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Sud-Ubangi : Le Gouverneur Michéé Mobonga au cœur d’une controverse sur son lieu de résidence et l’usage des fonds publics
Depuis son investiture officielle à Kinshasa le 24 juin 2025, suite à son élection du 29 avril par la coalition MLC–AREP, le gouverneur Michéé Mobonga Lobo n’a jamais résidé dans la maison officielle du gouvernorat à Gemena, chef-lieu de la province du Sud-Ubangi. Une situation qui ne cesse d’inquiéter les habitants, dans une province déjà fragilisée depuis le démembrement du Grand Équateur en 2015.

Alors que le Sud-Ubangi fait partie des nouvelles provinces considérées comme stratégiques pour la lutte contre l’insécurité alimentaire (selon la FAO, ses immenses potentialités agricoles et forestières pourraient en faire un pilier du développement durable à l’horizon 2030 ), l’absence du chef de l’exécutif dans la résidence dédiée est perçue comme un signe supplémentaire d’abandon et de dysfonctionnement.
Plus troublant encore, le Gouverneur loge dans un hôtel de standing qui lui appartient, érigé bien avant son élection, et y a installé provisoirement son cabinet. L’établissement est pourtant situé à moins de 200 mètres du bâtiment officiel du gouvernorat, resté vide.
Selon des informations relayées par des sources proches de l’Assemblée provinciale, Michéé Mobonga perçoit chaque mois 9.800.000 francs congolais à titre de loyer… payé par la province elle-même. À cela s’ajouteraient près de 3.000 dollars mensuels pour la location d’un véhicule de luxe de type Jeep Wrangler, également présenté comme propriété personnelle, au motif qu’aucun autre véhicule ne répondrait aux standards de sa fonction.
Dans les rues de Gemena, la colère monte. De nombreux citoyens dénoncent un détournement déguisé de fonds publics, qu’ils jugent bien plus utiles pour réhabiliter les routes de dessertes agricoles, améliorer l’assainissement de la ville ou investir dans les services de base. L’argument du Gouverneur est qualifié de « pur opportunisme », et un appel pressant est lancé au Président Félix Tshisekedi pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme une mascarade, indigne des principes d’une gouvernance équitable et responsable.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
