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Soulèvement en gestation au Marché de la Liberté : Pelé Bofini indexé !
La boulimie foncière de l’administrateur Pelé Bofini a pris des proportions explosives au Marché de la Liberté. Neveu de l’ancien gouverneur Gentiny Ngobila, cette personnalité est accusée de prédation du bien public avec détermination de vendre jusqu’au dernier mètre carré de ce haut lieu commercial de Kinshasa.
Après avoir bradé les espaces commerciaux, Pelé Bofini s’attaque désormais aux commerces privés et aux rares espaces verts encore épargnés. Objectif : garnir ses poches, au mépris de la légalité.
Un soulèvement en gestation
D’après les syndicats des vendeurs, l’administrateur vient de vendre l’espace de la passerelle, pourtant occupé par une cinquantaine de boutiques en règle avec l’administration. Et alors que le nouvel acquéreur peine à poser la première pierre, menacé par la colère montante des vendeurs, Pelé Bofini ouvre une nouvelle boîte de Pandore : la vente du site abritant le siège local de l’UDPS, la guérite et plusieurs boutiques privées.
Le terrain, apprend-on, aurait été cédé à un sujet indien qui rêve d’y construire une galerie marchande… sur les ruines d’un tissu commercial national. La tension a explosé mardi 7 mai, lorsque le nouveau « propriétaire » a tenté d’acheminer du matériel sur le site. Mal lui en a pris : les vendeurs, pour la plupart militants UDPS, ont veillé sur place toute la nuit, bien décidés à défendre leur gagne-pain.
L’Hôtel de Ville a finalement réagi : une mission d’inspection dépêchée par le gouverneur Daniel Bumba est attendue lundi sur place.
Insalubrité, inondations et répression : la triple peine
Depuis l’arrivée de Bofini à la tête du marché, le chaos est devenu la norme. Les vendeurs dénoncent une insalubrité alarmante, des inondations permanentes, des tracasseries incessantes et une gestion mafieuse. L’homme n’apparaît au bureau que pour encaisser les fruits de ses spoliations.
Il a vendu tous les accès laissés par ses prédécesseurs pour faciliter la circulation : le grand parking ne sert plus, l’accès au monument de Mzee Kabila est muré, même le passage réservé aux officiels a été marchandé.
Et comme si cela ne suffisait pas, les caniveaux sont obstrués, les égouts bouchés, les voies de drainage occupées par des commerces installés illégalement. À chaque pluie, le Marché de la Liberté devient un étang. « L’eau est partout, les clients ne viennent plus, mais l’administration réclame quand même les loyers », s’indigne Wilma, vendeur de mèches.
Un crédit de 300.000 $ pour mieux piller ?
Comble du scandale, Pelé Bofini aurait contracté un crédit de 300 000 dollars pour « assainir » le marché. En réalité, cet argent n’aurait servi qu’à acheter des soutiens politiques dans certains cabinets, selon un cadre suspendu du marché.
Dans la foulée, Bofini a vendu une grande portion de l’espace du dépotoir à un « partenaire » mystérieux. La Bracongo, dit-on, aurait financé l’évacuation d’une partie des immondices pour accéder à son site voisin, le village Ngwasuma.
Une poudrière à Tshangu
Chaque jour, la colère gronde davantage dans ce marché hautement symbolique de Kinshasa. Si rien n’est fait, Pelé Bofini risque de déclencher une véritable révolte populaire.
Face à cette dérive, le gouverneur Daniel Bumba doit agir. Se débarrasser de Pelé Bofini ne relève plus du choix politique mais de l’urgence sanitaire, sociale et sécuritaire. Ce vestige toxique de l’ère Ngobila nuit à l’image de la ville, du Président de la République et de l’autorité publique à Tshangu.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )
Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.
Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?
Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.
Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.
La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.
CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?
Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.
Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.
Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.
CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?
Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.
Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.
CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.
Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.
CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?
Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.
C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.
CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.
Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.
Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.
CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?
Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.
La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.
Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.
CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.
Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.
CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?
Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.
Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.
CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?
Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.
C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.
C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.
CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?
Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.
Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.
Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.
C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.
Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
