À la Une
Sous-traitance en RDC : Les opérateurs économiques saluent le changement de ton impulsé par Ted Beleshayi à l’ARSP
Dans un secteur longtemps marqué par les difficultés d’accès aux marchés, les lourdeurs administratives et les rapports parfois tendus entre régulateur et opérateurs économiques, un nouveau climat semble progressivement s’installer à l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP). Des opérateurs économiques actifs dans la sous-traitance saluent l’ouverture affichée par le nouveau directeur général, Ted Beleshayi Kasanda, qu’ils perçoivent comme un signal encourageant pour l’avenir du secteur.

Un changement de méthode qui séduit les opérateurs
Depuis sa prise de fonctions, le 11 juin 2026, Ted Beleshayi met en avant une approche reposant notamment sur le dialogue, la transparence, la professionnalisation et une application plus rigoureuse, mais également plus équitable, des règles encadrant la sous-traitance.
Cette démarche semble trouver un écho favorable auprès des opérateurs économiques, qui attendent de l’ARSP qu’elle soit non seulement une institution de contrôle, mais également un véritable accompagnateur du développement des entreprises congolaises.
La volonté affichée par la nouvelle direction est de faire de la régulation un instrument au service de la croissance plutôt qu’un simple mécanisme de sanction. Une orientation que Ted Beleshayi résume par une formule : « Réguler ne signifie pas contrôler pour le plaisir de contrôler, mais plutôt faire respecter la loi et corriger durablement les trajectoires. »
Les entrepreneurs congolais veulent désormais accéder aux marchés
Au cœur des attentes des opérateurs figure l’accès effectif aux opportunités de sous-traitance.
Pour de nombreuses PME congolaises, l’existence d’un cadre légal favorable au contenu local ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir accéder aux marchés, disposer des capacités techniques et financières nécessaires et bénéficier d’un environnement réglementaire suffisamment prévisible pour investir et grandir.
C’est précisément sur ce terrain que l’ARSP entend renforcer son action.
La nouvelle direction affirme vouloir favoriser l’émergence d’entreprises à capitaux majoritairement congolais capables non seulement de décrocher des contrats, mais aussi de les exécuter dans les délais, d’améliorer leurs performances et de progresser vers des marchés plus importants.
« Notre ambition absolue est de propulser les entreprises congolaises afin qu’elles saisissent les opportunités, exécutent leurs marchés et grandissent », avait déclaré Ted Beleshayi lors de la présentation de son bilan de 100 jours.
Le financement, l’autre grand défi
L’accès aux marchés reste cependant intimement lié à une autre difficulté : le financement. » Une PME qui obtient un contrat de sous-traitance doit souvent mobiliser des ressources importantes avant même de recevoir ses premiers paiements. Cette contrainte de trésorerie constitue l’un des principaux obstacles à la croissance des entreprises locales… », a fait savoir Gabriel Tshitende, DG de ELEPHANT TRADE.
Ainsi, a-t-il salué, l’annonce de l’ARSP d’engager des échanges avec plusieurs partenaires financiers, notamment le Fonds de promotion de l’industrie (FPI), afin d’explorer des mécanismes susceptibles de faciliter l’accès des sous-traitants au financement. L’homme d’affaires a également présenté les initiatives bancaires salvatrices, à l’instar du projet Vunga II de Rawbank cité par l’ARSP, comme des pistes permettant de renforcer les capacités financières des entrepreneurs.
Du contrôle à l’accompagnement

L’un des changements les plus attendus concerne également la relation entre l’ARSP et les entreprises. A cet effet, son collègue entrepreneur, Landry Meya, a fait noter que la reprise des contrôles et des inspections sur le terrain ne signifie pas un retour à une logique exclusivement répressive. « L’objectif affiché est plutôt d’identifier les irrégularités, d’amener les entreprises à se conformer à la loi et de corriger les pratiques qui empêchent le secteur de fonctionner normalement », a-t-il martelé. Puis d’ajouter : « Cette approche semble particulièrement importante pour nous qui souhaitons disposer d’un interlocuteur capable d’expliquer les règles, de les accompagner dans leur mise en conformité et de nous permettre de mieux anticiper leurs obligations ».
En définitive pour Landry Meya, la régulation impulsée par le leadership de Ted Beleshayi s’avère comme un levier de croissance et non un frein à l’activité économique.
Les opérateurs attendent désormais des résultats concrets
Si l’ouverture affichée par la nouvelle direction est saluée par les opérateurs économiques, les attentes demeurent importantes.
Le véritable test sera désormais la capacité de l’ARSP à traduire cette nouvelle dynamique en résultats mesurables : davantage de contrats pour les entreprises congolaises, un meilleur accès au financement, une régulation plus prévisible, une réduction des pratiques de contournement de la loi et une participation accrue des PME nationales aux grands projets.
La prochaine étape sera donc celle de la consolidation et surtout de l’accélération.
Pour les sous-traitants, après les 100 premiers jours consacrés à remettre l’institution en mouvement, il faut maintenant que la direction générale de l’ARSP intensifie la digitalisation, renforce les contrôles, professionnalise davantage ses équipes, étende son action sur l’ensemble du territoire et facilite l’accès des entreprises aux marchés et aux financements.
Au-delà des réformes administratives, c’est donc une nouvelle relation entre l’État régulateur et les opérateurs économiques qui semble se dessiner.
Pour les entrepreneurs, souligne Patrick Kasenda, l’enjeu est clair : disposer d’un environnement où les règles sont connues, appliquées équitablement et où l’entreprise congolaise peut réellement faire valoir ses capacités.
En définitive, le changement de ton impulsé par Ted Beleshayi est aujourd’hui observé avec intérêt par les opérateurs.
Mais au-delà des déclarations et des bonnes intentions, concluent-ils, ce sont les contrats obtenus, les entreprises développées, les emplois créés et la part réellement captée par les acteurs congolais qui permettront de mesurer la portée de cette nouvelle dynamique.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET