À la Une
Service National: 500 bancs fabriqués par des « ex-kulunas » distribués aux étudiants de l’Unikin
Souvent sujets des bousculades et chamailleries entre étudiants, des bancs neufs viennent d’atterir à l’Université de Kinshasa. Au total, un premier lot de 500 bancs sur les 2000 prévus, a été distribué par le Service National conduit par le général-major Jean-Pierre Kasongo0ce 24 mai 2024.
En effet, l’Université de Kinshasa recevra un total de 2 000 bancs. Ce qui représente 10.000 places assises.
Alors que 500 bancs sont déjà remis, indique-t-on, le reste des lots suivra de manière progressive chaque semaine. « L’Université de Kinshasa recevra un total de 2000 bancs, soit 10 000 places, dont 500 bancs sont remis aujourd’hui. Les autres lots suivront progressivement chaque semaine. Ces bancs sont fabriqués par des Bâtisseurs, des Kulunas d’hier », a déclaré le général major Jean-Pierre Kasongo Kabwik.
Pari osé qui s’avère réussi du Président de la République, rappele le patron du Service national, ces bancs sont fabriqués par des ex-Kulunas de retour à Kinshasa, après leur formation à Kaniama Kasese au nom du Service National. Ils ont été affectés dans la production et la fabrication des bancs au sein du service de menuiserie du Service National, situé dans la commune de la N’Sele.
_« Il vous souviendra que lorsqu’en 2020 le chef de l’État avait décidé de confier ces bandits urbains au Service national en vue de leur encadrement, personne n’y croyait. Ils sont là bien vivants et transformés. Ils ont été formés au métier et sont utilisés par le service national dans ses chantiers et ateliers », a dit le général-major Jean-Pierre Kasongo Kabwik.
Prenant la parole pour le compte de l’Unikin, le recteur de cette structure a remercié les autorités et plaidé pour la mise en place d’un partenariat Unikin/Service National.
_« Distribuer des bancs, c’est assurer des conditions d’apprentissage optimales à la jeunesse congolaise. Chaque fois qu’on se mettra dessus, on se dira que l’homme est totalement transformable. Voilà la raison de cette joie et du partenariat que nous vous annonçons à l’université de Kinshasa s’ils s’actualisent avec le service national pour une transmission des expertises dans les deux sens« , a déclaré le recteur de l’Université de Kinshasa, Dr Jean-Marie Kayembe Ntumba.
Il convient de souligner que dans le but de pleinement assumer son rôle, celui d’être au service de la nation, les deux ateliers du Service national, situés à Kinshasa dans la commune de la N’Sele, se sont donnés parmi leurs objectifs de fournir des bancs aux écoles et universités de la capitale, en utilisant sa main-d’œuvre. Le Service national prévoit d’élargir cette opération dans la capitale dans les prochains jours.
Monica Bubanji/CONGOPROFOND.NET
À la Une
La RDC parle, le monde écoute… mais que retient-il vraiment ? ( Par
Dans le théâtre feutré de grandes chaînes internationales, une interview n’est jamais un simple échange. C’est un moment de projection, presque une épreuve : celle où un pays, à travers une voix, se mesure au regard du monde. Lorsque Judith Suminwa Tuluka s’installe face aux caméras de TV5 Monde, c’est précisément cet exercice qui se joue. Non pas seulement répondre, mais exister. Non pas seulement expliquer, mais s’inscrire. Et à cet instant, une question s’impose en filigrane : la RDC est-elle en train de trouver sa voix… ou d’apprendre à la faire porter ?

D’abord, une évidence : le ton est posé, méthodique, presque pédagogique. À aucun moment la Première Ministre ne cède à la précipitation ni à la surenchère. Lorsqu’elle rappelle que « la Constitution est claire » et insiste sur « une consultation permanente » au sommet de l’État, elle installe une image de continuité et de discipline institutionnelle. Ce signal n’est pas anodin, dans un contexte où les équilibres politiques sont souvent scrutés.
Sur le plan international, on peut retrouver la même logique : à propos de l’accueil de migrants, elle évoque « un service que nous rendons (…) dans le cadre d’un accord (…) de manière temporaire ». La formule est mesurée, presque prudente. Elle cherche à tenir une ligne étroite : apparaître comme un partenaire fiable sans donner le sentiment d’un déséquilibre. C’est précisément là que réside la nature de cet exercice : dire suffisamment pour exister, sans trop en dire pour ne pas s’exposer.
Sur la sécurité, le propos gagne en densité. « Nous sommes là pour protéger nos citoyens (…) et l’intégrité territoriale de notre pays », affirme-t-elle. La phrase est forte, presque attendue, mais elle est dite avec une forme de retenue qui tranche avec les discours plus offensifs que l’on observe ailleurs. Cette retenue a une vertu : elle crédibilise. Elle donne le sentiment d’un pouvoir conscient de la gravité des enjeux. Toutefois, elle a aussi une limite : elle atténue l’impact. Car dans ce type d’entretien, tout est affaire de contraste. Et lorsque tout est maîtrisé, tout peut aussi sembler égal. Les moments forts existent, mais ils ne sont pas toujours mis en relief.
C’est particulièrement visible sur le terrain économique. Lorsque Judith Suminwa évoque la nécessité de « partenaires qui vont nous permettre d’évoluer (…) vers une transformation locale (…) et la création d’emplois », elle touche à un point central : celui de la mutation du modèle économique congolais. De même, en affirmant que « nous sommes dans la diversification (…) des partenariats », elle dessine les contours d’une diplomatie plus ouverte.
Ces éléments portent une vision. Ils racontent une trajectoire possible pour la RDC. Pourtant, ils passent presque sans bruit, comme s’ils étaient noyés dans un flux continu d’explications. Le problème n’est donc pas l’absence de contenu. Il est ailleurs : dans la hiérarchie du discours. À trop vouloir tout dire avec le même niveau d’intensité, on finit par ne rien faire émerger clairement.
Il en va de même pour les séquences plus sensibles. La Première Ministre choisit de ne pas éluder certaines réalités, et c’est à mettre à son crédit. Mais dans un espace médiatique où chaque mot peut être amplifié, cette transparence exige un encadrement plus serré. Non pour dissimuler, mais pour orienter la lecture.
C’est toute la différence entre une parole juste et une parole stratégique.
Car au fond, cette interview pose une question simple : que doit être aujourd’hui la communication d’un État comme la RDC sur la scène internationale ?
Si l’objectif est de rassurer, le contrat est rempli. Si l’objectif est d’exister, le mouvement est enclenché. Mais si l’objectif est d’influencer, alors une étape reste à franchir.
Cette étape passe par une transformation du registre. Moins d’explication linéaire, plus de points d’appui. Moins de prudence uniforme, plus de moments assumés. Moins de discours continu, plus de repères clairs. Rien de cela ne remet en cause le fond. Au contraire. C’est précisément parce que le socle est solide que l’exigence augmente.
L’intervention de Judith Suminwa Tuluka donne à voir une parole en construction, sérieuse, cohérente, crédible. Elle marque une entrée dans un espace où la RDC est désormais attendue, écoutée, parfois même contestée. Et c’est peut-être là le signe le plus révélateur : un pays qui commence à compter est un pays dont la parole commence à être scrutée.
Reste désormais à faire de cette parole non seulement un outil de présence, mais un instrument d’influence. Car sur la scène internationale, il ne suffit plus de parler juste. Il faut aussi parler fort, au sens stratégique du terme.
Georges Herady, Journaliste et Analyste Politique.
