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Télé 50 : J.M. Kassamba qualifie les grévistes de « personnes non identifiées »
En grève depuis ce lundi 11 février pour réclamer les arriérés de salaire, les agents et cadres de la chaine de télévision Télé 50 sont toujours dans la rue ce mardi 12 février 2019. Ignoré par leur employeur, celui-ci les a qualifiés de « personnes non identifiées ».
Dans une correspondance signée par son avocat, Me Ngalasi, adressée à celui des agents, le patron de ce groupe de médias dit ne pas reconnaitre ce groupe de personnes qui réclament des arriérés de salaire. Il les qualifie des « personnes non identifiées » qui sont entrain de nuire à sa réputation alors qu’il est un homme public de renommée publique.
Face à cette réaction,
l’opinion s’interroge si les Floride Zantonto, Matthieu Kamango, Jolie Diyoka, Valdo Simon Yamba, Pathy Nkieri, Fleury Banketo, Magalano et autres Yaba Blandine sont vraiment des personnes inconnues à Jean Marie Kasamba ? Ceux-ci, convient-il de rappeler travaillent dans ce groupe de médias depuis des années et y ont même fourbi leurs premières armes !
Il convient de souligner que la Télé 50 a récemment quitté son ancien siége à Gombe pour s’installer en plein centre-ville, tandis que les agents réclament 11, 13 et 14 mois d’arriérés.
Somme toute, le bras de fer est engagé entre le patron de Télé 50 et ses travailleurs, car aucun dialogue n’a été installé.
Fleuron de la télévision nationale, Télé 50 avait amené une véritable révolution médiatique en RDC, mais aujourd’hui elle est en train d’être vilipendée.
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »
Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer
Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.
Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.
La société civile hausse le ton
Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.
Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.
Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage
Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.
La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.
Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.
À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.
Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net
