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Tony C. Bolamba : « Augustin Kabuya ne connaît pas l’histoire de l’UDPS ni des luttes politiques en RDC… » ( Interview exclusive)

Congoprofond.net : Gouverneur Bolamba, depuis un certain temps vous prenez des positions durs, frustrant certains dans votre famille politique de l’Union Sacrée de la Nation qui vous accusent de soutenir l’opposition, particulièrement « Ensemble pour la République » de Moïse Katumbi en particulier. Qu’en répondez-vous ?
Tony Cassius Bolamba: Avant d’être politique, je suis un homme éclairé, libre et de bonnes mœurs. Je fais partie des associations des gens qui restent les derniers à défendre des valeurs ! La RDC a beaucoup des politicards, moins des politiciens et peu d’hommes d’État. Je fais partie de la troisième catégorie des politiques en RDC. Un homme d’Etat doit toujours prendre position pour la nation et la patrie et non pour les clans et les partis. J’estime que mes positions sont rationnelles, parce que je pense aux générations futures. Ceux qui disent que je soutiens l’opposition n’ont aucun sens de l’Etat et la méconnaissance de l’histoire de notre pays.
Mr le Journaliste, je suis un Mobutiste, Laissez-moi vous rappeler une grosse erreur de l’histoire de notre pays, les prémices du pouvoir autoritaire de la deuxième République, que j’assume en tant qu’homme d’Etat. Le 1er Juin 1966, le Président Mobutu était induit en erreur par les services de sécurité et la justice de notre pays. Il a violé la constitution en créant un Tribunal militaire d’exception pour juger quatre Congolais accusés injustement de préparer un coup d’Etat contre son régime : Bamba, Mahamba, Kimba et Anany ont été pendus au Pont Cabu, là où est érigé le Stade des Martyrs aujourd’hui ! Je connais un peu l’histoire de notre pays et de certaines de ses erreurs. Je ne laisserais pas que certains induisent le Chef de l’Etat dans les erreurs ! Le jour où je ne serais plus totalement d’accord avec l’Union Sacrée, je partirai et vous les Congolais le sauront !
De retour à l’étranger dans un discours populaire, le Secrétaire général de l’UDPS, membre du Présidium de l’Union Sacrée, Augustin Kabuya pour le citer, a déclaré que Moïse Katumbi combat le Président Félix Tshisekedi parce qu’il est Muluba. Que pensez-vous de ces propos ?
Tony Cassius Bolamba : Je comprends Mr Augustin Kabuya. Il est encore un peu novice devant certaines situations. D’où à chaque fois qu’il prend la parole, il a toujours des propos infâmes et infantiles. Il apprend encore sur terrain ! Il avait commencé par dire que Kabila était sérieux et qu’il avait donné le pouvoir à l’UDPS. Ces propos collent aujourd’hui notre premiere alternance qualifiée de « compromis à l’africain ». C’est toujours lui qui a injurié Son Éminence le Cardinal Fridolin Ambongo d’un homme avide d’argent. Aujourd’hui il tient des propos qui troublent la quiétude ! Il ne connaît pas l’histoire des combats politiques en RDC. Est-ce que feu Papa Premier ministre Étienne Tshisekedi combattait le défunt Papa Maréchal Mobutu parce qu’il était « Mungala »? L’UDPS est une histoire de lutte politique. Si Mr Kabuya ne connaît pas le combat de l’UDPS, je suis mieux placé pour la lui apprendre !
Apprendre l’histoire du combat de l’UDPS à Augustin Kabuya qui est son Secrétaire Général ?
Tony Cassius Bolamba : Oui je connais mieux l’UDPS que lui. Laissez-moi vous raconter une anecdote : Au moment où les combats politiques entre l’UDPS et le MPR étaient farouches, nous jeunes sensés du MPR fréquentions l’UDPS, exceptés quelques incultes. On parlait de la situation politique avec respect, tout en gardant les soutiens à nos partis respectifs. On condamnait ce qui était condamnable ! Le lendemain de l’attentat qui avait coûté la vie à l’un des frères Kibasa, j’ai été présenter mes condoléances à mes frères et sœurs de la famille Kibasa! Mon ami, je dirais mon frère, Augustin Kibasa, encore vivant, ne me contredira pas !
Votre mot de la fin ?
Tony Cassius Bolamba : Mot de la fin pour aujourd’hui : Je dirai simplement que ceux qui accompagnent le Président de la République doivent faire attention dans leurs propos ! Nous ne devons pas séparer le peuple Congolais vivant dans une situation déliquescente ! Dans une interview, le Président Félix Tshisekedi avait dit que nous devions l’aider à ne pas devenir Dictateur ! Je continuerai à dénoncer tout dérive comme je le faisais quand j’étais Gouverneur, et je suis disponible pour débattre avec Monsieur Augustin Kabuya sur la situation politique du pays. Nous devons dire la vérité au Président de la République ! S’il y a à s’opposer, nous devons nous opposer et proposer! Je suis le dernier Mobutiste de ma génération qui assume son Mobutisme. J’ai dit.
Propos recueillis par Benjamin Kapajika/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
