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Tribune : L’ALTÉRITÉ À L’EGARD DE MON IPSÉITÉ( Par Roméo NGALUMETE AYINEPA,Étudiant en philosophie) 

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Le présent titre cache en lui une plus grande notion relationnelle d’intersubjectivité : « l’Altérité à l’égard de mon Ipséité ». L’humanité des hommes est basée autour de la relation réciproque, chercher à établir une telle relation exige un effort, une tension plus ou moins pénible, en tout cas difficile, à quoi se reconnait selon Kierkegaard : « toute existence chrétienne authentique », où nombreux réalisent que c’est une utopie de faire de l’autre une âme sœur. Que peut-on faire pour atteindre cette idéalité ?  Le temps des personnes est infiniment rare et vide au regard du temps des choses, la conception de l’Autre est distinguée par des divers sentiments de Moi. L’Autre peut être pour un Moi son moyen pour satisfaire ses désirs, il peut être aussi son enfer, mais difficilement comme une fin en soi. A priori, ladite notion nous aidera à mieux concevoir l’autre, à nous métamorphoser en alter ego pour transformer cette utopie une réalité concrète.

Cette altérité est un caractère de ce qui est autre que moi, s’oppose à identité propre ; du latin « alter » : autre. Tandis que l’ipséité est une identité propre, ce qui fait qu’une personne est unique et absolument distincte d’une autre ; du latin « ipse » : soi-même, soi, moi.

Dans la conception de Paul Ricœur dans Soi-même comme un autre, « l’ipséité du soi-même implique l’altérité à un degré si intime que l’une ne se laisse pas penser sans l’autre, que l’une passe plutôt dans l’autre ». Dans ce sens, nous réalisons que soi-même est en tant qu’autre, mais comment cette relation est comprise ?

 

 RELATION DU COUPLE ALTER ET IPSE 

La relation commence par une interrogation de l’un d’eux. Ce couple Martin Buber (philosophe juif-allemand) le représente dans la forme de Je et Tu, dont Je est Ipse, et Tu Alter. Au sens ricœurien, ce couple change l’allure pour devenir soi-même et autre. De prime abord, l’Alter est inconnu à Ipse, parce qu’il existe dans un monde qui l’est inconnu, qui nécessite une rencontre avant de le connaître. L’Ipse vit  endormis dans un monde en sommeil,  qui demande juste le chuchotement d’Alter pour qu’il s’éveille et réveil le monde. Hic et nunc, la première rencontre commence, après vint la première interrogation qui peut être un simple – « comment vas-tu ? », et l’Alter qui était inconnu répond aisément – « Je vais bien merci, et toi ? » (Le tutoiement est pris dans le cadre d’affection). « Et toi ? » C’est le connecteur logique qui introduit la réciprocité. Car, si le « je vais bien merci » allait s’arrêter par-là, l’interrogation de l’Ipse serait transcendée par la réponse d’Alter et tomberait dans le monologue ou ce que G. Bachelard appelle « la confession ». En monologuant, le plus grand risque est de déchoir dans le solipsisme, et par là le monde est réduit en monisme, le dualisme est enterré au plus profond. Pour éviter cette dérive solipsiste, Ricœur souligne que « l’altérité ne s’ajoute pas du dehors à l’ipséité, mais qu’elle appartienne à la teneur de sens et à la constitution ontologique à l’ipséité ». L’appartenance à l’autre est au centre de relation intersubjectivité, pour la sauvegarder, il existe un élément fondamental. Mais qu’en est-il ?

 

ALTRUISME : ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE LA RELATION

L’altruisme est un terme créé par Auguste Comte (philosophe français) en opposition à égoïsme. Il l’est définit comme « sentiment d’amour pour autrui ; soit celui qui résulte, instinctivement des liens qui existent entre les êtres d’une même espèce, vivre pour autrui ». Au cœur de cet altruisme, se trouve l’amour. Il faut bien retenir et concevoir ce petit mot ; car, « l’âme humaine, riche d’un amour élu, anime les grandes choses avant les petites (…) », dixit M. Buber. Si l’altruisme de la relation du couple Alter et Ipse a pour principe l’amour, cette relation ne s’arrête guère. Même si l’épiphanie de la dérive solipsiste arrive, la responsabilité de l’amour qu’avait Ipse au regard de l’Alter va créer ce que Kierkegaard appelle « La Reprise » et non répétition. La répétition à un danger de reproduire le monologue, parce que la même interrogation va revenir : – « comment vas-tu ? ». Alors que la reprise crée un nouveau départ avec le re-nouvellement de la relation, avec la re-création de la nouvelle interrogation, avec une nouvelle façon de re-connaître. (La sémantique de « re » à un rôle très important, c’est une interjection qui marque encore un second commencement). Dans le langage Kierkegaardien, qui dit reprise ne pense pas récidive, mais nouvel essor. Ainsi, l’altruisme comme élément fondamental a pour vocation de faire vivre et re-vivre la relation.

Pour conclure, chacun doit posséder l’altruisme, avec un amour du prochain pour savoir interroger l’autre. La relation est toujours réciproque, ce qui est à la base même de la construction du monde. E. Mounier disait : « l’autre est la personne avec qui je construis l’univers des personnes ». L’Ipse doit agir à Alter, tout comme l’Alter à l’Ipse, pour que cette réciprocité ne cesse de se manifester.

 

Roméo NGALUMETE AYINEPA 

(Étudiant en philosophie)

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