Société
Sud-Kivu : le ministre Aimé Boji lance illégalement sa mutuelle de Santé pour les enseignants !
« Aimé Boji n’a pas de sens de l’Etat. Il vient de lancer sa mutuelle des enseignants au Sud-Kivu ! », s’étonne un cadre de la Mutuelle de santé des enseignants(MESP).
En effet, l’actuel ministre de Budget a lancé dans sa province sa propre mutuelle de santé après avoir ponctionné 200 millions de Francs congolais pendant deux mois. Il a pu obtenir un agrément et tous les papiers nécessaires pour lancer son initiative.
Du côté des cadres et agents de MESP, les démarches du ministre Aimé Boji sont politiques pour ses intérêts personnels
« …mais seulement, si chaque ministre du Budget devait agir comme lui, que serait devenue la mutuelle ? Si avant lui, Baudoin Mayo avait agi de la même manière pour construire une MESP chez lui, que serait devenue la MESP ? Cela veut dire chaque province aurait sa mutuelle avec son agrément. Or, la MESP, c’est la solidarité et sa mise en place est le fruit d’une longue étude et de beaucoup de formation. Mais quand Boji, ministre du Budget, lançait sa mutuelle à la va-vite pour répondre au besoin de sa base, de ses électeurs pour une cause politique, c’est fragiliser la MESP qui existe déjà au lieu de chercher comment augmenter l’enveloppe de cette mutuelle pour l’amener à s’étendre à travers les provinces, avec l’expertise acquise par le comité national. », regrettent-ils.
Ces cadres adressent un S.O.S président de la République et au chef du gouvernement de faire en sorte que le cas Boji ne fasse pas d’émules.
Ils estiment que si chaque ministre doit travailler uniquement pour sa cause politique, que devra alors devenir la nation? Alors que la MESP est une structure nationale ayant consenti autant d’efforts en termes de formation du personnel en partenariat avec une mutuelle de Bruxelles. Après elle, plusieurs mutuelles sont nées et n’ont pas tenu un seul jour. Si celle-ci tient jusqu’à ce jour, c’est parce qu’il y a eu un fondement : la formation et des textes qui l’organisent. Agir autrement, c’est instaurer le règne de l’anarchie.
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
Société
Lubero–Kirumba : la journée de Lumumba célébrée sans activités, une commémoration passée sous silence
Ce 17 janvier, jour férié consacré à la mémoire de Patrice Emery Lumumba, héros national et premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, aucune activité commémorative n’a été organisée dans la partie sud du territoire de Lubero, notamment à Kirumba. Si la journée a bien été observée comme chômée, aucun rassemblement, moment de méditation, ni initiative citoyenne n’a marqué cette date pourtant symbolique dans l’histoire du pays, laissant un sentiment de vide et de déception au sein de la population locale.
Dans cette zone essentiellement agricole, ces journées fériées sont souvent perçues de manière pragmatique. De nombreux parents en profitent pour envoyer les élèves aux champs afin d’aider aux travaux agricoles, une réalité sociale bien connue dans la région. Toutefois, plusieurs habitants estiment que cette pratique, bien qu’ancrée dans le quotidien, ne devrait pas faire totalement oublier la portée historique et patriotique de dates comme celle du 17 janvier, dédiée à un homme qui a incarné la lutte pour l’indépendance, la dignité et la souveraineté nationale.
Patrice Emery Lumumba, assassiné le 17 janvier 1961, demeure une figure centrale de la mémoire collective congolaise. Nationaliste convaincu, il a porté haut la voix du Congo sur la scène internationale et défendu l’unité nationale face aux divisions internes et aux ingérences étrangères. Son combat pour une indépendance réelle, politique et économique, continue d’inspirer des générations, et sa mémoire est officiellement honorée chaque année à travers cette journée fériée décrétée par l’État congolais.
À Lubero comme dans d’autres entités de l’est du pays, marquées par des défis sécuritaires et sociaux persistants, l’absence d’activités commémoratives a ravivé le sentiment d’une population en quête de paix durable et de repères civiques forts. Pour plusieurs habitants, honorer Lumumba ne devrait pas se limiter à un jour chômé, mais constituer une opportunité de réflexion collective sur l’avenir du pays, la cohésion nationale et les valeurs de justice et de patriotisme qu’il a défendues jusqu’au sacrifice suprême.
Sadrack Bihamba
