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Coopération

SKF 2026 : la France appelle à l’accompagnement de la RDC et d’autres pays africains dans le défi énergétique lié à l’intelligence artificielle

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La 9ᵉ édition de la Semaine française de Kinshasa (SFK) s’est clôturée ce vendredi 24 avril au Pullman de la Gombe, avec un appel fort de la France en faveur d’un accompagnement de la RDC dans le développement énergétique, devenu crucial face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle. Lors d’un panel consacré aux perspectives numériques entre les deux pays, Laure de la Raudière a mis en lumière les enjeux liés à la consommation électrique croissante des technologies d’IA.

Un modèle économique transformé par l’IA

Selon la présidente de l’ARCEP, l’intelligence artificielle constitue un levier majeur de transformation économique. « C’est comment transformer un modèle économique grâce à l’IA pour le rendre plus productif, plus performant avec une meilleure utilisation des ressources et un meilleur impact en matière de société », a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur le fait que « l’intelligence peut permettre tout cela », soulignant les gains d’efficacité et de compétitivité qu’offre cette technologie.

Des talents français et des alternatives émergentes

Évoquant les atouts de la France, Laure de la Raudière a mis en avant la qualité de la formation en mathématiques et l’émergence d’acteurs innovants. « La France a de grands talents en matière d’intelligence artificielle. On a une école de mathématiques connue depuis très longtemps », a-t-elle rappelé. Elle a cité des entreprises comme Mistral AI, précisant : « Ce sont des petites entreprises par rapport à Google et aux autres, mais ça donne aussi des alternatives pour construire des solutions ».

L’urgence énergétique face à l’explosion des usages

La responsable française a également alerté sur l’impact énergétique de l’IA, tant dans les phases d’entraînement que d’utilisation. « Aujourd’hui en France, on a 30 % de surproduction d’électricité, mais nos prévisions jusqu’en 2030 n’auront plus du tout de surproduction », a-t-elle expliqué. Elle a ajouté : « L’Europe n’aura pas suffisamment d’électricité par rapport à la croissance des usages d’IA », appelant à développer une « intelligence artificielle frugale », capable de consommer moins d’énergie tout en restant performante.

Dans ce contexte, la RDC apparaît comme un partenaire stratégique. « Le formidable programme que vous avez de barrages sur le fleuve Congo, c’est un enjeu majeur pour la numérisation de la société », a souligné Laure de la Raudière. Elle a invité à renforcer la coopération : « Travaillons ensemble aussi sur ces enjeux », insistant sur le potentiel énergétique du pays pour soutenir la transition numérique.

Cette convergence d’intérêts entre la France et la RDC illustre une nouvelle dimension du partenariat bilatéral, centrée sur les défis technologiques et énergétiques. L’intelligence artificielle, désormais au cœur des stratégies économiques, impose une réflexion globale sur les ressources nécessaires à son développement.

Organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-congolaise, en collaboration avec l’ambassade de France à Kinshasa, la SFK 2026 s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations économiques entre la RDC et la France, en favorisant les synergies entre le secteur privé, les institutions et les investisseurs internationaux. Elle contribue activement au développement de partenariats durables et structurants.

Exaucé Kaya

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Kinshasa, terre d’asile forcée : les premiers “expulsés latinos” de l’accord RDC-USA débarquent dans la nuit à N’Sele

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Ils sont arrivés dans le silence épais de la nuit tropicale, à l’heure où Kinshasa s’assoupit sous le poids de l’humidité. Vendredi, peu après 1 heure du matin, quinze silhouettes éreintées ont foulé le tarmac de N’djili, non pas comme des voyageurs en quête d’aventure, mais comme les premiers rouages d’une mécanique migratoire inédite entre Washington et la RD Congo.

Péruviens, Équatoriens et Colombiens – tous originaires de cette Amérique latine que l’on imagine plus proche du rêve américain que des rives du fleuve Congo – ont été extirpés du territoire des États-Unis pour être “réinstallés” à près de 10 000 kilomètres de leur continent natal. Après une escale technique furtive à Accra, c’est une Afrique centrale souvent perçue comme un point de départ qu’ils découvrent à présent comme un terminus administratif.

Leur prise en charge immédiate dans une vaste résidence de la commune de la N’Sele transforme ce coin périphérique de la capitale en une antichambre inattendue de la politique de fermeté américaine. Ce transfert nocturne est la traduction concrète d’un accord bilatéral encore méconnu du grand public congolais, mais qui place Kinshasa dans le jeu complexe des externalisations des frontières américaines.

Alors que Washington durcit sa doctrine en matière d’immigration, la RDC, en quête de partenariats stratégiques et de reconnaissance diplomatique sur l’échiquier international, accepte de jouer le rôle de plateforme de transit ou d’accueil pour des ressortissants de pays tiers. L’ironie est palpable : là où des milliers de Congolais risquent leur vie pour atteindre les Amériques, voici que des Latino-Américains sont déportés vers la RDC, pays qui lutte lui-même pour stabiliser ses propres déplacés internes.

La nationalité des expulsés soulève une question lancinante : pourquoi Kinshasa ? La réponse tient probablement moins à la proximité géographique qu’à la disponibilité logistique et à la signature d’un parapheur engageant la souveraineté congolaise comme variable d’ajustement des flux humains du Nord. Installés dans le calme relatif de la N’Sele, loin du tumulte de la Gombe, ces quinze hommes et femmes incarnent désormais une nouvelle catégorie juridique et humaine aux contours flous.

Pris en charge dans des conditions décrites comme « correctes » par les sources sécuritaires, ils demeurent néanmoins suspendus à un vide juridique et existentiel. Que deviendront-ils une fois les projecteurs diplomatiques éteints ? Le gouvernement congolais évoque une aide au retour volontaire ou à la réinstallation, mais les filières migratoires entre le Pérou, l’Équateur et la RDC sont inexistantes.

Cet épisode nocturne, aussi discret soit-il, est bien plus qu’un simple fait divers aéroportuaire ; c’est le premier signal faible d’une reconfiguration des routes de l’exil, où le Sud global se voit contraint d’absorber les contradictions et les rejets du Nord. Dans les prochains mois, la résidence de la N’Sele pourrait bien devenir, malgré elle, un laboratoire à ciel ouvert de cette nouvelle géopolitique du refoulement.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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