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Provinces

Sud-Ubangi : La gestion des fonds publics sous haute surveillance, une mission nationale de contrôle financier déployée à Gemena

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La province du Sud-Ubangi est au centre d’une nouvelle secousse institutionnelle, cette fois liée à la gestion controversée des finances publiques. Alors que les tensions s’accroissent depuis plusieurs mois entre l’exécutif provincial et ‘organe délibérant, une délégation du ministère national des Finances, dépêchée depuis Kinshasa, a posé ses valises ce lundi 3 novembre 2015 dans la ville de Gemena, chef-lieu de la province.

Conduite par l’Officier de Police judiciaire (OPJ) du Trésor public, Anaclema Vita, la mission a été reçue par le Gouverneur a.i, Dr Ernest Monganza, à qui les émissaires du Trésor ont présenté les civilités d’usage avant d’annoncer clairement l’objet de leur venue : un contrôle rigoureux et exhaustif de la gestion financière provinciale, notamment des fonds publics alloués au bon fonctionnement de la province.

Cette démarche intervient dans un climat de fortes suspicions de mauvaise gestio, alors que l’assemblée provinciale, plusieurs acteurs de la société civile et du monde politique local dénoncent l’opacité dans l’utilisation des ressources budgétaires et les retards dans les paiements des agents publics.

La mission couvre deux axes principaux :
– Le contrôle des institutions bancaires en charge du paiement des agents de l’État dans la province ;
– Le recensement physique et administratif de tous les agents affectés au bureau du trésor et à la comptabilité publique, en particulier ceux relevant de la division provinciale des Finances.

Dans une communication adressée à la presse locale, l’OPJ Anaclema Vita a invité tous les agents concernés à se présenter dès le mardi 4 novembre à la division provinciale des finances, munis de leurs actes administratifs (arrêtés, décisions d’affectation, matricules, etc.), afin de se soumettre au contrôle.

De son côté, le Chef de division des Finances par intérim a insisté sur le caractère obligatoire et non monnayé de cette opération. Il exhorte également les comptables publics principaux, subordonnés et vérificateurs à préparer l’ensemble des documents légaux et financiers en leur possession pour faciliter le bon déroulement des travaux.

Le contrôle, prévu pour une durée de quatorze jours, s’annonce structuré, méthodique et potentiellement révélateur de dysfonctionnements ou d’irrégularités financières dans la gestion des ressources provinciales.

Si certains citoyens voient dans cette initiative un signal fort de transparence et une volonté du gouvernement central de la république démocratique du congo de moraliser la gestion publique, d’autres redoutent que cette mission ne débouche sur des règlements de comptes politiques, dans une province déjà fragilisée par des tensions politiques et des crises institutionnelles persistantes.

Quoi qu’il en soit, cette opération de contrôle remet en lumière les enjeux cruciaux de la redevabilité, de la gouvernance locale et de la transparence budgétaire, dans une région qui peine à traduire en développement concret les ressources qui lui sont allouées.

Blaise ABITA ETAMBE/CONGO PROFOND.NET

Actualité

« On veut me salir politiquement ! » : Crispin Mbindule rejette les accusations de soutien aux groupes armés

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Le député national Crispin Mbindule rejette fermement les accusations selon lesquelles il entretiendrait des groupes armés dans la région de Butembo, au Nord-Kivu. Face à la presse, l’élu dénonce une campagne de discrédit politique orchestrée, selon lui, pour ternir son image et réduire au silence ses prises de position sur le changement de la Constitution.

Le parlementaire affirme que son engagement auprès des militaires des FARDC et des wazalendo relève uniquement de l’effort de guerre contre les groupes armés et l’agression étrangère dans l’Est de la République démocratique du Congo.

« Lorsque j’achète des vivres pour les militaires FARDC et pour les wazalendo qui sont au front afin qu’ils puissent résister face à l’ennemi, le gouverneur appelle cela un soutien aux milices. C’est totalement faux », a martelé Crispin Mbindule.

Le député rappelle qu’il s’est toujours présenté comme un opposant aux rébellions ayant déstabilisé l’Est du pays, bien avant l’accession du président Félix Tshisekedi au pouvoir. Il considère ainsi son implication actuelle comme un devoir patriotique et légal en tant qu’élu national.

« Aujourd’hui, comme député national, j’ai l’obligation de contribuer à l’effort de guerre. Ce patriotisme ne peut pas être transformé en accusation politique », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, Crispin Mbindule est également revenu sur ses anciennes relations avec l’actuel gouverneur militaire du Nord-Kivu. Il évoque notamment leur parcours universitaire commun ainsi que leur militantisme au sein d’une association de jeunes opposés à l’agression rwandaise.

Selon lui, leurs divergences seraient apparues lorsque le gouverneur aurait choisi de rejoindre la rébellion du RCD, alors que lui-même affirme être resté engagé dans la défense de l’intégrité territoriale du pays.

« Ce débat est politique et démocratique, mais il ne doit pas conduire à la persécution des opposants d’opinion », a soutenu l’élu de Butembo.

Très critique envers les méthodes du gouvernorat militaire, Crispin Mbindule appelle les autorités provinciales à privilégier le dialogue démocratique plutôt que « la voie des menaces et des services de renseignements ».

Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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