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Thierry Monsenepwo : »Sessanga a servi de couverture aux agressions rwandaise et ougandaise et s’étonne de la résurgence du M23 ! »
L’honorable Delly Sessanga a servi à l’opinion un réquisitoire fumant sur l’état du pays en des termes dignes d’un film d’horreur hollywoodien. Homme d’État nanti d’une longue expérience dans la gestion de l’État et dans la praxis parlementaire, le Président du parti politique ENVOL s’est fendu d’un discours incendiaire à l’occasion de la réunion du bureau politique de son parti, annonçant en filigrane sa candidature à la prochaine présidentielle, parce que fatigué, selon ses propres mots, de toujours évoluer dans l’ombre des autres. Lorsque l’on a été à bonne école et que l’on justifie d’une brillante carrière aussi bien en politique qu’au barreau, l’on se doit de ne jamais perdre de vue l’obligation de demeurer objectif dans ses analyses à tout point de vue.
Connu pour son sens de la mesure et de la pertinence, l’honorable Sessanga a fait, à travers son brûlot, une sortie de route qui ne ressemble ni à son éducation ni à son cursus. C’est pourquoi je suis de ceux qui pensent que l’élu de Lwiza a certainement été recruté par des officines qui se sont donné pour mission de planter le décor de l’apocalypse afin de rendre invivable l’année électorale à venir. Car avant lui, un ancien Président de l’Assemblée nationale et désormais porte-parole d’un autre candidat déclaré à la présidence de la République y était aussi allé de sa diatribe acerbe. Tout porte à croire que d’autres encore sont sur les starting-blocks pour noircir tous les tableaux de la vie nationale afin de remplir leur part de contrat en contrepartie des aiguillons perçus auprès des marionnettistes tapis dans l’ombre.

Sinon, comment comprendre que l’honorable Delly Sessanga qui a eu le privilège de pratiquer à la fois le RCD/Goma et le MLC, les deux rébellions ayant servi de couverture aux agressions rwandaise et ougandaise, puisse s’étonner outre mesure de la résurgence du M23 et décréter urbi et orbi que l’occupation de Bunagana est le symbole de la faillite de l’État ? Comment expliquer qu’il fasse du pouvoir actuel l’auteur de tous les péchés d’Israël et de tous les fléaux qui assaillent la nation ? D’où vient qu’un homme d’ordinaire pondéré puisse subitement enfourcher des propos vexatoires à l’endroit de ceux qui se démènent à sortir le pays du gouffre abyssal dans lequel il patauge depuis l’indépendance ? Et surtout, comment quelqu’un dont le patriotisme faisait jusqu’ici l’unanimité malgré ses accointances incestueuses lointaines avec les deux agresseurs les plus redoutables de la RDC peut médire de son propre pays avec une virulence méphistophélique ?
C’est le lieu de dire à l’honorable Sessanga ainsi qu’à ses affidés missionnés pour faire du Congo bashing que le devoir de rationalité les oblige de raison garder même lorsqu’il faut accuser de rage un chien qu’on cherche à noyer. Si tant est que les nouveaux mercenaires recrutés pour diaboliser leurs propres institutions veulent conserver du crédit dans leur entreprise maléfique, ils auraient dû au moins sauver leur dignité en prenant tout de même la précaution de signaler les avancées enregistrées ainsi que les efforts salués par la communauté internationale, notamment dans la lutte contre la corruption et la mobilisation des recettes. De cette manière, une critique serait la mieux venue et aiderait même ceux qui tiennent le gouvernail à changer de fusil d’épaule, le cas échéant. Hélas, pour la pègre des dénigreurs assermentés stipendiés de la RDC à la solde des agendas obscurs, le verre n’est ni à moitié plein, ni à moitié vide, mais totalement vide. À en croire les récits préconçus placés dans les bouches des honorables Sessanga et autres Olivier Kamitatu, rien de bon ne se fait et ne peut se faire sans eux. Il faudrait naïvement attendre qu’ils arrivent au pouvoir pour tout changer par enchantement, dans la mesure où ils ne prennent même pas soin d’indiquer la voie à suivre pour faire mieux que ce qui est réalisé par le Président Tshisekedi.

L’époque où les Congolais croyaient encore au messianisme politique et à la poudre de Perlimpinpin est totalement révolue. Le Président Tshisekedi n’a jamais promis monts et merveilles pour bénéficier de la confiance du souverain primaire. Il s’est tout simplement engagé à coordonner les efforts de toutes les forces vives de la nation dans l’optique d’accroître le mieux-être de tous à travers de nouvelles infrastructures, des services publics de qualité, la gratuité de l’enseignement, la couverture santé universelle, etc. Même si l’on est obnubilé par le poste qu’il occupe, le minimum du patriotisme exige qu’on épargne la mère patrie des médisances susceptibles de coller à son image pendant encore plusieurs décennies, y compris si un jour la chance vous sourit de conquérir le pouvoir. Une perspective qui risque de s’éloigner définitivement pour les fils et filles de la RDC recrutés pour affubler leur propre pays de noms d’oiseaux. Un enfant qui se moque des infirmités de ses parents se condamne lui-même à une malédiction certaine. Il en sera de même de ceux qui croient que pour gouverner la RDC il faut préalablement en dire tout le mal du monde.
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Meurtre du policier “Me Bic Rouge” : Le ministère public requiert la peine de mort contre le militaire Kaseba Katembwe
L’audience publique dans l’affaire du meurtre du policier Mumposa Ngetadidi Joslain, alias « Me Bic Rouge », s’est poursuivie ce vendredi 13 mars 2026. Le principal prévenu, Kaseba Katembwe, militaire de la Garde républicaine, continue de rejeter toute responsabilité dans ce drame.
À la barre, le prévenu a de nouveau déclaré ne jamais avoir connu la victime de son vivant. Il affirme également ne s’être jamais rendu à l’hôpital de l’Amitié sino-congolaise et nie catégoriquement toute implication dans la mort du policier.

Le ministère public évoque des témoignages accablants
De son côté, le ministère public soutient que les éléments de l’enquête contredisent la version du militaire. Selon les renseignements recueillis, un témoin cité dans le dossier, Manituka, affirme que Kaseba Katembwe et Itani Félicien se trouvaient bel et bien au poste de police Révolution au moment des faits.
Toujours selon l’accusation, les deux hommes auraient ouvert le feu sur le policier Ngetadidi Joslain, qui a succombé à ses blessures. Le corps de la victime se trouve toujours à la morgue en attendant la suite de la procédure judiciaire.
Une intervention qui vire au drame
Les faits remontent au samedi 14 février 2026, une date qui reste gravée comme un jour de deuil pour la famille de la victime.
Policier en service, Mumposa Ngetadidi Joslain, surnommé Me Bic Rouge, a été mortellement atteint par balle lors d’une intervention qui semblait pourtant ordinaire.
D’après les témoignages recueillis par la famille, le policier aurait été abattu par un militaire de la Garde républicaine.
Une tentative d’extraction forcée au cœur de l’affaire

Selon les premières reconstitutions des faits, tout serait parti de l’arrestation d’un jeune homme présenté comme Kuluna, soupçonné du vol d’une moto. Peu après son interpellation, son frère ( un militaire) se serait présenté au poste de police accompagné d’autres soldats armés afin d’exiger sa libération.
La situation aurait rapidement dégénéré en vive altercation entre les militaires et le policier Mumposa Ngetadidi Joslain, qui était alors en service au poste de police Révolution.
C’est au cours de cette dispute que l’un des militaires aurait fait usage de son arme, tirant à bout portant sur le policier, qui s’est effondré grièvement blessé.
La peine capitale requise, verdict attendu
Au regard de la gravité des faits, le ministère public a requis la peine de mort contre Kaseba Katembwe, ainsi que contre les membres présumés de son groupe, notamment Manituka Ditumene et Tambwe Kasongo.
L’audience ayant été renvoyée, le tribunal devra poursuivre l’examen du dossier afin d’établir les responsabilités dans ce drame qui a profondément choqué l’opinion à Kinshasa. La famille de la victime, quant à elle, continue de réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort du policier Me Bic Rouge.
Glody Bukasa/CONGOPROFOND.NET
