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Tribune: éviter une  adhésion précoce de la RDC à la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (par J. Sekabo, journaliste indépendant)

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Lors de sa récente visite à Nairobi, le président de la République Démocratique du Congo, Felix Tshisekedi, avait émis le vœu de voir la RDC intégrer la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est.
Cette organisation intergouvernementale constitue un bloc économique régional, qui élargit et approfondit la coopération entre les États partenaires dans divers domaines clés pour leur bénéfice mutuel. Ses sphères sont politiques, économiques et sociales.

Cet appel à l’intégration ou à l’adhésion de la RDC à la communauté des Etats d’Afrique de l’Est suscite quelques inquiétudes étant donné que la situation sécuritaire à l’Est de notre pays demeure instable et fragile.
Il convient de signaler qu’avec une telle situation sécuritaire, il serait complètement difficile à la population de l’Est de notre pays de pouvoir bénéficier directement des avantages liés à cette intégration régionale d’autant qu’elle demeurera toujours dépendant des pays voisins. L’aspect sécuritaire à l’Est demeure par conséquent l’un des préalables majeurs à l’intégration à la communauté des Etats de l’Afrique de l’Est.

L’autre préalable à cette intégration est la reconstruction d’infrastructures routières. Il est clair et net que la communauté des Etats de l’Afrique de l’Est mise sur un développement rapide des Etats partenaires  à travers une union douanière et l’établissement d’un marché commun.
 Ainsi, la reconstruction d’infrastructures routières particulièrement à l’Est du pays favoriserait une intégration rapide de la RDC à travers l’intégration commerciale et productive rapide, l’infrastructure régionale, et la libre circulation des personnes.

Il se dégage ainsi qu’une adhésion à la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est à ce stade serait nettement précoce et précipitée. Le Gouvernement ferait mieux d’envisager dans un premier temps la conclusion d’un accord de partenariat avec cette organisation sous-régionale, le temps de répondre aux préalables ci-haut évoqués.
Ainsi, cette intégration ne sera bénéfique à la RDC qu’en condition d’une stabilité permanente à l’Est du pays voire au niveau national.

La Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est est une organisation intergouvernementale régionale regroupant 6 États partenaires: les républiques du Burundi, du Kenya, du Rwanda, du Soudan du Sud, de la République-Unie de Tanzanie et de la République d’Ouganda, dont le siège est à Arusha, en Tanzanie.
Le travail de la  Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est est guidé par le traité qui a créé la cette organisation sous régionale. Signé le 30 novembre 1999, il est entré en vigueur le 7 juillet 2000 après avoir été ratifié par les trois États partenaires initiaux – le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda.
La République du Rwanda et la République du Burundi ont adhéré au traité CAE le 18 juin 2007 et sont devenues membres à part entière de la Communauté à compter du 1er juillet 2007. La République du Sud-Soudan a adhéré au traité le 15 avril 2016 et est devenue membre à part entière le 15 août 2016.

À l’heure actuelle, le processus d’intégration régionale bat son plein, comme en témoignent les progrès encourageants de l’union douanière de l’Afrique de l’Est, la création du marché commun en 2010 et la mise en œuvre du protocole sur l’Union monétaire de l’Afrique de l’est.
Pour ce qui est de son statut actuel, le processus en vue de la création d’une Fédération de l’Afrique de l’Est fait actuellement l’objet d’une accélération, soulignant la ferme détermination des dirigeants et des citoyens de l’Afrique de l’Est de construire un bloc politique et économique puissant et durable pour l’Afrique de l’Est.
Par Joseph Sekabo,
journaliste indépendant et chercheur dans la région des Grands Lacs.

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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »

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Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer

Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.

Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.

La société civile hausse le ton

Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.

Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.

Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage

Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.

La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.

Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.

À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.

Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net

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