Politique
Sénat : Crise pour le poste de président du bureau d’âge (Revue de presse de Regulis N’KABU)
La crise pour le poste du président au sein du bureau d’âge de la chambre haute du parlement a fait jeudi la « Une » des médias à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
» Sénat: Jonas Mukamba réclame la présidence du bureau d’âge« , a titré le journal Forum des As.
» Peut-on parler déjà d’une crise au sein de la Chambre haute du Parlement ? », s’est interrogé le média qui a noté que la question
mérite d’être posée au
regard de ce qui se passe actuellement entre les deux sénateurs les plus âgés de cette institution
parlementaire.
» Le sénateur Jonas Mukamba, 93 ans, réclame la présidence du bureau d’âge du Sénat, en appelant l’actuel président
de la Chambre haute, Pascal Kinduelo Lumbu, au respect de la Constitution« , a ajouté Forum des As.
Le site d’informations 7sur7 a écrit : » On peut faire l’économie d’une crise institutionnelle si la chambre haute dite chambre des sages respecte la Constitution qui dispose que la présidence du bureau provisoire revient au sénateur le plus âgé« .
» Nouvellement élu sénateur à l’Equateur, l’ancien gouverneur Jonas Mukamba Kadiata Nzemba (93 ans) estime, à en croire les avocats de sa plateforme FPAU (Forces politiques alliées à l’UDPS), que le poste de président du bureau d’âge lui revient de droit et n’attend pas le céder« , a ajouté 7sur7.
Il a fait savoir que » l’ancien patron de la Miba compte convoquer la prochaine plénière, alors que le président du bureau d’âge Pascal Kinduelo (85 ans) annonçait dernièrement la même chose à la presse, au sortir d’une audience avec le Chef de l’État Félix Tshisekedi ».
Le média en ligne Actualite.cd s’est interrogé aussi : » Se dirige-t-on vers une crise au Sénat, la chambre dite « des sages?« .
Il a écrit que la question mérite d’être posée au regard de la démarche entreprise par le collectif des avocats du regroupement politique des Forces Politiques Alliés à l’UDPS/Tshisekedi (FPAU) représentant le sénateur Jonas Mukamba contre l’actuel président du bureau d’âge du Sénat Pascal Kinduelo Lumbu.
Pour ces avocats, a-t-il poursuivi, à l’issue de l’organisation des élections sénatoriales sur l’ensemble du territoire national, il s’est révélé que le plus âgé des sénateurs a 93 ans en la personne du Sénateur Jonas Mukamba Kadiata Nzemba.
» Ces avocats précisent que leur client n’a jamais renoncé à son droit de diriger le bureau d’âge de la chambre du parlement », a rapporté le média.
Par ailleurs, Actualite.cd a annoncé que les sénateurs sont conviés à prendre part à la plénière prévue ce jeudi au Palais du Peuple pour valider les mandats.
Sur le même sujet, le média d’État Agence congolaise de presse (ACP) a rapporté : « Vous êtes conviés à prendre part ce jeudi 06 juin 2024 à 10 heures, à la séance plénière qui sera présidée par l’honorable Pascal Kinduelo Lumbu, président du bureau provisoire du Sénat ».
Il a rappelé que cette séance plénière intervient après les rapports des cinq commissions spéciales qui ont été constituées pour contrôler les dossiers des élus des élus.
Actualité
Vivian van de Perre : Le leadership discret et déterminé qui a maintenu la MONUSCO à flot dans la tourmente congolaise
Pendant près de quatre mois, entre le départ de Bintou Keita le 30 novembre 2025 et l’arrivée de James Swan le 8 avril 2026, c’est une femme qui a porté sur ses épaules la direction effective de l’une des plus grandes et des plus complexes missions de maintien de la paix des Nations Unies. Vivian van de Perre, Deputy Special Representative of the Secretary-General (DSRSG) chargée de la Protection et des Opérations, a assumé les fonctions de SRSG et cheffe de la MONUSCO par intérim avec un professionnalisme et une résilience salués tant à Kinshasa qu’à New York.
Nommée en février 2024, cette Néerlandaise de carrière onusienne a assuré un leadership exemplaire dans un contexte extrêmement volatil : intensification des combats à l’est, progression du M23, restrictions d’accès imposées aux casques bleus, crise humanitaire majeure et pression internationale pour un cessez-le-feu crédible. Son intérim n’a pas été une simple gestion des affaires courantes, mais une période d’action concrète et de continuité stratégique.
Une femme de terrain à l’épreuve du feu congolais
Vivian van de Perre apporte à la MONUSCO plus de 30 ans d’expérience au sein du système des Nations-Unies, tant sur le terrain qu’au Siège à New York. Avant son arrivée en RDC, elle avait été Deputy Special Representative de la mission onusienne au Yémen (UNMHA), Chief of Staff de la MINUSCA en République centrafricaine, et avait déjà occupé le poste de Chief of Staff de la MONUSCO elle-même en 2017. Son engagement pour la paix remonte à son service dans l’Armée royale néerlandaise de 1989 à 1998, puis comme officier militaire au Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU entre 1994 et 1997. Cette double expertise militaire et civile fait d’elle une figure rare, capable de combiner rigueur opérationnelle et vision stratégique.
Dès la fin novembre 2025, elle a pris les rênes de la mission et multiplié les initiatives. En février 2026, elle s’est rendue à Goma ( premier atterrissage d’un hélicoptère de la MONUSCO à l’aéroport depuis janvier 2025 ) pour préparer le suivi du cessez-le-feu en coordination avec les autorités congolaises et les mécanismes régionaux. En janvier puis en mars 2026, elle a briefé le Conseil de sécurité sur la situation sécuritaire et humanitaire à l’est, insistant sur la protection des civils, l’accès humanitaire et les risques d’escalade régionale. En Ituri, à Uvira, auprès du Président Tshisekedi, elle a maintenu un dialogue constant avec l’ensemble des acteurs. Sous sa direction, la mission a continué d’offrir une protection physique à près de 3.000 civils dans certaines de ses bases, tout en documentant les violations des droits humains et en appuyant les mécanismes de vérification du cessez-le-feu de Doha.
Son action a permis d’éviter tout vide de leadership stratégique à un moment où la MONUSCO faisait face à des défis colossaux : préparation d’une transition ordonnée, appui à la réforme du secteur de la sécurité, et maintien de la crédibilité de l’ONU face à une violence qui ne faiblissait pas. Aujourd’hui, avec l’arrivée de James Swan comme nouveau SRSG, elle reprend pleinement son rôle de DSRSG. Son expérience et sa connaissance fine du dossier congolais resteront un atout majeur pour la mission.
Dans un environnement où la MONUSCO est souvent critiquée (parfois à raison) pour ses limites opérationnelles, le leadership de Vivian van de Perre pendant ces mois d’intérim a rappelé l’importance d’un engagement discret, professionnel et déterminé. Dans l’ombre des grands titres, elle a maintenu le cap, protégé des vies et préservé l’espace pour une paix durable en RDC.
La République démocratique du Congo, pays aux potentialités immenses mais aux souffrances récurrentes, a besoin de ce type de leadership : rigoureux, humain et tourné vers l’avenir. Vivian van de Perre en a offert un bel exemple.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
