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Sénatrice Madeleine Nikomba : “Mon moteur, ce sont les cris de détresse de mon peuple”

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Sénatrice, ancienne Gouverneure de la Tshopo, présidente de la Commission Infrastructures et Aménagement du territoire au Sénat, mais aussi fondatrice d’écoles et du centre médical Shoukrani, Madeleine Nikomba Sabangu incarne une figure politique et sociale engagée. Dans cet entretien exclusif avec CONGOPROFOND.NET, elle revient sur ses combats, ses défis et sa vision pour la jeunesse congolaise.

CONGOPROFOND.NET : Madame la Sénatrice, si vous deviez résumer en quelques mots votre passage à la tête de la Tshopo, quel serait le principal défi que vous avez affronté, et la principale leçon que vous en retirez ?

Madeleine Nikomba : “Absence de moyens dans ma politique !”
Quand on dirige une province, c’est sur la base d’un projet transformé en programme. Mais ce programme nécessite des moyens humains, logistiques et financiers conséquents. Or, la mobilisation des ressources est faible, les rétrocessions rares… Résultat : beaucoup d’axes du programme restent des promesses sans lendemain.
La grande leçon que j’en tire, c’est qu’il faut apprendre à compter sur soi.

Aujourd’hui, vous présidez la Commission Infrastructures et Aménagement du territoire au Sénat. Quelles sont vos priorités concrètes ?

M. N. : Le Congo est un vaste chantier de besoins ! Routes nationales, dessertes agricoles, ponts, écoles, tout manque. Ici, à Kinshasa, malgré les embouteillages, on arrive au travail. Mais ailleurs, des enfants ne vont pas à l’école parce que la route a disparu ; des récoltes pourrissent faute de transport.

Nous menons des auditions et des missions de terrain pour pousser l’exécutif à agir. Il n’y a pas un secteur qui ne soit pas prioritaire ! Car pour que la gratuité de l’enseignement soit réelle, encore faut-il qu’il y ait une école dans chaque village… et des routes pour y accéder !

On parle beaucoup de décentralisation, mais elle peine à s’installer. Qu’est-ce qui bloque selon vous ?

La volonté politique n’est pas encore ferme. On voit des mésententes entre exécutifs provinciaux et assemblées, des conflits, des pactes de non-censure… tout cela perturbe le processus. Si aujourd’hui l’ingouvernabilité est une réalité, imaginez demain avec la cohabitation entre conseils urbains/communaux et exécutifs urbains/communaux !

Il faut harmoniser décentralisation et déconcentration, mobiliser des moyens réels, et surtout libérer l’action publique locale.

Être une femme en politique, dans un milieu souvent masculin : est-ce un combat permanent ?

M. N. : Oui, rien n’est acquis ! Mais nous avons aussi des alliés, comme le Président de la République, champion de la masculinité positive. Nous avons avancé, certes, mais il reste encore beaucoup à faire. Mon parcours est un témoignage : c’est une lutte faite de réussites et d’échecs, mais jamais d’abandon !

Engagement social et philanthropique

Avec la Sunshine Foundation et la Fondation MANIK, vous êtes aussi très active sur le terrain social. Quel est le fil conducteur de vos actions ?

 

M. N. : L’être humain, tout simplement ! Mon fil conducteur, c’est la vulnérabilité. Là où elle existe, nous cherchons à créer de la résilience. Nous mobilisons les communautés, nous soutenons la santé, l’éducation, l’agriculture vivrière… Nous avons commencé dans la Tshopo, mais aussi à Kinshasa, où de nouveaux projets sont en préparation. Bientôt, nous lèverons des fonds pour agir de manière plus efficace.

Vous travaillez beaucoup avec les jeunes et les femmes. Comment les aider à sortir de la précarité ?

M. N. : En investissant dans leur potentiel ! Chacun a en soi une richesse, parfois dormante, parfois sous-exploitée. Mon rôle est de les éveiller. Nous finançons des bourses pour apprendre un métier, suivre une formation académique ou réaliser un projet professionnel. Et je me réjouis de voir ces jeunes s’épanouir et libérer leur créativité. Je rajeunis en les regardant réussir !

Éducation et santé

Vous avez fondé le Lycée bilingue Malikiah et Malikiah University. Quelle est votre ambition éducative ?

M. N. : Notre système éducatif n’est pas adapté aux besoins réels. L’école et l’université doivent préparer à la responsabilité, or trop de responsables n’y sont pas préparés. Malikiah veut changer cela, offrir une éducation moderne, tournée vers l’environnement réel, comme l’ont fait Harvard ou Yale pour leurs pays. Pourquoi pas nous ?

Est-ce pour cette raison que vous misez sur le bilinguisme ?

M. N. : Absolument ! L’anglais est devenu incontournable. L’ignorer, c’est vivre dans le passé. You get me, right ?

Vous avez aussi créé le Centre médical Shoukrani. Pourquoi cet engagement dans la santé ?

M. N. : Parce que la vulnérabilité appelle toujours une réponse ! Améliorer la qualité des soins et assurer l’accessibilité, c’est améliorer la vie des gens. La santé est un droit fondamental.

Vision personnelle et leadership

Vous êtes sur tous les fronts : politique, social, éducation, santé… Où puisez-vous votre énergie ?

M. N. : Dans la souffrance que je vois autour de moi. Ces cris de détresse me donnent la force de transformer ce tableau sombre en une toile d’espoir. C’est ça, mon carburant !

Quel message adressez-vous à la jeunesse congolaise, surtout aux jeunes filles qui aimeraient suivre vos pas ?

M. N. : Prenez conscience de votre valeur, améliorez-vous et agissez ! Rien n’est jamais acquis. Et surtout, ne choisissez pas la facilité.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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Joseph Kabila : « Il faut balayer le système actuel et renouveler la classe politique congolaise »

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L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a livré une rare prise de parole publique dans une déclaration rendue publique ce jeudi 11 juin. Au cœur de son message : une critique sévère de la gouvernance actuelle et un appel à une profonde transformation du paysage politique congolais.

Un plaidoyer pour un changement radical

Selon Joseph Kabila, la crise multidimensionnelle que traverse la RDC est avant tout le résultat d’un problème de gouvernance. L’ancien chef de l’État estime qu’un simple changement de dirigeants ne suffirait pas à redresser le pays.

« Il faut balayer ce système », affirme-t-il, plaidant pour une refonte de la classe politique congolaise afin de permettre l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants.

Une nouvelle classe politique pour la RDC

Pour l’ancien président, les mécanismes traditionnels de renouvellement politique n’ont pas produit les résultats escomptés. Il suggère ainsi d’explorer d’autres voies, notamment l’organisation de primaires, afin de favoriser une compétition politique plus ouverte et plus représentative.

Joseph Kabila considère que le système actuel ne permet pas d’apporter les changements profonds dont le pays a besoin et qu’une participation accrue des citoyens sera indispensable dans ce processus.

Le rôle central des citoyens

Au-delà des réformes institutionnelles, l’ancien président insiste sur la nécessité de renforcer le sens civique de la population. Selon lui, la transformation de la RDC ne pourra se réaliser que grâce à une implication active des Congolais dans la vie publique et dans la défense des valeurs démocratiques.

Il prévient toutefois qu’un tel chantier demandera du temps et ne pourra être mené à bien « ni en quelques semaines, ni en quelques mois ».

Une vision pour l’avenir du pays

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu en RDC. À travers ses déclarations, Joseph Kabila appelle à une réflexion de fond sur l’avenir du pays, estimant que les défis actuels nécessitent des réponses structurelles plutôt que des solutions ponctuelles.

L’ancien président défend ainsi l’idée d’un renouvellement du système politique et d’une mobilisation citoyenne capable d’accompagner les réformes qu’il juge indispensables pour la stabilité et le développement de la République démocratique du Congo.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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