CONGOPROFOND.NET
