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Tribune: le déclic de la démission de Matata Ponyo du PPRD-FCC ( Par Cyprien Kapuku, journaliste et chercheur en Relations internationales)
Resté discret depuis un long moment après son départ de la Primature, Matata Ponyo Mapon est réapparu pour la première fois, pour se justifier, au cours d’une conférence de presse, de ses ennuis avec l’Inspection générale des Finances (IGF) qui le charge des malversations financières dans le projet de la construction du parc agroalimentaire de Bukanga Lonzo. Le rapport de l’IGF, actuellement sous examen au niveau de la justice, pourrait incessamment ouvrir la voie à un procès entre Matata et le ministère public.
En attendant, l’ancien Premier ministre a une nouvelle fois fait parler de lui. Il a, dans un tweet devenu viral sur les réseaux sociaux, annoncé sa double démission du Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement (PPRD) et de son corolaire Font Commun pour le Congo (FCC), déjà coquille vide pour certains.
« Pour des raisons de convenance personnelle, j’ai déposé ma démission au PPRD et FCC. Je remercie SEM le Président hon. JK. Kabange pour m’avoir permis d’œuvrer pendant près de 12 ans au sein du PPRD et d’occuper les fonctions de ministre des Finances et de Premier ministre », a-t-il tweeté tôt ce vendredi matin.
Visiblement, le père de la bancarisation de la paie des fonctionnaires congolais en avait déjà marre des doses d’ « invectives et des coups bas » qu’il recevait matin, midi, soir de la part de ses désormais anciens camarades du parti, jaloux de lui, répétait-il souvent. Voilà pourquoi il a décidé de quitter le PPRD-FCC, espérant trouver une bonne bouffée d’oxygène après un long moment d’étouffement. Et pourtant, cet homme au naturel d’apparence plutôt timide a été servi sur un plateau d’or par son parti politique. Tour à tour Directeur général du BCECO, ministre des Finances et Premier ministre à la surprise générale, Matata aura été parmi ceux qui ont véritablement servi le parti, et que le parti a aussi servi.
Le déclic
Mais qu’est-ce qui explique ce revirement à 180° ? Voici le déclic. On se rappellera lors de sa dernière sortie médiatique pour se défendre des allégations de détournement des fonds publics à sa charge, Matata Ponyo, également connu pour sa traditionnelle cravate rouge, avait, sans les citer, accusé beaucoup de ses anciens camarades du parti d’être jaloux de ses réalisations à la tête de la Primature. Pour lui, le rapport de l’IGF qui l’accable des faits dont il se dit être innocent, est l’une des preuves de cette guerre politique désormais ouverte contre sa personne.
A bien analyser ses propos, Matata n’était pas en paix avec ceux qu’il pensait être ses compagnons. Une lutte qui n’a pas commencé aujourd’hui.
Aussi curieux que cela puisse paraître, dès les premiers instants de sa prise de fonctions, le tout nouveau Premier ministre devrait à la fois faire face à l’adversité des cadres de son parti au sourire de vendeur et trouver des réponses efficaces aux problèmes de la population.
Jusqu’à ce qu’il quitta ce poste tant convoité, Matata a peut-être réussi à bancariser la paie des fonctionnaires et à créer la taxe sur la valeur ajoutée, hormis la relative stabilité du cadre macroéconomique.
Devenu simple citoyen, Matata pensait retrouver sa paix longtemps perdue. Mais c’était sans compter avec le « cynisme » de ses ennemis, décidés à lui faire du mal. Pour quel péché aurait-il vraiment commis ? Personne ne sait. Au profond de lui, ce natif de Kindu reste convaincu que le procès qui va bientôt s’ouvrir contre lui, ne vise qu’à salir son casier judiciaire et n’est que la partie visible de l’iceberg, s’était-il plaint lors de sa dernière conférence de presse.
A vrai dire, Matata n’a pas reçu la reconnaissance qu’il attendait de ses pairs. Le verre est plein, il a afin décidé de se séparer des loups ravisseurs déguisés en brebis.
Impossible de compter sur l’autorité morale du PPRD, ancien président de la république, lui-même en difficulté, et actuellement retranché dans sa ferme à quelques encablures de la ville de Lubumbashi, en attendant de reprendre ses esprits. Kabila sort du « coma politique » après avoir perdu la majorité parlementaire qu’il avait tout au début de l’actuelle législature.
Voilà comment les apparences sont très souvent trompeuses, Matata, que l’on croyait être en odeur de sainteté avec ses collègues, n’était qu’en perpétuelle situation de combat, au point qu’il n’a plus des munitions nécessaires. Essoufflé, il jette l’écharpe et tous les autres signes distinctifs du parti, ce parti qui a gouverné ses premiers pas en politique. La blessure est profonde, elle prendra peut-être des années à cicatriser.
En attendant la suite des événements, que devient cet ancien premier ministre ? C’est en tout cas la grande information que l’opinion attende encore de lui. Mais selon certaines indiscrétions Matata Ponyo serait prêt à monter le bateau Union Sacrée de la Nation (la pilule du moment) avant de créer sa propre formation politique. D’autres sources affirment que l’ancien Premier ministre va définitivement abandonner la politique, pour se contenter de sa nouvelle étiquette de promoteur d’université.
(Cyprien Kapuku, journaliste et chercheur en Relations internationales)
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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
