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Supergravité politique en RDC : les défis post-électoraux et les voies vers la stabilité
La victoire de Félix Tshisekedi avec un pourcentage significatif de 73,34% des voix, le 20 décembre 2023 est une occasion d’écrire un nouveau chapitre de la vie politique en RDC.
Confrontée au rejet des résultats par ses principaux opposants, le nouveau mandat de Félix Tshisekedi est confronté à des défis complexes qui nécessitent une approche équilibrée et constructive.
La supergravité de la vie politique de la RDC présente des possibilités restreintes mais cruciales pour le pays. Elle est confrontée à cinq voies potentielles pour aider la RDC à éviter la désintégration et à progresser vers la stabilité.
Consolidation des institutions
La première voie consiste à consolider les institutions démocratiques en renforçant l’indépendance de la justice, en luttant contre la corruption et en garantissant l’équité dans le fonctionnement du gouvernement. Cela nécessite un engagement ferme en faveur de la primauté du droit et de la transparence.
Réconciliation nationale
La RDC a longtemps été marquée par des tensions ethniques et politiques. La classe politique doit s’efforcer de promouvoir la réconciliation nationale en encourageant le dialogue intercommunautaire et en cherchant à surmonter les divisions historiques pour forger une identité nationale unie.
Développement économique durable
Pour éviter la déstabilisation, la RDC doit s’engager dans des réformes économiques audacieuses pour promouvoir la croissance, créer des emplois et réduire la pauvreté. Cela implique une gestion responsable des ressources naturelles du pays et la promotion d’investissements durables dans les infrastructures et l’éducation.
Renforcement de la sécurité
La stabilité de la RDC est étroitement liée à la sécurité de ses citoyens. La classe politique doit s’attaquer de manière proactive aux défis sécuritaires en renforçant les forces de sécurité, en luttant contre les groupes armés et en promouvant la paix dans les régions instables du pays.
Engagement régional et international
Enfin, la RDC ne peut prospérer en isolation. Elle doit chercher à renforcer ses relations avec les pays voisins et à s’engager de manière constructive avec la communauté internationale pour bénéficier d’un soutien politique, économique et humanitaire.
La supergravité politique de la RDC offre ainsi des possibilités cruciales pour le pays. La classe politique doit saisir cette opportunité pour surmonter les défis historiques et ouvrir la voie à un avenir plus stable, prospère et inclusif pour tous les citoyens congolais.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
