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Scandale FRIVAO, culte sous contrôle et état de siège : Guillaume Ngefa rétablit l’éthique dans la justice congolaise
Le Fonds de Réparation des Victimes des Activités Illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO) est au cœur d’une tempête. Alors qu’il devait indemniser les populations meurtries par les exactions des troupes ougandaises, un audit confidentiel a révélé un système organisé de détournements portant sur plusieurs millions de dollars.
Des cadres dirigeants du fonds sont accusés d’avoir gonflé des listes de bénéficiaires fictifs et d’avoir surfacturé des opérations de sensibilisation. L’affaire, désormais entre les mains de la justice, provoque une onde de choc parmi les associations de victimes et jette une lumière crue sur la gouvernance des mécanismes de réparation. Sur le front de la régulation religieuse, l’exécutif a décidé de balayer le régime des permis de culte.
Par un acte d’une rare détermination réformatrice, le Ministre d’État Guillaume Ngefa a porté un coup d’arrêt salvateur à l’un des systèmes de prédation les plus silencieux qui rongeaient l’administration congolaise : le “permis de culte”. En qualifiant sans détour ces collectes illégales de pratiques “assimilables à un détournement”, il fait preuve d’un courage politique et d’une droiture morale qui honorent la République.
Son intervention ne se limite pas à une simple dénonciation ; elle révèle la honte d’un mécanisme opaque où les fonds extorqués aux confessions religieuses demeuraient introuvables, sans la moindre traçabilité. Avec une précision chirurgicale, il démonte l’édifice de l’arbitraire financier pour réaffirmer un principe sacré : la liberté de culte n’a pas de prix.
La mise en place immédiate d’une cellule spéciale au sein de son cabinet pour recueillir les plaintes et la menace explicite de poursuites judiciaires transforment ce discours devant le Sénat en un programme d’assainissement implacable. Guillaume Ngefa ne se contente pas de dire le droit, il donne aux victimes les moyens de se défendre et envoie un signal clair aux prédateurs d’hier : l’impunité a vécu.
En rappelant, haut et fort, que seule l’obtention de la personnalité juridique conforme à la loi demeure requise, il restaure l’autorité de l’État de droit tout en protégeant les citoyens les plus vulnérables face à l’avidité administrative. C’est là l’œuvre d’un Garde des Sceaux qui a fait de l’éthique non pas un slogan, mais un bouclier judiciaire au service de la nation.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
Est de la RDC : Human Rights Watch accuse le M23 et l’armée rwandaise de graves exactions à Uvira
L’organisation de défense des droits humains Human Rights Watch accuse les rebelles du M23 et des soldats rwandais d’avoir commis de graves violations contre des civils lors de l’occupation de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans un rapport publié ce jeudi 14 mai, l’ONG évoque notamment des exécutions sommaires, des viols, des disparitions forcées et des enlèvements survenus entre décembre 2025 et janvier 2026.

Des témoignages accablants recueillis sur le terrain
Selon Human Rights Watch, les enquêteurs ont rencontré plus d’une centaine de témoins, survivants et responsables locaux afin de documenter les violences commises après la prise d’Uvira par les combattants de l’AFC/M23 soutenus, selon l’organisation, par des éléments de l’armée rwandaise. L’ONG affirme que plusieurs civils non armés, dont des femmes et des mineurs, auraient été ciblés alors même que les forces gouvernementales congolaises avaient déjà quitté la ville.
Parmi les récits recueillis figure celui d’un père ayant perdu quatre de ses fils, exécutés dans leur maison par des hommes armés accusant les victimes d’être proches des groupes d’autodéfense wazalendo. D’autres témoignages font état de violences sexuelles commises contre des femmes parties chercher de la nourriture dans les zones agricoles autour de la ville.
Human Rights Watch parle de possibles crimes de guerre
Pour l’organisation, la nature des actes documentés pourrait relever de crimes de guerre. Human Rights Watch estime également que le rôle joué par les forces rwandaises dans cette occupation renforce les accusations selon lesquelles Rwanda agirait directement aux côtés du M23 dans l’est congolais, ce que Kigali continue de nier.
L’ONG appelle la communauté internationale à intensifier les enquêtes indépendantes et à sanctionner les responsables présumés des abus. Elle demande aussi une meilleure protection des civils dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, régulièrement secouées par les affrontements armés.
Une situation sécuritaire toujours explosive à Uvira
La ville d’Uvira reste au cœur des tensions dans le Sud-Kivu malgré le retrait annoncé du M23 en janvier dernier. Plusieurs rapports évoquent encore des violences, des déplacements massifs de populations et la découverte de fosses communes après le départ des rebelles. Les autorités congolaises et les groupes armés locaux continuent de s’accuser mutuellement de nouvelles violations contre les civils.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
