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Témoignage – Annie « Je sentais que son cœur s’était brisé, divisé en deux »

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C’était un matin de fin mars 2017, à Kananga. Ils sont entrés dans les maisons, pillaient et tuaient. Ils sont entrés dans ma maison ce jour-là et comme il n’y avait rien à voler, ils ont menacé de me tuer. Ils étaient à quatre. Ils ont décidé de me violer. J’étais avec mon garçon de quatre ans. Mon mari n’était pas là, il travaillait pour ses commerces, vers la frontière avec l’Angola. Souvent, je restais seule des mois, en attendant son retour. Quand ces hommes m’ont violée, mon enfant est resté dans un coin, caché.

J’avais 45 ans et six enfants, deux étaient décédés. Quand ils sont arrivés, cinq de mes enfants étaient chez leur grand-père dans un autre quartier et j’étais restée à la maison avec le plus petit.

Après l’agression, ils sont partis, je ne sais pas vers où. Je suis restée seule à la maison, sans manger ni boire, car je sentais comme si mon cœur s’était brisé, comme s’il s’était divisé en deux. Quand je préparais à manger, mais pas pour moi car je n’arrivais à rien avaler, et qu’il y avait quelque chose qui tombait à côté de moi, je sursautais et mon cœur brisé battait très fort. Quelque temps après, j’ai appris que mon mari avait été tué sur la route du retour, à cause du conflit.

J’ai par la suite appris l’existence de MSF et qu’ils pouvaient s’occuper de moi. Mais avant  que je n’arrive à l’hôpital pour demander de l’aide, quelque chose d’autre s’est passé.

Il y a quelques semaines, en allant acheter des feuillages avec d’autres femmes dans un village à côté, pour les revendre ensuite à Kananga, nous avons été arrêtées sur la route. Des hommes nous ont demandé de l’argent et comme nous n’avions rien, ils nous ont violées. Cette fois-ci, ce n’était qu’un homme qui avait commis le crime. Quelques-unes ont réussi à s’échapper mais pas moi. J’ai été attrapée et amenée dans la brousse, où on a abusé de moi. Je me souviens qu’il y avait quelqu’un qui criait très fort à côté de moi, quand cet homme me violait. Après, j’ai commencé à avoir des douleurs très fortes dans le bas du ventre.  Je ne pouvais même plus marcher correctement. J’avais toujours envie de dormir et je n’arrivais pas à manger.

Quand j’ai entendu parler de MSF, c’était à l’église. Des personnes de l’équipe MSF sont venues pour parler des violences sexuelles et de l’aide qu’ils pouvaient apporter aux victimes. Alors j’y suis allée et on m’a aidée.

 

CONGOPROFOND.NET

 

 


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ESPT/Dossiers « Clé de répartition des frais scolaires et les 10% alloués aux bureaux gestionnaires »: Le ministre Mbutamuntu réagit !

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Le ministre provincial en charge de l’Éducation de la ville de Kinshasa, Charles Mbutamuntu Lwanga, réagissant aux deux articles publiés par CONGOPROFOND.NET en date du 27 septembre 2022, sur la pratique de la clé de répartition des frais scolaires et les 10% alloués aux bureaux gestionnaires, contestés par les enseignants du réseau protestant, évoque son souci de renforcer la supervision contre les structures spécialisées avec les « Anti-valeurs ». Nous publions in extenso sa lettre parvenue à notre rédaction par le canal de sa cellule de communication.

Kinshasa, le 29 septembre 2022

Au responsable de Congoprofond.net

Objet: Droit de réponse

Monsieur le responsable de Congoprofond.net,

Votre média en ligne a publié, en date du 27 septembre 2022, deux articles épinglant principalement le Ministre Provincial de l’Éducation/Ville de Kinshasa, Son Excellence Charles Mbutamuntu.

Le premier avait comme titre « EPST/Pratique de la clé de répartition : Charles Mbutamuntu passe outre les instructions de Tony Mwaba »; tandis que le second était intitulé « Epst: les 10% alloués aux bureaux gestionnaires par Charles Mbutamuntu contestés à Kinshasa »*.

Deux articles publiés le même jour, ce qui frise un acharnement pur et simple à l’égard d’un membre de l’Exécutif provincial dont la compétence et les prouesses ne sont plus à démontrer.

Pour votre gouverne, il n’ y a jamais eu violation des instructions du Ministre national Tony Mwaba, concernant la clé de répartition. Le souci pour nous est de renforcer la supervision contre les structures spécialisées avec les Anti-valeurs.

La première des choses à savoir est que le Ministre national n’avait jamais fixé les frais d’appui aux besoins des enseignants. Ces frais ont été fixés par l’Arrêté de Son Excellence Monsieur le Gouverneur, conformément au souci du Ministre national de soulager les enseignants du secondaire, et en attendant que le Gouvernement de la République concrétise les efforts déjà en cours pour améliorer les conditions de vie des enseignants.

Dans le souci de mettre fin aux antivaleurs et traquer les réseaux mafieux, Son Excellence Monsieur le Gouverneur a mis en place, dans son arrêté portant fixation des frais, une commission de suivi chargée de renforcer la supervision contre les ennemis de la gratuité. Et depuis le début de l’année, plusieurs réseaux sont démantelés et les mafieux ont peur. Pour soutenir le fonctionnement des comités de suivi (enseignants assis), la Commission urbaine avait levé deux options, notamment la contribution des écoles privées et le fonctionnement.

Il convient de souligner que pour concrétiser la vision du Chef de l’État, pilotée par le Warrior Tony Mwaba, le pourcentage des frais affectés à l’appui des enseignants est passé de 80% l’année passée à 90% cette année. Nos amis syndicalistes des écoles protestantes ne le savent peut-être pas, car Son excellence Charles Mbutamuntu avait prévu de les rencontrer pour échanges, après l’avoir fait avec les Catholiques. Les 10% affectés à l’appui des bureaux gestionnaires dans leur travail de supervision soutiennent la lutte contre les antivaleurs.

Je vous remercie de publier ce droit de réponse dans son intégralité pour éclairer la lanterne de l’opinion.

Lefils MATADY, Coordonnateur/Cellule de Communication

Ministère provincial de l’Éducation/Kinshasa


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