Actualité
Sergine Gino Rehema (Présidente de Handicap Zéro ) s’interroge : » Pourquoi les questions liées aux personnes handicapées n’intéressent pas les médias en RDC ? »
Internews, en collaboration avec la coalition des Organisations des personnes handicapées, a organisé une Table-Ronde, ce jeudi 28 mai dans la salle de conférence Sacré-cœur à Gombe, autour du thème « Inclure les voix et la participation des personnes handicapées pour améliorer la couverture médiatique des questions liées au handicap en RDC ».
Présent dans la salle, Gaby Kuba, président de l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC), a lancé un message à ses confrères journalistes : » La presse est une armée qui peut être forte et gagner des batailles que si elle est bien organisée, disciplinée, et dotée des moyens. On obtient des moyens en soumettant des projets comme ceux-ci aux bailleurs des fonds. Je refuse d’être comme un officier à la tête d’une sodaltesque et qui ne gagne aucune guerre. Soyons les artisans du changement et non les héritiers des conflits et les apôtres de statu quo « .
Sergine Gino Rehema, présidente de Handicap Zéro Asbl, analysant les questions liées aux personnes handicapées en RDC,
constate donc que celles-ci ainsi que les personnes qui en sont victimes n’intéressent presque pas nos médias alors que « c’est par le canal de ces derniers que l’on pouvait améliorer la mauvaise image que font certains sur ces personnes. »
Elle a ajouté: » Il se passe beaucoup de problèmes sociaux auxquels font également face les personnes handicapées mais les médias n’en commentent pas. De même, la loi sur la promotion des personnes handicapées n’a pas fait l’objet des débats dans nos rédactions respectives. Conséquence: on en a presque pas parlé et la plupart des personnes concernées n’en savent pas grand chose ».

Au sortir de ce cadre d’échange, Blaise Banyambo, chef de proget Internews, a livré ses impressions sur le choix d’un regard sur ces « Questions d’handicap ». « Internews est diversifié dans ses projets. Je ne crois pas qu’on a une limite dans les thématiques. Les personnes vivant avec handicap représentent 11% de la population mondiale et 13 % de la population en RDC. On ne peut pas parler de l’inclusion dans les médias si on oublie une grande partie de la population. 15%, pour nous, c’est quand même énorme ! « , dixit Blaise Banyambo, chef de projet de Internews.
A la fin de cette conférence, un réseau des journalistes a été créé avec objet de faire la promotion des personnes vivant avec handicap dans les médias.
Désiré Rex Owamba/Congoprofond.net
Politique
Andy Bemba charge Joseph Kabila : « Une incohérence politique au service d’intérêts cachés »
Dans une sortie médiatique au ton incisif, Andy Bemba, président national du parti « Nouvelle Pensée » (NP), s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 à la suite du discours de Joseph Kabila, intervenu après les sanctions qui lui ont été infligées par les États-Unis. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique particulièrement délétère, marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Selon Andy Bemba, les propos de Joseph Kabila traduisent une contradiction manifeste, voire une duplicité politique difficilement défendable. « Lorsque le président honoraire parle de dictature tout en semblant s’aligner avec une rébellion impliquée dans les violences à l’Est, cela révèle une incohérence majeure dans son discours », a-t-il affirmé, dénonçant une posture qu’il juge à la fois ambiguë et stratégiquement orientée.
L’ancien président, qui a dirigé le pays durant près de deux décennies, se retrouve aujourd’hui au cœur de vives critiques, notamment en raison de positions jugées paradoxales. Pour Andy Bemba, cette attitude est d’autant plus problématique qu’elle émane d’une figure ayant longtemps incarné l’autorité suprême. « Un patriote, et plus encore un ancien président après 18 ans de pouvoir, ne peut agir de la sorte », a-t-il martelé, soulignant une dissonance entre les discours et les actes.
Au-delà de la critique politique, Andy Bemba va plus loin en prêtant à Joseph Kabila des motivations moins avouables. « Derrière le discours sur la dictature se cache en réalité la défense d’intérêts personnels », a-t-il soutenu, évoquant une instrumentalisation du registre démocratique à des fins stratégiques.
Cette charge, aux accents particulièrement sévères, met en lumière les fractures profondes qui traversent la scène politique congolaise. Elle interroge également la crédibilité des prises de position des anciens dirigeants, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans des dynamiques perçues comme contraires à l’intérêt national.
Dans un climat politique où les discours rivalisent avec les non-dits, la frontière entre conviction et calcul semble plus que jamais ténue, laissant planer le doute sur la sincérité des engagements affichés.
Blaise Abita Etambe / CongoProfond.net
